Alternative
Par ez le mardi 1 juillet 2008, 17:42 - Vers libre - Lien permanent
J'avais oublié qu'on ne possède que peu de temps
et vient déjà celui du froid,
L'autre forme de moi
des initiales usées et dans l'ombre déjà
sur ma bouche de pierre pour les siècles à venir
et pour l'éternité, peut-être, une clarté obscure.
Les caractères abandonnés sous la mousse
dessinent les limites de la mémoire sur la buée du souvenir
laissant une rumeur humide irréversible au bout du doigt.
Toi qui ne m'entends pas
connais-tu cette convulsion symbolique, fugitive et sombre
qui emmène sans emporter et délivre sans détacher.
Toi qui ne réponds pas, sous les cendres glacées
vois tu rugir encore les puissantes falaises
où le vent effrayant s'en va trempant sa plume
dans le fiel et l'écume.
Furieuse, arrogante ou mutine
il n'y a pas d'écriture paisible.
J'avais oublié qu'on ne possède que peu de temps
et vient déjà celui du froid.
Alternative (ad vitam aeternam)
A Guillevic
Commentaires
Alternative,
un titre à deux voies, comme un guide, inéluctable certes, mais qui plane sur le choix.
Un poème à deux voix, l’ une charnelle gît au repos ou dans l’oubli
L’autre spirituelle, se débat en quête de lumière au delà des frontières
Je n’ai qu’un doute sur un des vers
"Il n’y a pas d’écriture paisible"
Alternative... la Poésie marchant aux côtés de la Mort de du Temps