Et sous le drap
Par ez le dimanche 21 décembre 2008, 12:13 - Vers - Lien permanent
A l'orée de l'aurore à la morsure du jour
Roule un murmure au bord à l'oreille d'un sourd.
Le râle sous les ors a ce relent d'amour
Et sous le drap deux corps et le reste si lourd.
A l'orée de l'aurore un matin sans détour
Ecoute, écoute encore cette rumeur qui court
La terre a des remords la pluie est son tambour
Et sous le drap deux corps et le reste toujours.
A l'orée de l'aurore à sa lueur autour
L' au-delà luit dehors et adresse à rebours
Fervent confiteor à la nuit sans retour
Et sous le drap deux corps et le reste si lourd.
A l'orée de l'aurore à la morsure du jour
Roule un murmure au bord à l'oreille d'un sourd
Le râle sous les ors a ce relent d'amour
Et sous le drap deux corps et la vie alentour.
Commentaires
A chaque lecture, j’ai cette image qui flotte
De deux gisants roides comme la pierre
allongés dans une crypte comme dans une nef
Ils glissent sur des eaux lentes
qui se souviennent vaguement des tempêtes
et les emportent, côte à côte,
seuls mais pas oubliés
vers une autre aurore
belle et inexorable évocation
Fluide et élégant, dans ses variations
Seule la rime maîtrisée rend possible l’expression d’un terrible détachement
Et en même temps… la vie autour
du grand Ez, à mon humble avis