Au fond (1)
Par ez le samedi 14 février 2009, 10:20 - Vers - Lien permanent
Au ciel aigu d'acier la terre a des égards
Sous ses dessous blafards, un accent familier
Un ténébreux crassier sous le bleu du regard
Le baiser du picard au charbon nourricier.
La lampe qui palpite à ses coups de poussière
Veille sur la frontière aux veines d'anthracite
Une flamme tacite à la fosse grossière
Et toute sa lumière est toute la limite.
La croupe qui reproche à ce chariot chenu
Son chemin de peau nue, le souffle qui s'approche
Au fléau d'une poche et son dernier chahut
La planche de salut à l'angle de la roche.
Au pays lourd et noir des géantes poitrines
Le ventre de la mine offre au temps son crachoir
L'alouette au miroir la sueur des tartines
Des miettes de berline, être au fond c'est avoir.
"La terre nous aimait un peu je me souviens. La suite appartient aux
hommes"
Commentaires
c'est pour un moment pareil que j'aime la poésie classique et sa rigueur !
certes la liberté n'a pas de prix mais la Muse captive s'est laissée conquérir, chante tes vers et m'enchante.
je vais jusqu' "au fond" et découvre comme une coulée d'or dans la veine du charbon ...
mes yeux s'en repaissent
ma bouche ne s'en lasse pas
Au fond, je n'aime pas... j'adore
Je pourrais faire un laïus sur la classe ouvrière, la solidarité, dénoncer l'esclavagisme de l'industrialisation et les dégâts sur tout un territoire ; rappeler une époque qui s'oublie déjà , évoquer Germinal et autres signatures mais finalement mieux vaut se taire et laisser parler Le Poète
//Au pays lourd et noir des géantes poitrines
Le ventre de la mine offre au temps son crachoir
L'alouette au miroir la sueur des tartines//
au fond, il y a l'homme !