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mercredi 24 septembre 2008

Pas-perdus



Tous les départs de train
Ont le même regard
Tous les chagrins de gare
Ont le même refrain

Les chemins du hasard
Se croisent au matin
Des soirs sans lendemain
Au destin sans histoire

Un couloir orphelin
Un lointain quai sépare
Incertains au revoir
Aux ailleurs clandestins

Ne jamais se revoir
Enfin, juste de loin
En retard néanmoins
Aimer c'est encore croire

Tous les départs de train
Ont le même regard
Tous les chagrins de gare
Ont le même refrain

mercredi 27 août 2008

Miserere


Creuse macapitale aux ombres enferrées
Les bouches à nourrir ont des rêves postiches
Et leurs baisers d'helminthe en rouge et noir s'affichent
Au vestiaire de la peur et des ventres rusés.

Au coeur du fourgon sale où l'antre a son bétail
L'estomac du commun, l'insolence du nombre
Font vaciller la chair au verbe triste et sombre
Qui rentre son oeil noir, sa pauvre âme au bercail.

Et la rame ravale un cri d'humanité
Referme automatique une gorge sans titre
Sa collection hiver de blasphèmes, d'épîtres
Le doute est besogneux, la haine bon marché.

Creuse ma capitale aux ombres enferrées
Les bouches à nourrir ont des rêves postiches
Et leurs baisers d'helminthe en rouge et noir s'affichent
Au vestiaire de la peur et des ventres rusés.

vendredi 8 août 2008

C'est la vie



C'est la nuit qui se penche et qui boîte avec grâce
C'est le temps qui se plie
C'est comme une arme blanche dont on garde la trace
Ce corps que l'on maudit

C'est le vent effrayant qui va tremper sa plume
Ni l'amant, ni l'ami
Dans la cendre glacée ou le fiel et l'écume
C'est un noeud, c'est un cri .

C'est un gourmand discret, une lune nouvelle
Qui au ciel fait son lit
C'est un tourment distrait couché à son aisselle
C'est un coeur qu'on oublie

C'est au premier matin que la lumière inonde
La mousson et le riz
C'est au regard perdu la dernière seconde
Sans remords, c'est la vie.


vendredi 1 août 2008

Exit


Petit prince en exil vole façon Saint Ex
Paradoxe de sphinx plonge dans l'eau du Styx.
Borax d'extrême orient, export-import Tex-Mex
Explore son codex, plane façon Hendrix.

Complexe de phoenix, d'une pompe à flitox
Pour renaître sous x, expurger son cortex,
Fixe une poudre Ajax, pyrex à pointe inox
Une exquise mixture extraite au tampon Jex.

L'exotique extincteur, 20th Century Fox
Remix files, films x, Matrix, Avery Tex,
Le mixeur moulinex le relaxe à l'intox
Mad Max et Midnight Ex, xxl au Grand Rex.

A ses deux yeux de lynx, aux étoiles de luxe
La belle de Cadix à pointe de silex
A la pupille onyx, à Castor et Pollux
Offre une Galaxie, pixels en Duralex.

Sur ex aux rayons x, son extra se désaxe
A l' excès par réflexe, la potion d'Astérix
Le toxique viandox, terrier fox au Xanax
L'oxyde de Xérès porte plainte contre x.

samedi 19 juillet 2008

Entre nous


Contre le jour une ombre
Une forme de moi
Plus noire, horrible et sombre
Obscure à chaque fois
L'Idéal duo
Le masque et ma figure
Un duel à deux dos
Qui change d' envergure

samedi 12 juillet 2008

Chinoiserie


La chère en nuit de chine a du chien
Elle s'échine à la tâche et le lèche
D'une bouche machine à chair fraîche
Qui s'acharne à mâcher son machin.

A la chaîne, à son charme chinois
Il s'entiche, elle, s'attache à ses hanches
Décoche sa flèche à la nuit blanche
La tranche et sur le manche elle échoit .

La branche d'apache, derechef
Chevauchant l'alléchante pouliche
La chavire, fantoche derviche
Revanche de la hache au grand chef.

