Après tout, aprés demain ...
Tout change mais rien ne change
j'avale la vie avec le poing

la mer à boire se tait et tend son ombre
inexorable matin rauque sur des masques défaits

Je bois ....
aux écorchures de la nuit ...
au gosier sec, au vin trop sûr
aux armes propres

Je bois à ces quelques limaces
aux traces sur le mur
à l'enfance essouflée
à la moire rieuse sur tes hanches

Je bois aux coups de langue de la grande rousse
au chien de satin à l'urine fiévreuse
aux moissons d'orient
à l'instant séculaire

je bois à la tempête
à la feuille qui tremble
au train sale qui crache les départs
qui cherche midi à quatorze heures
à l'âme qui le talonne

Tout change mais rien ne change
j'avale la vie avec le poing