écrire en corps
Par ez le samedi 26 septembre 2009, 20:17 - Vers libre - Lien permanent
je me souviens
de cette adolescence en haillons
du demi dieu aux promesses d'abondance
de sa main dévouée
je me souviens de la morsure éphémère qui porte les marées
la providence de chair qui nous unit au désir creux de la nuit
la volupté du sort
je me souviens
de ces rêves généreux et pointus comme un accent aigu
de cette fureur blanche du jour qui soulève le pli orgueilleux de
l'éternité
je me souviens
la tragédie perpétuelle vivant de l'air du temps
désire moi désordre moi qui n'ai plus vingt ans
écrire en corps
Commentaires
si jeunesse savait et si vieillesse pouvait ... TAÏOT TAÏOT : il est grand temps de casser les clichés !
"désire moi désordre" je cotise j'adhère je milite pour encore et en corps
J'apprécie vivement cette poésie charnelle qui rend tout leur poids aux souvenirs et qui, les évoquant, lleur donnent à nouveau vie et saveurs.
Et moi je m'y vois marcher, en talons, aiguillées par l'accent aigu, entre les tragédies et les providences ; je m'y sens respirer des nuits, pâlir des jours, vivre des souvenirs en allés comme s'en va la chance...
Carol, ex-Grenobloise