Nos amuse bouches se font la gueule
Les blondes qui te consument,
Les brunes que je consomme
Nos langues seminales
Nos coups en cul de sac.

Si j'avais su
Que l'on pouvait mourir
Du mot effilé des autres
A l'âge des premières fois

Sur un autel de béton sale,
Petite leçon de désinvolture.

Je fais l'article au commun des mortels
Nos serments d'occasion
A la morale suave,
S'agrippent encore
A nos frondaisons
Sapées de courant d'air.

Un jour le temps qui passe
Devient le temps qui reste,
Ne plus rien avoir

Ne rien avoir
Mais te posséder encore ...

Golem,
Démon d'argile
Qui rend toute matière, brute,
Sans forme ni contours,
Retient de nos ventres absolus
Le temps des hanches lisses.

Nos ombres timides,
Et abondantes
Aux organes dissidents
Reviennent au pays arbitraire
Des consciences sensibles.

Elles viennent soigner
L'esthétique du désastre
Quand bat la fièvre
A la crinière du mal

Du fond des habitudes païennes
Où gronde un océan dénué d'âme
Elles s'en remettent
A des chirurgiens de hasard
Aux reprises fétiches et sur mesure
Chère antichambre du plaisir

Ne rien avoir
Mais te posséder encore ...

Si tu cesses d'avoir
Ce qu'ont les femmes...
Alors je serais ce contrebandier
De banalités uniques,

J'ouvrirai pour toi un ciel d'exil
Aux prières inversées,
Je serai cette figure généreuse
Qui conduira tes mains fluides
Aux frontières dévergondées,
Qui les mènera au rendez-vous
De nos corps extrêmes
Et de l'inouï désoeuvré du quotidien

Une promesses d'alliance
Et de flou rire

Un non-lieu pour nos nuits
Toujours effervescentes