Est-ce ainsi, libellés sur paroles, que naissent,
Langage rendant l'âme pour qu'un autre paraisse,
Inclassables messages de mots cassés qui sonnent
Une écriture trop nue impatiente en consonne.

Changer d'un mot l'état, le saisir par défaut.
Copiés, sans queue ni tête à usage de faux,
Maux pour mots en détresse, sacrifiés pour D.S
Au pied de ces trois lettres lancent leur S.O.S

O entre S, S en trop surtaxé par erreur
La bavarde addiction, chère à l'opérateur
Entretient pour clavier manquant de caractère,
Conversation de poche, pauvre en vocabulaire.

Est-ce poésie mobile électro magnétique
Conjuguant d'imparfaits raccourcis phonétiques ?
Alignées à l'envers, syllabes en purgatoire,
De vers absents, lassés d'un silencieux parloir.

Masculin, féminin, correspondance intime,
Ensembles arrimés petits discours sans rime .
A la H tranchée prose en périphérique,
Affiche sur l'écran, ses billets impudiques.

S aime S, en T T du lecteur qui consomme
Démos d'amour HT en forfait télécom.
Sauvant sur disque dur, doux mémos lus en stock
Mémoire cache coeur KC, littérature en toc.

Passant d'un sens à l'autre, S sème S sans voix,
Pied de nez d'un esprit obéissant au doigt
Qui cultive en silence sa figure imposée
Archive programmée à lecture différée.

Vieux squelette de phrase martyrisé qu'on pousse.
Faute de goût, de frappe, à la merci d'un pouce..
S lettre bonne à rien, supprimée par réflexe
Est-ce traitement spécial ou traitement de texte ?

Espace synthétique ou langue maternelle
Retrouve la sémantique vivante et naturelle
D'un pluriel machinal, ton M pris de vitesse,
Prie, entre parenthèses que laissent tous tes S.