va devant moi
où que j'aille

dans ton rêve d'asphalte
et de carton humide

bouche embaumée
d'incontinence soupçonnée

l'éloge fendue au vin de soif
se lit dans ta parole traversière

va
dans l'impatience rancunière du soir
sur les décombres écaillés de l'autre solitude

porte ce pain perdu
les douze degrés de l'hiver
au banquet des poètes

rouge de débâcle
ton trottoir illumine la doublure du siècle où tu couches


« Que ma parole encore aille devant moi ! et nous chanterons encore un chant des hommes pour qui passe, un chant du large pour qui veille »