j'ai appris à te lire
dans les temps de l'affront et le double silence

au ras du canal
la soupe est un outil de patience
aux mains chargées de nuit

l'amour consiste
soustrait une parole
à la ville qui l'a vu naître

bonne à rien
vulnérable
la rue et son pavé navré se sont passés le mot

mauvaise langue prête à tout
la faïence populaire détaille l'hiver étroit
prétexte à l'insomnie

cause toujours
la fin de droits nous joue des tours
dans ce paysage de choses il faut vivre debout

casseur innocent
le pain est sur la planche
il faut détruire ce monde à coucher dehors

au ras du banal
un accident de lumière ouvre
ce murmure d'espoir aux mille doigts
qui vient risquer les mots de la fragilité