je me souviens
de cette adolescence en haillons
du demi dieu aux promesses d'abondance
de sa main dévouée

je me souviens de la morsure éphémère qui porte les marées
la providence de chair qui nous unit au désir creux de la nuit
la volupté du sort

je me souviens
de ces rêves généreux et pointus comme un accent aigu
de cette fureur blanche du jour qui soulève le pli orgueilleux de l'éternité

je me souviens
la tragédie perpétuelle vivant de l'air du temps
désire moi désordre moi qui n'ai plus vingt ans

écrire en corps