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samedi 12 novembre 2011

monologue d'un feu follet



adéquate
il y a la nuit impavide

de son large sauvage
le temps d'une encablure
passe un rêve d'errance

à moi
l'accoudoir des solitudes

l'inquiète dormante
traîne dans son fourbi de luxe
le rituel de nos intempérances

je vais tout nu au dernier inédit

« La bête aux douze pieds, qui marche sur la tête… »


vendredi 11 novembre 2011

...



RIEN
de tout ce qui attend
n'est au plus proche

se perd
au bout de quoi
nous sommes

oser la nuit plus loin

de nous
n'effaçons plus les traces

osons la nuit qui dure
au bord de tout
car nous sommes

déjà elle sait les heures
et nous ne sommes plus les mêmes
parcelles traversées de son double moqueur

quoi qu'il arrive
en son milieu
du pays où elle pousse
nul ne peut distinguer son âge

nous
debout dans la longue distance

le beau souci parlant de chaque chose
l'une se sachant éprise de l'autre

nous oserons la nuit
car "plus rien ne s'oppose..."

à ceux qui sont tombés - 11/11/11

lundi 7 novembre 2011

variation sur la nue accablante



marcher sur l’eau derrière l’obstacle
avant l'heure du bruit

rejoindre le pas tendu des nuages

ici tout se rassemble
en prévision d'un horizon debout

se réclamant de l'inouï
le ciel d'audace est à la parade


il a fait haut son domaine
pour mieux se confronter au renoncement

tout se rassemble
à faire déborder l'alentour

au pays où pousse le grand large
le lointain replié pense au retrait prochain

une chose posée entre deux mers

il sait ce que vaut le silence


dimanche 6 novembre 2011

Urban fantasy



urban

Urban fantasy



cité du grief
les mots de passe
traînent en sous-sol

l'audace est à la plainte

aux épluchures du temps
résonne le florilège à bretelles
d'un poinçonneur de légende

"besame mucho" de couloir
étendard creux d'une saison lucide

la bouche du soir
crache d'un coin de Roumanie
l'homme de main galvaudé

passeur de culture
aujourd'hui c'est moi qui te fais les poches


mercredi 2 novembre 2011

le bref et le vif



viens plus prés
au meilleur de novembre
l'heure s'entête à l'hiver

déjà le long baiser froid empoigne le chat

ses étreintes remontantes
ne transpirent plus d'un même élan

viens plus prés
il faut apprivoiser tout ce jour introuvable


jeudi 27 octobre 2011

Marché noir



à mots comptés
débusquer la lumière
à son élargissement
le fief où elle sévit

vertiges en bandoulière
n'être à ce couvre feu
que l'élément premier
d'autres déportations

au plat du jour
la zone libre est une langue mal habillée

plus bas que le silence
les succès damnés
sont à voir cul sec
jusqu'à l'extrémité de l'imprévu

épée de blé ou loi martiale
les ventres désœuvrés règnent sur la bouche absolue

Disembarking at Quebec



Is it my clothes, my way of walking,
the things I carry in my hand
- a book, a bag with knitting-
the incongruous pink of my shawl

this space cannot hear

or is it my own lack
of conviction which makes
these vistas of desolation,
long hills, the swamps, the barren sand, the glare
of sun on the bone-white
driftlogs, omens of winter,
the moon alien in day-
time a thin refusal

The others leap, shout

Freedom!

The moving water will not show me
my reflection.

The rocks ignore.

I am a word
in a foreign language.

(Poem by Margaret Atwood in "The Journals of Susanna Moodie")

mercredi 19 octobre 2011

jusqu'au bout des yeux



j'habite un sensible commun
le radieux désespoir
d'une figure hostile

je ne croyais pas qu'on pouvait voir si loin
jusqu'au bout des yeux se perdre
sans ne jamais partir

le profond édifice commande à l'unité des différences
une ordonnance de toute nécessité
le sang de l'amour aux entrailles de l'universel

boulevard des évasions
la marée ponctuelle comme une usine
inonde la ville qui est en moi

telle une nappe phréatique
elle verse son pluriel majuscule
d'une écriture par contagion cette leçon d'adieux

lundi 17 octobre 2011

derviche



comme il faisait bon vivre
au socle des vertiges

impatient et avide

à ton cœur partisan de nos apothéoses
j'épingle les guêtres de la nuit
le greatest hit de nos pensées sauvages

