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dimanche 21 février 2010

Il y a



Il y a du bruit autour
et des mots pour toujours
qui gardent le silence
tout blanc comme une absence

Il y a tant d'amour
et tant de bruit autour
qui garde le silence
tout ça a-t-il un sens

lundi 8 février 2010

Gourmandise



la muse aux mots usés
se désole recluse
en mon âme épuisée

elle élime elle y met
la nuit déshabillée
d'autres terres promises
aux au-delà osés

mais si le mot nu ment
que tous les mots lus disent

ma prose sur la braise
comme un baiser se pose

mais lisez moi
Elise


jeudi 31 décembre 2009

Garde à vue



je garde à vie
l'envie de vous
je vole à vue
je vous l'avoue

à vos cheveux
jolis ma joue
magie du jeu
se voue ravie

je joue ma vie
je garde à vous
je loue en voeux
m'en voulez vous

j'avoue le jeu
hors je de vous
jaloux l'enjeu
le rendez-vous

je joue le jeu
m'en voulez vous
je vous enjoue
je vous en veux

je garde à vous
je garde à vue
je garde à vie
l'envie de vous


jeudi 17 septembre 2009

Rochechouart



Le boulevard renonce à ranger son bazar
il se fait tard ...(à Rochechouart)

Une foule se mue en tango inconnu
en tintamarre...

Un môme et son cinoche lui fait un peu les poches
un septième art ...

L'heure de pointe ici s'achète chez Tati
dans la bagarre ...

La vie bat le pavé la butte a mal au pied
à ses guitares, ...

A l'artiste qui chôme, touriste qui se paume
câlin-paillard...

Le ciel au sacré coeur parle d'apesanteur
et de hasard ...

La nuit fait les trois huit et rêve d'escalier
et de plumard ...

Pour monter aux Abbesses y a des baisers volés
sur les trottoirs ...

L'amour traîne une fesse à Pigalle, et Barbes
suit du regard...

La frangine d'Anvers tapine au réverbère
lueur d'espoir ...

Tous les comptoirs usés, les bavards oubliés
ont une histoire ...

Un marabout au bar à bout de baratin
de magie noire ...

Lui qui noie son Afrique et qui boit tout mon fric
Garçon ...deux marcs

Visage sans visa m'offre tous ses voyages
ses jours de gloire...

Et d' une pluie qui fait briller le verbe aimer
comme un caviar ...

J'emporte, passeport comme une goutte d'or
unique et rare...(à Rochechouart)


jeudi 13 août 2009

Belle d'été



Vous êtes fastueuse, aux nombreuses agiles
Vous qui semblez unique, aux autres, immobile
D'un juillet paresseux, impatient feu de paille
L'arbre suspend le ciel et livre une bataille.

J'ai cette faim en moi, voleuse d'étincelles
Furieuse orgie en soie, syrphes et volucelles
Qu'une arme couturière au feston clandestin
Abandonne au printemps et destine au festin.

La cime rugissante au bouquet de nectar
Couve d'une aile, Dante, un front tragique et rare
Le grand livre moqueur ouvre dans la fournaise
Un abîme et son coeur pétillant de Genèses.

Vous êtes fastueuse, aux nombreuses agiles
Vous qui semblez unique, aux autres, immobile
Au juillet paresseux, impatient feu de paille
L'arbre suspend son ciel et livre une bataille.

lundi 10 août 2009

Spiritual



Qu'est-ce qui m'arrive, le monde est beau,
Si tu veux allons voir ensemble
Toutes ces vies de nous qui passent.

Qu'est-ce qui m'arrive, à l'indigo ,
Si tu le veux, teintons ensemble
Tous les murs gris de nos impasses.

Qu'est-ce qui m'arrive, le sol et l'eau
Si tu veux allons boire ensemble
La terre fendue devenue grasse.

Qu'est-ce qui m'arrive j'ai sous la peau
Si tu veux comptons les ensemble
D'autres couleurs autant de races.