La chaleur d'une ruche à la chute
Des reins, réchauffe sa peau farouche
En cachette et son doigt sur la bouche,
Elle chuchote, autre chose,...chut !

lundi 30 juin 2008

Ad vitam aeternam


J'ai oublié la voix, l'éternel murmure
Le peu de temps, le froid, l'ordre de la nature
Qui commande et s'emploie à ce voyage infâme
Et fait valoir ses droits sur la chair et réclame

J'ai oublié la loi et cette règle obscure
Le sommeil qui nettoie qui creuse la figure
Sous la pierre à l'étroit, des hommes et des femmes
Si paisibles autrefois aujourd'hui dans les flammes

J'ai oublié, le poids, des fautes la mesure
Du châtiment l'effroi et la sombre écriture
Qui pointe de son doigt la trace de la lame
Et l'absence de foi et les contours de l'âme

J'ai oublié la voix l'éternel murmure
Le peu de temps, le froid, l'ordre de la nature
Qui commande et s'emploie à ce voyage infâme
Et fait valoir ses droits ad vitam aeternam

mardi 17 juin 2008

Chanson du fou


Prophète foudroyant
Poète flamboyant
Tu brises
L'océan et la mer
La parole est ta terre
Promise

Vois mon âme égarée
Aux affres condamnée
Soumise
Où l'orgueil et la haine
Et le poids de la chaîne
Conduisent

C'est une chose immense
Que la loi du silence
Attise
Bonheur, amour et joie
Sont les mots que ta foi
Aiguise

Ma pensée au couchant
S'en va et vient cherchant
L'église
L'océan et la mer
La parole et ta terre
Promise

jeudi 12 juin 2008

Eau de nuit


L'eau de la nuit où luit une lune lointaine
Livre un joli lavis à la ville inhumaine
Et la belle aquarelle délave de la vie
Le vîl ennui, dit-elle avalé par la pluie

La lave de l'envie ode à la nuit soudaine
Libère aux sanglots longs au vélin de Verlaine
Rêve de violon se mêlant à la lie
Coule de l'au-delà une douce folie.

L'eau de là, de mon lit allongé sur la plaine
Roule une allégorie une langueur d'haleine
Et l'aube laisse un voile une aile dans le nid
Aux couleurs diluées une lente agonie.

L'eau de la nuit où luit une lune lointaine
Livre un joli lavis à la ville inhumaine
Et la belle aquarelle délave de la vie
Le vîl ennui, dit-elle avalé par la pluie

mardi 10 juin 2008

Times New Roman


Je pique sur ton corps guipure et drosophiles
Et de la tête aux pieds ma langue dermophile
Mon caractère d'acier qui lèche ta peau lisse
Figure une machine à pistons, à coulisse.

O temps suspends ton vol quatre pattes de mouche
Le verbe et trois bricoles échappés de ma bouche
Un mime avant la lettre ébauche entre les lignes
Ce thème à quatre mains en langage des signes

Au dernier paragraphe un vieux cheval de bois
La lame d'un destin ivre du bout des doigts
Guide un chariot sans roue aux retours nostalgiques
Sur le papier vélin des larmes italiques

Je pique sur ton corps guipure et drosophiles
Et de la tête aux pieds ma langue dermophile
Mon caractère d'acier qui lèche ta peau lisse
Figure une machine infernale à coulisse.

samedi 31 mai 2008

Expédition plumitive


C'est une main courante au cri à mes mots crus
Un crime, tant d'années qu'on sacre ou sacrifie
Quand on a tout damné ne reste que l'écrit
Plaintes et moqueries et le tout de mon cru

Comme une pointe à cran, d'art et d'essai en crue
Le verbe simple et nu d'un précieux manuscrit
Qui l'eût cru dans le creux de mon crâne a transcrit
Ce sanskrit indiscret sur papier craft écru

Lettre au crétin contrit, à la portion congrue
Au conscrit du matin du non savoir épris
Cent craintes mainte fois pour répondre à l'esprit
L'être au crédo prescrit à l'attrait incongru

C'est une main courante aux cris à mes mots crus
Un crime, tant d'années, qu'on sacre ou sacrifie
Quand on a tout damné ne reste que l'écrit
Plaintes et moqueries et le tout de mon cru

lundi 12 mai 2008

Amer


Mon âme tient dehors
Loin des lumières du port
Une mauvaise route
Un tumulte de doutes .

