à un lecteur
Par ez le dimanche 14 février 2010, 10:50 - Vers libre - Lien permanent
laisse tes pas dans les miens
et ce qu'il faut de patience derrière la porte
les mots d'absence aiment les voyages
sans doute es-tu d'impossibles raisons
revenu pour ne pas devenir
peut-être, encore, es-tu
cet improbable unique aux lèvres vierges
coupant le large en deux
sois à mon coeur
une manière de langue
cette grande ruée du jour
sur la haie vive et l'arbre sec
dans cet arrière monde aux tables brisées
il te faudra mendier les lacets de la poésie
pour soutenir le regard des vastes lointains oubliés
que les autres t'entendent comme un seul homme
dangereux lecteur que je n'avais pas prévu
toi qui me prends dans ta bouche
Commentaires
Je m'incline devant Le Poète, créateur de fenêtres originales entre les mondes
le grand Keats parla de mains tendues
//This living hand, now warm and capable
Of earnest grasping, would, if it were cold
And in the icy silence of the tomb,
So haunt thy days and chill thy dreaming nights
That thou wouldst wish thine own heart dry of blood
So in my veins red life might stream again,
And thou be conscience-calm'd – see here it is –
I hold it towards you. //
Certains poètes haranguent, d'autres fustigent, d'autres prennent à témoins mais rares sont ceux qui ont rendu "hommage" à ces lecteurs qu'ils soient fidèles ou de passage
Ce qui m'a intéressé ici c'est la "personnalisation" eznogoodienne de cette bouche "dangereuse" par ses attentes qui envahit l'horizon du Poète étant à la fois, son espoir et son destin....
Superbe vue, une fois de plus, et un vers final tout en saveurs
laisse tes pas dans les miens
et ce qu'il faut de patience derrière la porte
les mots d'absence aiment les voyages
hééé... j'adore ! rien que ces trois vers là valent leur pesant d'or
je les inscrits illico presto sur mon sac à dos