Qu'est-ce qui m'arrive, j'ai le coeur chaud
Si tu le sens, brûlons ensemble
Tous ces drapeaux de guerre lasses.

Qu'est-ce qui m'arrive, quels sont ces mots
Si tu veux taisons les ensemble
Rien dire et s'entendre à la place.

Qu'est-ce qui m'arrive, do mi sol do
Si tu le veux, dansons ensemble
De cet amour, laissons la trace.

Qu'est-ce qui m'arrive, le monde est beau,
Si tu veux aimons le ensemble
Toute la vie, viens, on s'embrasse.

Qu'est-ce qui m'arrive, un jour, bientôt
Si tu le veux, pleurons ensemble
Le monde est beau, trop tard hélas.

jeudi 6 août 2009

La mer à boire



Et la mer sans mémoire
Mêle aux larmes sa brume
Un camaïeu d'écumes
Lamé d'or et de moire.

Et la mer sans mémoire
De l'amant démuni
Admire, désunit
Les émois du miroir.

Et la mer sans mémoire
De l'ennemi infâme
Elime fine lame
Son âme amère et noire.

Et la mer sans mémoire
A tout moment arrime,
Marie marée intime,
Manuscrit et grimoire.

Et la mer sans mémoire
Etame nos humeurs.
Emane une rumeur
Une lueur d'espoir.

Et la mer sans mémoire
Mêle aux larmes sa brume
Un camaïeu d'écumes
Lamé d'or et de moire.


vendredi 31 juillet 2009

Distique apocryphe...



....et cathartique en rimes de luxe

A qui résume son émotion en déclarant ni dieu ni maître
Ou qui mesure le sentiment comme un vieux con, en geomètre.

(....à ceux qui se la pète)


mercredi 17 juin 2009

Solid body



Au nord du lit la nuit s'avère
Au bord d'un noeud de l'univers
Naître d'un cri ou de l' hiver
N'être qu'un pli à découvert.

Que n'est-ce un coup de revolver
Effet de vie ou fait divers
Tombé du nid mais à l'envers
Le corps a l'air d'un coeur ouvert.

Au nord du lit, en rouge, en vert
Au bord de l'eau la vie s'avère
N'être à l'envie dans un grand verre
Qu'une rivière et quelques vers.

Au nord du lit la vie s'avère
Au bord d'un noeud de l'univers
Naître d'un cri ou de l' hiver
N'être qu'un pli à découvert.


mercredi 27 mai 2009

Savoir vivre



Je n'aurais eu de cesse
Moi qui avais le temps
Autant qu'il y paraisse
De partir et pourtant

De vous à moi j'attends
Encore cette sagesse
Qui trouble tout autant
Ma fin qu'elle vous blesse

Lentement je me presse
De vous à moi j'attends
Un avis de détresse
L'annonce du restant

En ce dernier printemps
Autant qu'il y paraisse
Moi qui avais le temps
Je n'aurais eu de cesse

De vous aimer ou n'est-ce
Trois mouvements deux-temps
Qu'une fausse promesse
Il faut rompre l'instant

Mais je n'ai plus vingt ans
Moi qui n'ai eu de cesse
Et qui avais le temps
Autant qu'il y paraisse

Tant et plus. Par noblesse
J'aimerais en partant
Avouer ma faiblesse
Je sais vivre et pourtant

Il faut que je vous laisse


samedi 2 mai 2009

Manière



Jamais ce qui m'émeut ne meurt
Qui ne m'aime
Ni ma peur
Ni ma haine

Et si il a tant de peine
Mon coeur
Même

Est un drame où demeure
D'une mère
A l'enfant qu'on emmène
Avant l'heure
Blême

Ou de l' amant qui pleure
Une chimère

La douleur
Inhumaine

samedi 18 avril 2009

Hiatus



Qui passe dans la rue
La fortune ou la roue

Qui me regarde à vue
Est-ce un regard à vous

Hélas qui dévêtu
Me dit tu me dit tout

J'avoue j'en suis ému
Le coeur marri et mou

La fin dans ces yeux lue
Du jeu, ma faim de loup

Me dit que l'amour fût
Ne dit que l'amour fou

Que ne dure éperdu
L'instant si pur et doux,

Emmêlez moi, ténu
En mai l'émoi se noue.



mercredi 15 avril 2009

L'autre pas



Et dans la rue des bas de soie
La vertu a du plomb dans l'aile
Les boniments lèvent le doigt
La solitude la dentelle.

