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vendredi 19 août 2011

l'impossible langage



parle, ment
immunité inhumaine

dans le creux d'un corps à regagner l'automne
l'organe a poussé ses soupirs de pacotille

l'instant d'un fluide précieux
il perpétue dans l'élection de la chose prodigue
sa réalité désaffectée

prisonniers d'un monstre tiède
les sursauts ordinaires suscitent et s'insinuent
dissipent au pied de la lettre une fragilité lucide
la maigre pitance aux âmes inclinées

parle, ment
immunité inhumaine

à la hauteur du mot juste
subsiste un privilège de membrane
une déficience libérée sur parole

dans une retenue aiguisée
se dresse un inventaire de regrets

le souvenir d'une rencontre
qui s'entête à la source de l'inutile
mais ne peut se résoudre au seuil

"Le temps qui m'est donné, que l'amour le prolonge." RGC

jeudi 18 août 2011

l'été des petites choses



la fenêtre qui s'ouvre sur la nuit indigo

le souffle transparent qui parle du silence

une enjambée de chat à la première lueur

l'impromptu assorti à ta robe de chair

l’intime de mes reins à tes mains de bohème

au vin nouveau et son chahut de mots

nos bouches téméraires

tout un été qui passe
au rien des petites choses

dimanche 14 août 2011

Ultra Marine



ultra

mardi 9 août 2011

à la nue accablante



à la nue 2

lundi 8 août 2011

l'amant tardif



ami de l'âme
remettre l'eau à la bouche
à faire boiter les défaillances

comme un jeu d'été
éparpiller les environs dociles
en prévision de nouvelles élégances

royal
dans l'élévation tardive
tenter le diable à deux dos

à l'instant de bascule
corriger la hanche muette
au corps plié d'urgence
réapprendre à jouer avec le feu


jeudi 4 août 2011

avant l'heure du bruit



marcher sur l’eau derrière l’obstacle
rejoindre le pas tendu des nuages
jusqu’au point où les courants coupés de mer
déroulent au grand large leur retrait prochain

le ciel d'audace est à la parade
il se souvient de la rime hautaine des eaux de là
se réclamant de l'inouï pour mieux se confronter au renoncement

sans le savoir la mer est ronde
elle tourne en nous
telle une roulette à l'abord incertain
un principe de hasard où s'insinue
une martingale de vent aux versets ambulants

avant l'heure du bruit
sur la grève repliée
il nous faut ces lointains humides
pour mieux nous rapprocher

la vérité secrète des choses sensibles
tranche la vie à chaque pas

mardi 2 août 2011

à la nue accablante



minuit des éloges
tout se rassemble
en prévision d'un horizon debout

je t'ai su à ce manteau d'écume
abscons décousue aux dessous de nuit
abasourdie comme si l'union faisait le sommeil

minuit des éloges
tout se rassemble là-bas
à faire déborder l'alentour

nos défaillances d'ailleurs
dans l'épaisseur érigée de mots d'hier

"à la nue accablante"

dimanche 31 juillet 2011

Kaddish



Kaddish

mercredi 27 juillet 2011

la nuit mieux qu'avant



lanuitmieux

mardi 26 juillet 2011

la nuit mieux qu'avant



toi ici
de veille ardente au doigt bleu
tel un culte en son dernier carré
sois l'arbre à clous, le pitre de l'hiver
ce tronc fendu à la fenêtre des jours

ton terrassement est une fondation première
une œuvre qui fait briller à hauteur de nos formes
les ombres passées et laisse à chacun sa juste part

d'une main continue à tes nœuds de pays
tu fais le panier du simple
l'essence qui garde au chaud le secret des absents

si l'orage a défait ton ciel
dégagé de toute substance
l'aubier parle de la nuit mieux qu'avant

toi ici
en ce dernier carré à la fenêtre des jours
sois l'arbre à clous, le pitre de l'hiver


dimanche 24 juillet 2011

La vie rêvée



la vie rêvée aux larmes tues
susurre ses avaries de rue
un rituel de turpitudes

la lie aux nues rares
que la nature intime
aux âmes en haillons

des ouailles aux lèvres taries
arpenteurs affranchis

arides en silhouettes
de fièvre que l'on devine
aux désœuvrés en havre

la vie rêvée aux larmes
tue

jeudi 21 juillet 2011

Les vagues



à la prochaine déshabillée
aux vagues d'un même matin
les eaux me presseront

je ne parlerai pas
je ne douterai plus

juste un sentiment à déplier
écrit sur le retrait
lisible à peine

la voix qui se donne et se retire
se donne et se retire

comme un roman de fugue
qui verse un soir dans l'autre


"Rien ne devrait recevoir un nom, de peur que ce nom même le transforme "
Virginia Woolf

mercredi 20 juillet 2011

Belle de ville



NJB

jeudi 14 juillet 2011

la chose fériée



bien ramassés autour de l'été
les jours ont fini par boucler leur année

le camelot impose son boniment de platine

aux voix vives qu'on sent bouger dans l’épaisseur
l'éparpillement et la liaison

au tumulte abusé l'étrangère légion

titres et dignités,
rubans, rosettes, croix et médailles

l'esprit cadencé au grand jour lève l'encre
il revendique à tour de bras sur son cahier de rue
sa lassitude au tricolore à la chose fériée

titres et dignités,
rubans, rosettes, croix et médailles

aux inédits ébats du pavé
les belles parisiennes
sont à leur tour de champs
les filles à pompier défient le défilé


mardi 12 juillet 2011

Adesias



J'ai quelque part en moi une fleur de lavande
Au fond du cœur, caché, par une ombre grandie
Un boulevard profond et des platanes aussi
Gravé le doux parfum, de la pâte d'amande
.

