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mardi 15 décembre 2009

Manhattan transfert



de son bleu maternel la nuit dit qu'il est l'heure de réunir la sève et le sang

l'heure de la loi mosaïque qui relie à l’unisson du réel

les trésors du nouveau et de l’ancien

l'heure d'apprendre l'intraduisible langue qui pousse la roue de la durée

sa flamme d'intérieur nous parle de si loin

je vais la haïr de ses sous entendus

comme un pretexte à réunir les draps

pour que la peau et la lumière se découvrent

la fugitive surgira enfin au milieu de nos extrémités belliqueuses

la rue entière comme un édifice absolu de cette promiscuité effrénée

résonnera du mythe de l'errance

à pas tenus

toujours trop tôt

demain sera ce livre de faillites aux embouchures amnésiques

ce pèlerin désoeuvré à l'écriture posthume

qui perd une blessure au bout de mes lèvres

elle me dira alors comme tu l'aurais aimé


dimanche 13 décembre 2009

Play mobil



Amélie aime à l'eau
Mélanger l'aube lente
La mélodie des mots
La mélisse et la menthe

Mélanger l'aube lente
Au teint blême et lamé
la mélisse et la menthe
Aux larmes emmêlées

Au teint blême et lamé
Belle Amélie simule
Aux larmes emmêlées
Du rêve la formule

Belle Amélie simule
Mêle au lit le formol
Du rêve la formule
Funambule s'envole

Mêle au lit le formol
Mais l'ange honni hélas
Funambule s'envole
Part sans laisser de trace

Mais l'ange honni hélas
Mélange une idée folle
Part sans laisser de trace
Autre qu'une auréole

Amélie aime à l'eau
Mélanger l'aube lente
La mélodie des mots
La mélisse et la menthe


dimanche 6 décembre 2009

Baroud



Baroud



lundi 30 novembre 2009

Navigo



si tu n'es pas la ville sous entendue
le contour ému de nos fatalités au pas

si tu n'es pas la distance échappée
l'octave fanatique de nos rails d'échec

si tu n'es pas la meute nouée
aux cernes souterraines

si tu n'es pas non plus ce décembre attardé
le jour de faïence au bord du clou

je choisirais alors le dérisoire échu
qui croise nos cercles bleu de Gênes

celui qui entre deux sourires
jette ma bouche dans la tienne

vendredi 27 novembre 2009

Porte passagère



le langage du temps
se fige dans la cambrure

au cintre argenté du monde
l'homme ombilical
écrit aux éclats

démons et merveilles
à l'entre-deux originel

mercredi 25 novembre 2009

SOS amour



amour



dimanche 22 novembre 2009

L'étranger



acquis aux confins de ce ventre à d'autres identique
l'insouciance et le sang sur les cuisses
ne suffisent à mon jour

les soirs de grande frime
la leçon de misère durcit le mot trempé
la rumeur à l'étreinte assidue montre encore le temps

est-ce la peine perdue
le réel et son double se jouent de l'immobile accru

là où tu ne seras que le bruit d'une pierre jetée
une plainte contrite au long loin maternel

là où tu plieras un genou de reproche
sur nos rêves et nos restes indus

je renaîtrai

sur la plage arrière de ton coeur
j'aurais déposé mes origines
tel un objet perdu
une prière d'occasion n'ayant d'égard à rien

jeudi 19 novembre 2009

Ca déchire



au grand cercle des proportions
le marbre haut fait la rime fine
se pose sur l'épaule de gloire
comme un papillon de cire chaude...

ce faux col au cou lisse
est une image innée

il faut des anti-mots,
pour suivre un siècle rare
recoudre les masques étourdis du monde
sur nos anti-têtes
et déchirer l'étendard à l'oeil unique

mercredi 18 novembre 2009

Le grand marché



Comme une plaine vide
le faubourg remonte les corps de la nuit.

Les restes prostrés de l'horizon
assemblent un art nouveau.

Au bord de mes yeux, épaves et pavés
jettent les rubans d'une sueur toute neuve

Le juste présent regarde les aiguilles nues,
les bouches sur la planche au pain de longue haleine.

La gracieuse épopée de ces ventres nubiles,
la souffrance sacrée des mères à volonté,
l'arbre du voyageur et le verbe qui ment,
d'autres mains de naufrage au merveilleux païen
l'écume du vendredi qui se met au grand jour.

Tout ce qui rit dans cet universel fétide
s'éprend d'une fraternité audacieuse.

samedi 14 novembre 2009

Abondance



Ma langue polyglotte fait couler beaucoup d'encre
qui parle d'incrédules aux pensées éventrées
du mec plus ultra encensé de naissance
à ce sauvage heureux d'une césure épique.

Je cherche qui se prend pour moi
et cache son nom sous un toit de chagrin,
qui rend toute intimité délurée
et l'invincible infirme.

Dedans dehors
je veux les bouches pleines
le bel organe tombé des nues,
cet alphabet d'étoiles comme un caprice de boulevard
où la rumeur se pend aux voûtes palatines.

Je cherche du chevalier,
la charge souveraine et le métal fiévreux,
ce dormeur essentiel qui rumine le verbe
aux endroits féroces de la nuit
sa volonté de paresse qui ment effrontément

ici bas,
l'or des fous
le glorieux absolu
et sa veuve joyeuse
consomment leur défaite
et portent le coeur éculé à l'enclume.



dimanche 8 novembre 2009

Noces rebelles



Je regarde la ville dans les yeux

elle cache la clé de nos heures distraites

j'habite encore cette passion définitive

ce meublé de hasard où nous prenions le large

indécent sans le dire le luxe de tes lèvres

cette douleur exquise aux dessous indécis

mes mains imaginées au "delà de l'indigne"

la calomnie du jour sur nos corps inventés

l'un dans l'autre

nous restons au plus près de ce qui nous éloigne


vendredi 6 novembre 2009

L'art aux as



arobas



dimanche 1 novembre 2009

La déchirure



Mon coeur prochain
sera ta loi.