Et dans le lit la créature
Pour rendre l'âme, corps et bien
S'endort aux cris de la nature
L'acte gratuit ne lui vaut rien.

Dans le regard si peu de chose
Juste la nuit et son histoire
Le temps courbé qui tient la pose,
Passe la vie sur le trottoir.

Et dans la rue des bas de soie
La vertu a du plomb dans l'aile
Les boniments lèvent le doigt
La solitude la dentelle.

samedi 14 février 2009

Au fond (1)



Au ciel aigu d'acier la terre a des égards
Sous ses dessous blafards, un accent familier
Un ténébreux crassier sous le bleu du regard
Le baiser du picard au charbon nourricier.

La lampe qui palpite à ses coups de poussière
Veille sur la frontière aux veines d'anthracite
Une flamme tacite à la fosse grossière
Et toute sa lumière est toute la limite.

La croupe qui reproche à ce chariot chenu
Son chemin de peau nue, le souffle qui s'approche
Au fléau d'une poche et son dernier chahut
La planche de salut à l'angle de la roche.

Au pays lourd et noir des géantes poitrines
Le ventre de la mine offre au temps son crachoir
L'alouette au miroir la sueur des tartines
Des miettes de berline, être au fond c'est avoir.

"La terre nous aimait un peu je me souviens. La suite appartient aux hommes"


dimanche 21 décembre 2008

Et sous le drap



A l'orée de l'aurore à la morsure du jour
Roule un murmure au bord à l'oreille d'un sourd.
Le râle sous les ors a ce relent d'amour
Et sous le drap deux corps et le reste si lourd.

A l'orée de l'aurore un matin sans détour
Ecoute, écoute encore cette rumeur qui court
La terre a des remords la pluie est son tambour
Et sous le drap deux corps et le reste toujours.

A l'orée de l'aurore à sa lueur autour
L' au-delà luit dehors et adresse à rebours
Fervent confiteor à la nuit sans retour
Et sous le drap deux corps et le reste si lourd.

A l'orée de l'aurore à la morsure du jour
Roule un murmure au bord à l'oreille d'un sourd
Le râle sous les ors a ce relent d'amour
Et sous le drap deux corps et la vie alentour.

jeudi 11 décembre 2008

Pour jamais, à toujours



Ô corruption du soir
Nos pleins sont déliés
Des serments de tendresse
Pour jamais l'on ne s'aime à toujours

A cette heure de gloire
Chiasme réconcilié
Fait de fausses promesses
L'on ne s'aime à jamais pour toujours



vendredi 28 novembre 2008

Juke-Box


T'es mon tube t'es mon hit,
T'es ma rengaine à moi
T'es mon jingle de pub
T'es ma reprise extra

Comme un air d'avenir
Qu'aurait trouvé l' moyen
D' caser tous ses souv' nirs
Sur trois mots l'air de rien

T'es mon tube, t'es mon hit
Ma ritournelle à moi
Mon single au zénith
Au Golf à l'Olympia

Ca balance populaire
Ca twist et ton couplet
Jure sur ses grands airs
Haute fidélité.