comme il faisait bon vivre
mon ange sous le regard bleuté
des ombres aiguisées par nos paupières mi-closes

jeudi 13 octobre 2011

low cost



lowcost

vendredi 7 octobre 2011

le temps devenu



il fait loin
et j'ai fini d'attendre

d'un même matin la digue a su
l'écume d'un autre

où je suis
mon ombre ne me ressemble plus

j'aurais du croire les oubliés d'une saison mal apprise
ces étourdis et leur fourbi de langue

mis bout à bout
les jours ne font plus la semaine
la main où je les tiens
a parlé d'octobre pour ne rien dire

il fait loin
et j'ai fini d'attendre

mercredi 5 octobre 2011

maison des éclipses



le dedans est au frais des mots
une ombre inconnue
flou comme nos jours

défaillance et illusion
que le réel dispute au récif vulnérable

seule sous le regard précipité de l'obscur
domine la faute de frappe
une figure de sel à griffer les joues

lettre tue
orpheline ouvrant une bouche à la terre
dessine au motif de l'invisible
le grief pluriel d'un poème en bloc

le dedans est au frais des mots
une pénitence à l'abondante saison

(hindsight)

mardi 27 septembre 2011

vice de forme



hors du fini
souverain distrait de l'inactuel
l'été n'abdique pas

dans une sapide naïveté
les jours coquelicot ne veulent pas changer de main

las d'être vain je me suis perdu
à vouloir faire entendre le plus ténu
l'inflexible douceur

un à côté des choses porteur de lumière

l'infime au presque indicible

jeudi 15 septembre 2011

Poetic





mardi 13 septembre 2011

rétroactif



retro2



rétroactif



quand l'under gronde
je redécouvre l'ambition de vérité
d'une cité piétinée qui ronge la pensée

les trottoirs flous de l'indifférence
ont des barreaux à ciel ouvert

effondré à ce théâtre de la cruauté
l'état d'âme verse en préhistoire à la folie
le déjà là de la mort

un supplice improvisé
où le fin mot de la déraison engage le temps du monde

l'existence reste une faute de frappe
un déchirement sans réconciliation

mercredi 7 septembre 2011

Gaspard de la nuit



qu'as-tu fait de ma bouche
te rappelleras-tu les serments et la fièvre
le front pâle et la hanche où les rêves se couchent
qu'as-tu fait de l'errance aux mots chargés de lèvres
qu'as-tu fait de ma bouche

devrai-je encore te suivre
apprendre à faire silence
et m'en remplir les yeux
puisque tu ne sais plus ce que parler veut dire

mardi 6 septembre 2011

sans toi



octobre est sur les lèvres

je t'ai sue
à l'encre inclinée
toute taillée dans le triangle de l'été

je t'ai sue
au dernier indigo de la voûte
folle somptueuse dans l'éclat précieux du profond

mais on ne remercie pas l'étincelle
pour son cri planté dans la foule

octobre est sur les lèvres

je t'ai sue
à mes yeux inutiles

samedi 27 août 2011

entre deux mers



AU pays où pousse le grand large
c'est pour la voir entière et prolongée
que le ciel a fait haut son domaine

le lointain replié prend la nuit par la taille

plus proche il sait ce que vaut le silence
une chose posée entre deux mers
qui se JETTE dans ma tête

je ne connais aucune langue pour la traverser

vendredi 26 août 2011

du temps des autres



sans mot lavande
ni ruban de cocagne

le temps de la mansarde
s'en est allé

de ce lointain repos
la pluie s'en vient
l'été sans rien

le temps de croire aux épaules nues
de s'étonner que l'aube porte à l'amour

la pluie s'en vient
l'été sans rien

sur la mansarde
la nuit s'est refermée
"au bord des mains qu'elle a laissées"

dimanche 21 août 2011

au dernier mégot de la nuit



au dernier mégot de la nuit
quand le siècle transpire et parle noir
j'abhorre sa triste haleine à vos charrois hostile

sur les épaules de ruine
s'écrase l'urgence de la rue
une rigueur couchée dans la distance grise

exil aux vains degrés de parcelle
le ciel mutilé de la ville
verse une loi de surface à dévorer les dos

à mes inquiets au corps désert
solitaires en carton
alliés impénétrables aux violences précoces
du fond de vos tanières
les temps obscurs sonnent
comme autant de ventres creux

quand le siècle transpire et parle noir
au dernier mégot de la nuit
j'abhorre sa triste haleine à vos charrois hostile


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