Cette niche d'azur dans une molle étreinte
Le soir quand vient le froid la douceur de l'alcôve

Réchauffe patiemment aux souvenirs emprunte

Dans le grand matin vide un vent sauvage et fauve.

Dans les plis sinueux du songe et des vieux draps
Pour la rendre captive, avide et lumineuse
Cette nuit froide et bleue tendue à bout de bras
Secoue l'enfant farouche et son âme pieuse
.

J'ai quelque part en moi une fleur de lavande
Au fond du cœur, caché, par une ombre grandie

Un boulevard profond et des platanes aussi
Gravé le doux parfum, de la pâte d'amande
.

à mes premières amours

mardi 28 juin 2011

attends moi longtemps



attendsmoi



lundi 27 juin 2011

Attends moi longtemps



  prends garde à tes regards
                   ICI
              saisi au plus secret
dans l'autre siècle
REPOSE
       de qui t'enlève
une OMBRE
sans reproche
                       et l'inouï ému
  aussi loin qu'un endroit
                SOLITAIRE éperdue
aujourd'hui ne sait rien
                         et je ne suis personne
"Attends moi longtemps"

dimanche 26 juin 2011

Désarroi



spiriTIC



mercredi 22 juin 2011

la nuit montante



j'ai oublié
le trait du temps
la main courante de l'histoire

j'ai oublié
le son des bottes
cette menace de précision à l'argument de cuir

j'ai oublié
le nom de ces enfants se risquant aux buissons
la route vive creusant le flanc des compagnons

j'ai oublié
le blanc souci qui dicte nos envers
rien ne peut naître au jour
après l'aube sans joie

j'ai reconnu
la ville qui est en toi
ceux qui ont tant manqué

j'ai reconnu
le rouge de Valensole aux lieues de pénitence
l'arsenal de vent sombre soufflant sur la mémoire
la belle moisson vide au plateau des illustres

j'ai reconnu
la nuit montante, furieuse souveraine
l'inhérente bravoure aux morceaux de lumière
l'amandier de 'Princesse' qui épousait vos ombres

j'ai reconnu
le cercle des muses où je m'épuise à te réinventer


... à René Char

lundi 13 juin 2011

Aficionado



le canal est condamné

assis au bord
ne reste que le banc fatigué pour survivre
tenter d'aller au bout de ce long dimanche

après l'autre pluie
bien après que la terre des rares ait sonné
la Pentecôte affolée a tué ses taureaux

épave à la rive froide
ainsi va l'arène aux langues éparses
arrangeant d'un geste minéral les long-courriers

partir
choisir le verbe perpétuel
à la saison des providences

novice
la vie est à la corne, à l'entaille
le sang y coule comme une brassée lente
un minuscule élan à étirer des arpents de solitude

reste une bouche
et son dos de lumière

un tango rouge au commencement des mots

"ainsi tout change, ainsi tout passe"

mercredi 8 juin 2011

attends, je veux te dire



te dire
l'eau-vive à la méditation de cailloux
ce rêve d'or pâle, d'agneau et de Durance

te dire tout autant
la grande ruée bleue sur la pierre de patience
cette étouffée de pluie qui prend la nuit
l'arête écorchée des saignantes falaises

te dire encore
partis du même refus
le glas sifflant de l'ardoise au couvreur d'horizons
l'inutile cahier et ses brouillons savants

je veux te dire
la maison borgne qui consent au midi
ce sentiment de paysage et de vent brut

te dire aussi
les draps pudiques à l'ombre moite
ce fraîchin âcre au saillant de l'étreinte
tout le frais de tes mots au creux de mon épaule

et pour te dire au moins
ce pays doux de toi
où toujours il y a
un bout de chat qui passe

je veux te dire enfin
ce qui semble aux autres un minuscule absurde
ce moment d'entre nous
et sa part d'infini égratignant le monde

attends, je veux te dire


samedi 4 juin 2011

Jeu décisif



pimpante à loisir
la viande est en chaleur
au chahut du lointain

fausse centrale
la ville déploie ses jupettes à grand chelem
gros plan sur des poupées de paille

la rumeur de brique hors d'usage
étouffe l'enfant de la balle

terre abattue
que dis-je

gronde gradin
ta promise est au rouge

la rumeur de brique hors d'usage
chuchote aussi le temps qui passe
celui qui reste avant la ligne

gronde gradin

regarde moi la haut
dans les yeux

je suis le bocage frais comme une cire vierge
tout l'esprit de la ruche dans la nuit rassasiée

je vis à hauteur de mots
à célébrer de petits riens

à rabattre les joies
au rituel arrangé des demi-lèvres




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