Quand l'or du soir pâlit et rejoint le matin
Lève l'ancre Ô ma nuit sous le drap qui se plisse
Libère le vieux flacon aux reflets bleu marin
Sur un lit d'algues rousses entre azur et abysse

A ta coque de lune amarre mes remords
Inventaire posthume entassés sous le verre
Conserve de sardines ou boîte de pandore
Que l' âme sémaphore échange avec la terre.

La fiole cristalline au long court dans l' écume
Les vagues libertines enivrent l'équipage
Un vieux clou et sa rouille en font l'encre et la plume
Un capuchon de liège obturant cette page.

Sur le fragile écrin ballotté par la houle
On se trouve bien seul dans l'océan si sombre
S'agrège en chemin toute une armée de moules
Cent puis cent mille enfin rejoignent ainsi le nombre.

Ce naissain d'outre mer couvre en entier la bulle
Et sans dessus dessous, silhouette grossière
La multitude obscure empèse la capsule
Noyant dans l'eau glacée cette ombre marinière.

Le radeau sous pression en mauvais bati-scaphe
Toutes les clés qui servent ouvrant toutes les cages
Laisse échapper dans l'eau, la rouille et l' épitaphe
Engloutit la mémoire au bout du long voyage.

Sous marine odyssée entre larmes et surface
Pauvre croisière au fond, au milieu des méduses
Poussé par Archimède enfer à marée basse
Sans capitaine on sombre en taquinant la muse.

(à ma petite choub ...)