Les mots longs, hors saison, nous restent au coin des yeux.

La foulée sèche qui dérange la pierre, les mouches,
Les langues incendiaires d'un million d'ailes blanches,
Qui pétillent d'allégeance aux fontaines, aux vergers.
La place séculaire aux midi enragés
Un écho de Durance qui roule encore sa bouche
L'aube fourbue de nos aurores,
Son cuivre sur tes hanches.

Patience de la feuille n'élevant pas la voix
Sur le lopin de terre, sur les vitres sans verre,
La sueur pieuse du jour et son idée de cathédrale
La fourche du temps qui tombe au champ d'honneur,
L'oeil câlin et fatal ouvrant un ciel de marbre,
Le lourd fardeau de la nuit.

La colère de l'arbre qui doute
Le gel qui travaille sa plaie
Le feu muet danse un enfant sur l'épaule,
Comme une épave heureuse.
Le pire qui sanglote à côté
Se frotte au rocher nu,
Qui n'est plus à l'étroit.

Chemin de croix où gronde la lumière obéissante du monde
Dans l'épaisseur lointaine, la transparence d'une vibration
S'oppose au paisible abîme des jours .
Un brouillard de promesses et de fidélité universelle .
Quelques étincelles nomades,
Une vague résistance fluorescente,
La nature avec l'infini s'accouple
Déjà, la ferveur de l'infime s'étourdit de lendemains.

Les mots longs des saisons nous restent au coin des yeux