Juif à demi aux cernes prodigues
la mémoire me clandestine aux arènes du temps.

Voici de cet entier demain le rêve épais.

Il attend que je dise,

le marcheur ancestral et puissant
qui laisse un baiser froid sur toute chose.

Il attend que je dise,

l'étoile ivre de suie et de malédiction.

Dans son encre première mon ombre martelée
qui la cherche sans merci.

Il attend que je dise,

la victoire du lien fou sur le germe docile,
ce chemin d'huile et de charbon aux ventres amputés.

Il attend que je dise,

le cuivre cardinal et intime
qui saigne au jour circoncis de l'hiver.

Il attend que je dise,

les taches encore chaudes,
de droite à gauche
cette écriture de retraite
qui répugne au vent de l'évidence.

Il attend que je dise,
ce fils qui brisait le verre par dessus ton épaule.