l'été au dos puissant s'en est allé
la saison s'apprête à tourner la page
paysan sans pays
tiens-toi à ta moisson de brumes

même si la nature n'a pas de parole
rien ne sera plus déplacé
et la terre en son ventre gardera ton secret
comme progéniture ce petit volume de vers

tantôt flamme tantôt murmure
dans l'étreinte destinée du jour
déjà le vent montre les dents

à lui de jouer
il interprète d'une langue franche
sa mélodie nait d'un malentendu

elle parle au long court
de marnes tourmentées

des eaux resserrées du génie
du premier venu
de ce dernier amour qui fait encore délice

elle parle du goût amer des corps frôlés
d'autres confins ardents au sel épais