j'avale
cette langue frontalière
et sa matière imparfaite

passager du désastre
la lumière est debout
au large des saisons

la voix juste
aux naïvetés profondes
ne demande qu'à marcher toute seule

mots contraires livrés à eux même
épousant la planche martyre
qui « parle d’homme à homme »

une désobéissance frappée
du sceau de l'instinct

mutilée
affranchie de l'épave
l'angoisse de l'émigrant

ouvrant ma bouche
par les confins usée
au rivage contemporain

une bouche présente dans l'autre
et qui prend congé

"pour une longue et pleine minute de néant."