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lundi 29 mai 2017

clair-obscur


comme une présence

dans le plus simple appareil
la parole renonce à son hasard
que le temps clandestine et conjugue

l'artiste dénué dit la beauté éparse
enfouie dans la langue de l'autre
il la couche dans un lieu d'évidence

car il croit que le verbe soigne le monde

CO

samedi 27 mai 2017

...


ça s'est trouvé comme ça
le vent accompagné
a choisi ta chemise

il est couleur d'absence
avec du dedans
son seul endroit c'est contre toi

jeudi 18 mai 2017

grands bancs


nord sud
d'eux continuait la route
l'ardent pays
cette trainée de rage
du haut de toutes leurs nuits
à partager la joue du vent
une langue commune
au sel de la terre neuve

instant présent


l'un dans l'autre
à ce champ de pagaille
l'inachevé toujours
et la plume des vents
couvent le feu sacré
d'un ciel bleu pour rien
qui nous met au présent

mardi 9 mai 2017

petit


assis un petit banc de bois
de bois debout
et moi
aussi
tout petit bout de bois
un petit pan d'émoi
ici et là
petit

samedi 6 mai 2017

particule (2)


poète à mes heures
comme tout un chacun
de bouche à oreille

partageant ce qu'on garde
au creux de nos bottes
je ne fais que la moitié du chemin
et eux l'autre

à apprendre ce qui nous échappe
du bout des lèvres
ma rafle de mots
aux paroles déportées
qui nous rassemblent

ce petit carnet
écrit contre le temps
et la nuit rayée qui consent

comme tout un chacun
après longtemps d'amour
de bouche à oreille


mardi 2 mai 2017

le mai


route de peu
et son chant de mai
une faveur de précision
aux jupes du printemps
l'alerte de rien

peu

vendredi 28 avril 2017

particule


basse langue belliqueuse
qui connait la musique

l'anse et l'avant
la marée de trop
et sa ration d'imprévu

écrire comme il me chante
une proposition de lumière
et son chahut de mots
pas un plus haut que l'autre

le vent d'évasion qui roule sa chance
toutes voiles dehors

je ne sais pas vous dire
de quel printemps
piquant l’épaule du froid
je tiens cette parole

jeudi 13 avril 2017

...


on parlera de tout ce que tu veux
et même du reste

de quel avril
l'enfant s'est échappé

de nos corps épousés
qui n'en sont revenus

pour toucher la vie
intermédiaire
on a fait notre temps
au sang maître

tranquillement assis
dans un coin de mon cœur
jusque au bord de tes larmes

on parlera de tout ce que tu veux
et même du reste

mardi 28 mars 2017

bleu de bleu


à l'ombre de tes yeux
au chahut de la vie
la nature appelle
au bleu

défaite
au ciel de mars
elle s'en vient boire
de franc matin
celui de ton regard

lundi 20 mars 2017

française


elle m'a appris à écrire
la méditerranée
qui nous mène en bateau
à en perdre le nord

comme on vient du silence
l'une devant
l'autre derrière
cette proposition impudique
qui parle l'indépendance
le désert clé en main

d'une toilette de mots
aux quatre morceaux tièdes
je retiens l'étrangère
à son dernier endroit
tout contre toi

dimanche 12 mars 2017

première main


c'est un matin ivre de côte
le devoir vif de grisaille
plus vaste que l'oubli

tout neuf
à pas feutrés
loin des contours d'hier
se prépare le geste d'avril

vague parmi les vagues
un lendemain d'occasion
qui trouvera peut-être son ciel
comme on se jette d'une falaise


samedi 11 mars 2017

je de vélo


au bruit de mon ciel
répond une tempête désirée
après la pluie
la pluie
meilleurs sont les cris
quand l'eau râle

mercredi 8 mars 2017

...(idem)


ne te demande pas le monde
il prend le temps de l'océan
comme une démesure
trois fois ton âge

mardi 7 mars 2017

midi à 14 heures


midi suffit à midi
faut faire avec

la mer n'est pas une route
tout au plus
la bouche saturée
d'un chagrin long comme ça

peine perdue
d'une sueur de mars
à l'inventaire d"écume

son ventre frais
a fait long feu
aux jupes du printemps

de la vague pliée
le vent s'est refait
qui démonte le temps
quand la marée descend

la mer n'est pas une route
faut faire avec

dimanche 26 février 2017

vrac


l'un dans l'autre
il est arrivé éparpillé
comme une première fois

sa cuisine de mots
et ma douleur foraine
ont fait le reste

en vrac
pour te retenir
il a ce murmure débonnaire

l'un dans l'autre
celui qui parle un peu de nous

mercredi 22 février 2017

vaille


vaille que vaille
j'ai toujours un chat mort
au coin des yeux
j'en perds parfois le nord

sans tomber une maille
dans son entier laborieux
la nuit reste sur moi
massive et froide

je reste
par-devers elle
plus glacé qu'une étoile

lundi 20 février 2017

mort schubert



quand la terre le voudra
seul un printemps à retenir
d'incertains lendemains

tant de si dans les bras
que cet instant ne voit venir
le chat est mort ce matin

en moi


de son invariable retard sur la nuit idéale
la plume appliquée à épouser les nuages
il n'est plus qu'une aile solidaire

qui écorche en silence la joue du ciel

il est en moi
au jardin d'ombre
comme un soupir novice

museau contre museau
après ce trop longtemps d'amour
il glisse en moi sa frénésie

je resterai l'idiot du monde
quand vous serez déjà loin
cette petite rumeur à la course du temps.

et en secret
comme lui ce chant
celui d'un l'enfant qui a mal aux autres

samedi 18 février 2017

si peu

il y a ce livre
que je n'ouvre
pas

si peu
du reste de février

il y a
toi qui baigne
juste là

si peu
de lumière indolente

toi
tout seul peut-être
de l'autre côté de l'eau

je ne trouve pas de mot
et si peu de ce livre là


jeudi 16 février 2017

en ligne


sous d'autres latitudes
couler les mots nouveaux
ligne de flottaison

larmes au pied
à combler les voix d'eau

de là
jeter au loin le drame
le passé par les armes
en ligne d'horizon

horizon76

vendredi 10 février 2017

à 10 minutes de la mer


maudit chasse marée

battre la campagne
à grands coups de vaches maigres

le vieux métier
qui sait tant de si
aux gestes d'écume

comme toi
faire chahut au temps
ce vieux paquet d'eau sale

maudit chasse marée

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