Propagande
Par ez le mardi 6 octobre 2009, 08:54 - Vers libre - Lien permanent
Du minuit dénué aux dessous d'aube fine
se joue une romance américaine.
Errant de moi même sur ses terres premières,
comme si j'étais mon prochain,
il y a cette fille à régalade qui fait briller les bulles
et monte pour un rien.
Sur ses talons trop haut perchés la nuit ajoute à la parade
une substance au sourire idéal qui vient mordre la semelle du temps
au calendrier vulnérable des étreintes cochères.
Comme une eau à la bouche aux langues étrangère
ce soir la virulence a un petit air anglais
blotti au fond du verre
un goût de désespoir qui n'a plus les moyens.
Si le chagrin du nouveau monde a la peau blanche,
il offre aux néons tristes
une ceinture ruisselante de mains.
La rue trop courte au bas des reins lui fait sa propagande millénaire.
Son chahut délicat de choses indociles reste dans la courbure.
Commentaires
fine propagande : le mot qui déroule son film, atmosphères et impressions
tout en nuances de gris et de jeux de mains ; de rires sans joie et de joies sans rire
tu nous promènes, tu nous entraînes, Poète, sur ta voix de traverse... fine propagande
une vision cinéphile de back street
comment qualifier une "romance américaine" ? pretty woman ???
c'est magnifique On vendrait son âme au diable pour avoir écrit ces vers (rien que les deux derniers par ex ou encore talons/cochères...)
j'ai cependant en écho l'envers du décors, beaucoup plus noir ... il y a comme un vent résigné dans cette Propagande alors après lecture j'ai eu envie de crier et de mordre !