Mon âme est dans la boue
Comme un chariot sans roue
Quand le souffle incertain
Ignore le chemin.

Mon âme sous les épines
Cache une fleur chagrine
Une prière, un blâme....
Traîne son vague à l'âme.

samedi 22 mars 2008

Alcaline


J'ai brûlé la chandelle par tes deux bouts
Au saint des saints, à tes hanches assassines

Je suis resté fidèle je suis resté debout
La nuit blanche atteint ma branche et te mutine

D'habitude je tire mon épingle et tiens le coup
Tu me retiens sans me prendre, t'accroches à mes épines

Ta chute libre tire sur le manche, lui tord le cou
Je déchire tes feuilles, tu prends la pose qui me lamine

Je récite ma leçon et aux abois tu cries au loup
La chute libre prend sa revanche te turlupine

Et je remonte tout le terrain au bord du trou
Au bord d'un gouffre sous tes reins et je m'incline

J'ai brûlé la chandelle par tes deux bouts
A tes desseins, dessus dessous, mon âme câline.

jeudi 20 mars 2008

Au delà


Je suis dans l'air du temps, la palette de verts
Drôle d'oiseau j'applique à l'envers de l'hiver
D'un coup d'aile aux rameaux un voile de verdure
Au pastel au pinceau j'arrange la nature.

Je suis dans l'air du temps, l'eau forte et la peau nue
Qui grave le sentier et guide la charrue.
La pluie distille aux champs une vapeur éparse
Qu'un buis sauvage exhale, une sueur de mars.

Je suis dans l'air du temps, la toile qui embrasse
Du jardin oublié les histoires et la grâce
Les amis les amours comme des feux de paille
Un lendemain qui chante au creux de la bataille.

Je suis dans l'air du temps le souffle qui emporte
Mauvaise graine au vent, mots fanés, lettre morte,
Innocente, promise de souvenirs hantée
Mes ongles noirs grattant cette terre brûlée.


mercredi 12 mars 2008

Kariba


L'heure est chaude à la nuit et la berge est profonde
Sous la lune argentée une eau large, féconde
Coule un reflet de ciel au marbre bleu turquin
Un lavis d'encre brune, une armée d'alevins.

Dans la mémoire qui sèche on se baigne tout nu
Des souvenirs de pêche et de bouches en crue
Le rire des enfants et leurs boucles d'ébène
Abandonnant à l'eau sa couleur indigène.

Pour libérer la peur et les terres ancestrales
Survivre à cet exil loin des rives natales
Ecoute Kariba, en tapant sur ma peau
Je ferai danser l'eau se lever le troupeau.

Ecoute Kariba, au loin le chant des ombres
La prairie est mouillée et mon coeur est bien sombre
Les âmes du grand fleuve ont pleuré cette nuit
La sueur et les larmes inondent encore mon lit.

vendredi 29 février 2008

Bis ex style


Combien de jours à tes côtés
Un nombre impair, éparpillés
Deux fois deux, quatre, numéro bis
Trois cent soixante et une fois six.

Ton angle mort prend mes degrés
Ton petit b, mon petit c
Trace l' absence sur l'abscisse
La ligne droite bissectrice.

A contre temps dans l'univers
On tourne en rond ou à l'envers
Un compte à rebours des abysses
Trois petits tours sur une vis.

Un jour, le tien, en février
Une page au calendrier
Trois fois rien, sort in extremis
Du sablier un double six.

Combien de jours auront compté
Bout à bout toutes ces années
Deux fois deux, cinq, je retiens dix
Trois cent soixante et une fois six.

samedi 16 février 2008

Comme la pie grièche,


Comme la pie grièche au taillis les embroche
Aux épineux reproches à la pointe revêche
Je suspends tête bêche une à une et accroche
Tes idées noires, moches et toujours sur la brèche.

