le canal est condamné

assis au bord
ne reste que le banc fatigué pour survivre
tenter d'aller au bout de ce long dimanche

après l'autre pluie
bien après que la terre des rares ait sonné
la Pentecôte affolée a tué ses taureaux

épave à la rive froide
ainsi va l'arène aux langues éparses
arrangeant d'un geste minéral les long-courriers

partir
choisir le verbe perpétuel
à la saison des providences

novice
la vie est à la corne, à l'entaille
le sang y coule comme une brassée lente
un minuscule élan à étirer des arpents de solitude

reste une bouche
et son dos de lumière

un tango rouge au commencement des mots

"ainsi tout change, ainsi tout passe"