T'es mon tube t'es mon hit,
T'es ma rengaine à moi
Disque d'or de graphite
De son maître la voix

En play-back ton refrain
Ou sur le bout des doigts
45 tours de main
Me sing a song of toi

Ton label sur mes ondes
Âge tendre et tête de bois
Est mon record du monde
Microsillon Face A

T'es ma chanson à thème
Bien roulée dans son style
T'es mon p'tit choeur totem
Au tempo de vinyle.

samedi 8 novembre 2008

La Chasse aux mots


Au nom du bien, au nom du mâle

                       Mal

Mes trois fois rien vous désespèrent

                       Père

Âme damnée, votre tombeau

                       Beau

Brise ma chaîne sur le Carrare

                      Rare

Laisse de marbre ma pauvre chair

                       Cher

A son allure donne des ailes

                       Zèle

Liaison fatale ou dangereuse

                       Creuse

L'ombre, ma bête, en ce miroir

                       Noir

Sous ma parade hermaphrodite

                       Rite

Juste milieu au bout du ventre

                      L'antre

La chose égale à mon encontre

                      Contre

Du va et vient tire son charme

                       Larmes

Etre suprême ou androgyne

                       Djinn

A mes amis à mes amants

                       Ment

Sans queue ni tête, dans le désordre

                       Mordre

Bourreau du coeur à coups de cent

                       Sang

Sortir du rang du triste nombre

                      Sombre

Consommateur d'amour avide

                       Vide

Si je me donne corps et âme

                      Blâme

C'est pour tout perdre corps et bien

                       Rien

Que mes erreurs et vos adieux

                       Dieu

Un feu de paille ou de tout bois...

                       Moi

mercredi 1 octobre 2008

Chanson de lune


Lilith ou libellule
L'huile de lune luit
L'aube salue la bulle
Et la belle la pluie.

Lui adule l'idylle
Hulule et la séduit
Idole volatile
Aux volutes de nuit

Lilith et villanelle
L'huile de lune luit
L'aube salue la belle
Et la bulle la pluie

Au lit la Messaline
Sur la dune luzule
Femelle d'opaline
Et lupuline ondulent

Lilith ou libellule
L'huile de lune luit
L'aube salue la bulle
Et la belle la pluie.

mercredi 24 septembre 2008

Pas-perdus



Tous les départs de train
Ont le même regard
Tous les chagrins de gare
Ont le même refrain

Les chemins du hasard
Se croisent au matin
Des soirs sans lendemain
Au destin sans histoire

Un couloir orphelin
Un lointain quai sépare
Incertains au revoir
Aux ailleurs clandestins

Ne jamais se revoir
Enfin, juste de loin
En retard néanmoins
Aimer c'est encore croire

Tous les départs de train
Ont le même regard
Tous les chagrins de gare
Ont le même refrain

mercredi 27 août 2008

Miserere


Creuse macapitale aux ombres enferrées
Les bouches à nourrir ont des rêves postiches
Et leurs baisers d'helminthe en rouge et noir s'affichent
Au vestiaire de la peur et des ventres rusés.

Au coeur du fourgon sale où l'antre a son bétail
L'estomac du commun, l'insolence du nombre
Font vaciller la chair au verbe triste et sombre
Qui rentre son oeil noir, sa pauvre âme au bercail.

Et la rame ravale un cri d'humanité
Referme automatique une gorge sans titre
Sa collection hiver de blasphèmes, d'épîtres
Le doute est besogneux, la haine bon marché.

Creuse ma capitale aux ombres enferrées
Les bouches à nourrir ont des rêves postiches
Et leurs baisers d'helminthe en rouge et noir s'affichent
Au vestiaire de la peur et des ventres rusés.

vendredi 8 août 2008

C'est la vie



C'est la nuit qui se penche et qui boîte avec grâce
C'est le temps qui se plie
C'est comme une arme blanche dont on garde la trace
Ce corps que l'on maudit

C'est le vent effrayant qui va tremper sa plume
Ni l'amant, ni l'ami
Dans la cendre glacée ou le fiel et l'écume
C'est un noeud, c'est un cri .

C'est un gourmand discret, une lune nouvelle
Qui au ciel fait son lit
C'est un tourment distrait couché à son aisselle
C'est un coeur qu'on oublie

C'est au premier matin que la lumière inonde
La mousson et le riz
C'est au regard perdu la dernière seconde
Sans remords, c'est la vie.


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