L'affiche du boulevard a fini par mentir.

Son oeil unique dessine un havre sans mystère,

une parcelle d'erreur en liesse.

Seule la trace de son hésitation fait encore rêver.

Voir ce qu'il y a derrière...

L'eau incorruptible qui convoite le reflet trouble du pont,

sa provocation paresseuse a oublié le nom de la nuit.

La violence du jour qui gouverne les turpitudes,

la vie obstinée s'évertue à trahir les choses simples.

De son étreinte obscène, l'urgence plonge la providence dans l'embarras.

Au festival inouï des résistances ta souffrance est mon privilège.

elle installe son brouillon de relation sur ton infini visage.

La chair résignée improvise a cappella un morceau de rébellion.

L'ange des mutilations au dos puissant contemple son oeuvre facétieuse.

Il suspend l'ancre patiente de la douleur à tes jambes de pierre.

L'étreinte réservée a réuni en confidences infectieuses

la virulence originelle et le grand moment définitif.

J'ai la mémoire de ces mots que tu léchais.

De ta bouche vulnérable aux lèvres de paroles

j'ai tiré le sel du silence.

Je ne suis qu'un homme désuni aux pieds nus.


(Hôpital St Louis - juin 2009)