Vers solidaires
Par ez le dimanche 13 mai 2007, 11:29 - Vers - Lien permanent
Quand la saison, sans toit s'étale à ciel ouvert,
Quand l'aquilon sur toi et du diable vauvert
Souffle mauvaise augure et promet son calvaire,
Tu te caches sous terre exilé du Cap vert.
Il n'est encore nuit en ce début d'hiver
Mais le soir gris t'enferme à la station Anvers.
Le dernier voyageur machinal et sévère
Sans un regard efface un vieux corps de travers.
Il n'est pas encore nu, juste un peu découvert
Là bas il fait si chaud rien ne semble plus vert.
Tu poses ici ton coeur, de la vie les revers.
Pour remonter le temps il doit battre à l'envers.
Loin du tiède horizon aux accents vétiver,
Pour un autre voyage toi l'autre Gulliver,
Tu berces ton ennui, bois sans soif et sans verre.
Cette infâme piquette et laisse un fait divers.
En découvrant ta peau, en sous-sol il s'avère
Qu'en y puisant ces lignes j'apprends entre les vers
A dénoncer la loi, ce droit du sang pervers
Sans patrie sans papiers on enterre comme un ver !
En attendant chez toi vers un autre univers
Je reprends mon chemin de ma vie les travers
Pour faire bonne figure amener à couverts
Cette âme sur un quai à la station Anvers.