Comme la pie grièche épingle et les écorche
Ton humeur s'effiloche et je cache et je lèche
Insecte d'herbe sèche autre lézard de roche,
Et fais la peau, les poches à tes paroles rêches.

Comme la pie grièche oiseau de proie décoche
Un sentiment fantoche où le coeur est la flèche
Un amour qui empêche ou arrache... et ricoche
Et fait sonner les cloches en rallumant la mèche.

vendredi 1 février 2008

HLM


Nos illusions et nos sourires
Ont pris du plomb dans l'aile
Quand tu grattes la poële à frire
Que j'essuie la vaisselle

Notre moment d'éternité
Se pend, fruit du hasard
Ou bien, télé réalité
Tout au fond du placard

Le rêve en panne d'ascenseur
Délaisse notre étage
Nous laisse en plan chercher l'erreur
Prisonniers de la cage.

Nos illusions et nos sourires
Ont pris du plomb dans l'aile
Quand tu grattes la poële à frire
Que j'essuie la vaisselle

mercredi 30 janvier 2008

Il se peut que tout change


Et si au bout de nous il y avait l'oubli
Et que, me retrouvant, tu me voyais surpris
Sois douce Ô mon amour, mon autre moi, mon ange;
Presque rien n'a changé il se peut que tout change.

Si lentement sans bruit tu portais mes mots crus
En dépit du bon sens au creux de tes bras nus
Pour lire du bout des lèvres, apaiser et comprendre
Mes vieux jours étourdis, mes fautes et me défendre.

Tu sais de notre vie, toute creusée d'absence
Le combat, ce temps mort qui frotte nos silences
Désordre inachevé, où soudain, n'apparaît
Tout proche et si lointain que ce qui disparaît

Et le rêve d'un autre efface nos images
Jusqu'au dernier hier, les traits de ton visage
Pour se rejoindre encore et ne plus avoir peur
Ouvre et laisse ta main posée là sur mon coeur.

Et si au bout de nous il y avait l'oubli
Et que, me retrouvant, tu me voyais surpris
Ma douce Ô mon amour, mon autre moi, mon ange;
Presque rien n'a changé il se peut que tout change.

dimanche 13 janvier 2008

Chiche !


Tout haut, des mots en fiche
Tout bas des mots fétiches
Jardin secret en friche

En vers aux pieds de biche
En rimes plus ou moins riches
Ou en prose... on s'en fiche

Tout haut, des mots fortiches
Tout bas dont on s'entiche
Comme opium ou haschisch

En ronde d'hémistiches
Tournent les mots derviche
Sans manière et sans triche

Tout en haut de l' affiche

dimanche 30 décembre 2007

Les amants de minuit


Bien souvent ils se taisent
Et leurs deux mains frileuses
Se penchent sur la braise
La flamme est paresseuse
Sous la porte et la chaise
Une bise rageuse
Etouffe la fournaise.

Si la mâchoire est creuse
La mémoire mauvaise
La bouche encore fiévreuse
Se souvient à son aise
Se fait douce et charmeuse
Et le feu rouge apaise
La pauvre main noueuse
La caresse et la baise.

Où vont ces âmes pieuses
Deux par deux qui se plaisent
S'assemblent silencieuses
Au tenon la mortaise
La charrue courageuse
A la terre à la glaise
S'en retournent joyeuses
En haut de la falaise...

vendredi 28 décembre 2007

Auxiliaire


Hêtre fier, immuable élève face au vent
Sa trompe vénérable anthracite et argent
Maintient la terre ferme au talus négligeant
Tel un vieux pachyderme indomptable et savant.

Sa frondaison loyale offre au chaume, à la pierre
Une armure végétale et garde prisonnière
La plainte de la mer, la rafale guerrière
Et retient des hivers la sagesse d'hier.

La main brandit le manche et au sursaut macabre
D'une lame qui tranche écorche tel un sabre
La fibre sans défense et son écorce glabre
Le tronc sonne en tous sens le glas du candélabre.

Le soleil et la lune en cercles concentriques
Mesurent l'infortune et le destin tragique
Dévoile en fines couches une mémoire graphique
Tracée là, sur la souche, une carte magique.


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