La nuit qui te revient
fera de moi un fiancé de paille
aux paroles de pierre.

D'une main de déchéance
je te conduirai à travers l'épaisseur nue
jusqu'au festin de la détresse.

Pour être beaux ensemble
il faudra oublier ce rêve de planches
aux désirs écartés.

Je me simplifierai alors dans le silence sacré
du drap pour un baiser d'argile.

Novembre



novembre



jeudi 29 octobre 2009

Monomaniaque



Octobre fantasque s'escrime à l'unisson.

Comme un compliment arrondi
sa main dépourvue d'hiver a rompu
le cercle attentif des frondaisons ultimes.

Au grand livre universel des combinaisons
le solstice fébrile s'est déchiré le plexus
au bord de l'extrême septentrion.

Dans sa fulgurance il a oublié de changer d'heure.

L'arbre ne veut plus lier son destin
à un sous ensemble muni de lois internes.

Les siècles lui ont appris à se méfier
d'une interprétation par trop géométrique de l'agonie
avec la feuille comme variable aléatoire.

Vertige du déclin, chute promise,
l'ambition unique d'être dans le vent ne fait plus recette,
question de style sans doute.

Dans sa démente résilience l'automne
me sustente comme une louve inquiète.

Sa folie douce résonne tel un nocturne primordial
qui m' attendrait au tourment.

Son empreinte carbone au spectre sensible,
fait du mauvais esprit.


samedi 24 octobre 2009

Blue



il fait bleu dans tes yeux
pour m'aimer de plus loin

et me faire voir ailleurs
et puis par dessus tout
sous ces dessous de rien
ce mal qui fait du bien
et nos nuits à genoux
et nos autres meilleures

Il fait bleu dans mes yeux
pour t'aimer de plus loin


jeudi 22 octobre 2009

Made In China



Made In China



samedi 17 octobre 2009

Le mal amour



Afin de casser la nuit
j'ai troqué mon inventaire de surface
pour une conversation de tolérance au quignon du jour.

Au fond des frénésies biologiques et des serments périlleux
il restait un amour fauve instantané,
à portée de miroir,
une foire aux éphèbes où l'érotisme du mot se charge de lèvres
pour que la joue y trouve son compte .

Du bout des mondes éloquents, de leur excès de similitude
se cachait une grandeur contre nature aux superflus impatients...

Tout le silence venait de moi.

J'emporte par effraction cette évidence sur mes épaules,
comme une parure éternelle au diapason de l'intime
au firmament de l'injustice.

Dans les muscles de l'obscur l'acte gratuit fait la fine bouche,
l'immobilité des habitudes lui offre un désordre de rêves en libre service
au chaudron fou de l'oubli elle le berce d'étonnantes perspectives.

J'ai sacrifié au majuscule habit du désir mes oripeaux de démesure.

Je m'en suis pris alors à l'absence et aux préliminaires,
à ce chagrin de chair qui se repose à l'intérieur.

Tout le silence venait de moi...


samedi 10 octobre 2009

Marseillaise



j'irai revoir le port
ce qu'il reste de nous
ce premier rendez-vous
si tu m'attends encore

et nos baisers si doux
qui se noyaient au bord
et mes lèvres du nord
sur ton accent qui joue

j'irai revoir le port
ce qu'il reste de nous
je serais bien plus fou
que le vent sur ton corps

aux petits mots du jour
à la coq à l'amour
je serai bien plus fort
coquin de sort

mardi 6 octobre 2009

Propagande



Du minuit dénué aux dessous d'aube fine
se joue une romance américaine.

Errant de moi même sur ses terres premières,
comme si j'étais mon prochain,
il y a cette fille à régalade qui fait briller les bulles
et monte pour un rien.

Sur ses talons trop haut perchés la nuit ajoute à la parade
une substance au sourire idéal qui vient mordre la semelle du temps
au calendrier vulnérable des étreintes cochères.

Comme une eau à la bouche aux langues étrangère
ce soir la virulence a un petit air anglais
blotti au fond du verre
un goût de désespoir qui n'a plus les moyens.

Si le chagrin du nouveau monde a la peau blanche,
il offre aux néons tristes
une ceinture ruisselante de mains.

La rue trop courte au bas des reins lui fait sa propagande millénaire.
Son chahut délicat de choses indociles reste dans la courbure.



jeudi 1 octobre 2009

Eté indien



Déposer une épaule
sous la mansarde tiède.

Retenir tête nue
la rondeur du boulevard,
nos rendez-vous manqués,
le nom de celles
que tu n'as pas connues.

Et du pas de bohème
qui nous cassait les hanches
cacher encore un peu cette langueur d'avance.

Sous l'écharpe des ressemblances
les mots changent de bouche
comme une brûlure
tient sa rage secrète.

Sous les huées du Luxembourg
octobre se fait attendre,
la vie en retard
règle nos angles doux.

mardi 29 septembre 2009

L'Art aux as



L'art est la rue
En mots nus ment
Au menu crime
Et châtiment
Ecrit à cru
Sur le mur haut...

Sans armature
L'arrêt au cul
De l'art osé
L'état de l'art
De la rosace
Tire l'alarme

A la morale
En moquerie
Au canular
D'une morue
Laisse la place

Vu des Mureaux
Si l'arrêt dure
Plus la raie râle
Plus l'art est mur


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