Le mal amour
Par eznogood le samedi 17 octobre 2009, 16:07 - Vers libre - Lien permanent
Afin de casser la nuit
j'ai troqué mon inventaire de surface
pour une conversation de tolérance au quignon du jour.
Au fond des frénésies biologiques et des serments périlleux
il restait un amour fauve instantané,
à portée de miroir,
une foire aux éphèbes où l'érotisme du mot se charge de lèvres
pour que la joue y trouve son compte .
Du bout des mondes éloquents, de leur excès de similitude
se cachait une grandeur contre nature aux superflus impatients...
Tout le silence venait de moi.
J'emporte par effraction cette évidence sur mes épaules,
comme une parure éternelle au diapason de l'intime
au firmament de l'injustice.
Dans les muscles de l'obscur l'acte gratuit fait la fine bouche,
l'immobilité des habitudes lui offre un désordre de rêves en libre
service
au chaudron fou de l'oubli elle le berce d'étonnantes perspectives.
J'ai sacrifié au majuscule habit du désir mes oripeaux de
démesure.
Je m'en suis pris alors à l'absence et aux préliminaires,
à ce chagrin de chair qui se repose à l'intérieur.
Tout le silence venait de moi...
Commentaires
j'ai pensé Nourritures terrestres (le dialogue fictif) puis journal intime (quand le miroir vient s'immiscer dans la confession)
une splendide prose poétique trop souvent négligée mais qui résonne bien plus fort que des vers creux et alambiqués
ici, on joue du silence on trouble l'absence on guette le frémissement
//je t'interroge, plénitude ! Et c'est un tel mutisme...// (St John Perse
et
"tout ce silence venait de moi"
une des clés du mal amour ...
entre Marseillaise et le Mal amour, c'est le cœur qui tremble
c'est aussi la marque d'une voix authentique qui sait découvrir tous les reliefs de Poésie dans l'infini émotionnel
encore une fois, respects !
//Je m'en suis pris alors à l'absence et aux préliminaires,
à ce chagrin de chair qui se repose à l'intérieur.
Tout le silence venait de moi...//
Silence admiratif du premier au dernier mot