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mardi 7 novembre 2017

spécimen


de l'automne ou la feuille
qui fait métier de roi ?
l'un obéit au bois
l'autre au doigt et à l'œil

et quand le vent l'emporte
sur mes mots sans retour
Il y a ton amour
posé devant ma porte

dimanche 13 septembre 2015

mer d'asile


sous les lignes de flottaison
promise aux maux d'hier
la terre bat son plein

mais que ferais-je de vos bateaux
de cette passion triste
armée de mères

un ciel de propagande aboie
de grands cris bleus
à dé-ranger les nombres et les mots

comme prétexte à la nuit
il roule jusqu'à la lie
l'eau de vos vies qui coulent

aux oubliés de source
je boirai cette vague
qui monte comme un couteau
et vous prend par les yeux

lundi 12 janvier 2015

sourate du sourd


vide monde
janvier noir
opulent boulevard

à l’œil du mal
vent ne vaut rien
mauvaise foi
promène ses souvenirs

couvre feu, couvre chef
d'un sang dessous dessus
au tapis des misères
que tous les noms de dieu
essuient leur pied de guerre

vide monde
janvier noir
opulent boulevard

à l’œil du mal
vent ne vaut rien
mauvaise foi
emporte nos sourires

vide monde
aime-nous dans la peur
même

monde meilleur

samedi 2 août 2014

la semeuse


aube fine écarlate
d'une belle semeuse
pour vous dire mon amour
le rouge de ce temps
dix centimes au devant

bouche close mon amie
qui confie cette prose
du bois de Saint-Rémy
au temps mort à la pause
d'une sape profonde
des mots d'ombre transis
pour apaiser le monde
mille baisers de rose
et vos doux yeux ma mie

ici le luxe de '14 est de partir à 18 ans

mais le silence gronde
baïonnette au fusil
pour un dernier assaut
il faut bien s'y tenir

Ô la belle fâcheuse
mangeant ses tout petits
longue marche pour tous
piteuse causerie

loin de vous rendre heureuse
il reste quelque chose
de vous en moi tapi
ainsi au fond du trou

le cœur est encore gros
de tant de souvenirs

nous n'irons pas en noces
au rouge de ce temps
mon ange ma tendre amie
mais dans la boue féroce
en cet ultime instant
ce grand tout qui nous lie

le flanc est encore chaud
mais il faut en finir

ici le luxe de '14 est de mourir à 18 ans

je laisse ici ma chère
c'est la guerre qui me pousse
et mon sang et ma chair
priez pour moi ma douce

d'une belle semeuse
cette lettre au devant
il est déjà cent ans

mardi 8 juillet 2014

officinal

elle est là dans l'abondance
sous un regain de juillet
la vieille grange en devenir

elle abrite un fouillis d'oignons rouges
sous les hardes et les haillons d'un autre
l'échalote longue à la virulence échevelée
d'une prairie voisine deux sous de prêle

portant livrée de l'année morte
le laurier lustré s'habille de sècheresse
sous l'ardoise sifflante résonne l'office incertain d'une saison
et sa bonne raison de s'en tenir au dehors

IMG_1768.JPG

vendredi 15 mars 2013

seine


ronde
pleine
tant d'eau toute incertaine
et lasse

"voyez comme elle s'enfle et d'orgueil et d'audace"

et son ardeur
même en ses boucles fécondes
semble un bouillon sacré
dans les veines du monde

juste un fleuve à portée
mais que mon œil inonde

jeudi 14 février 2013

marine


marrantes narines
la pluie a ce matin
un petit air d'écume

les gouttes fines
l'ombre d'embruns
déposés par la brume

marrantes narines
la pluie est en chemin
où ma pensée s'enrhume

de mers mortes en vain
ce souvenir coquin
où ma pensée transhume
de charmantes au bain
se souvenir d'aucune

navrante marine
ne reste sur les hanches et ma main
qu'une pluie triste et fine

aux marrantes narines
d'autre rien
qu'un bel élan bleuté que la marée parfume

jeudi 8 mars 2012

comme une image



il y a
ce visage
un reflet de barbon
sans âge

un vieux bonhomme au fond

il y a
bien trop sage
qui tourne en rond
dans une cage

au fond
un tout petit garçon


vendredi 27 janvier 2012

contre moulin



d'un bras long déplier une route et ses voiles
l'été au dos puissant et son ombre de lierre
au continu des jours couchés là sur la toile
le grain noir aux mains d'or épousera la pierre

dimanche 11 décembre 2011

Belle acharnée



et garde moi pourtant
dans l'écho triste et sombre où ma tête est assise
la nuit est en retard
il ne viendra personne
et le peu de chaleur est si loin désormais

regarde moi longtemps
dans l'étau noir et l'ombre où ma terre est promise
le lit est de carrare
sur les brumes d'automne
"et le peu de chaleur que tu m'avais laissée"


mardi 12 juillet 2011

Adesias



J'ai quelque part en moi une fleur de lavande
Au fond du cœur, caché, par une ombre grandie
Un boulevard profond et des platanes aussi
Gravé le doux parfum, de la pâte d'amande
.

Cette niche d'azur dans une molle étreinte
Le soir quand vient le froid la douceur de l'alcôve

Réchauffe patiemment aux souvenirs emprunte

Dans le grand matin vide un vent sauvage et fauve.

Dans les plis sinueux du songe et des vieux draps
Pour la rendre captive, avide et lumineuse
Cette nuit froide et bleue tendue à bout de bras
Secoue l'enfant farouche et son âme pieuse
.

J'ai quelque part en moi une fleur de lavande
Au fond du cœur, caché, par une ombre grandie

Un boulevard profond et des platanes aussi
Gravé le doux parfum, de la pâte d'amande
.

à mes premières amours

dimanche 21 février 2010

Il y a



Il y a du bruit autour
et des mots pour toujours
qui gardent le silence
tout blanc comme une absence

Il y a tant d'amour
et tant de bruit autour
qui garde le silence
tout ça a-t-il un sens

lundi 8 février 2010

Gourmandise



la muse aux mots usés
se désole recluse
en mon âme épuisée

elle élime elle y met
la nuit déshabillée
d'autres terres promises
aux au-delà osés

mais si le mot nu ment
que tous les mots lus disent

ma prose sur la braise
comme un baiser se pose

mais lisez moi
Elise


jeudi 31 décembre 2009

Garde à vue



je garde à vie
l'envie de vous
je vole à vue
je vous l'avoue

à vos cheveux
jolis ma joue
magie du jeu
se voue ravie

je joue ma vie
je garde à vous
je loue en voeux
m'en voulez vous

j'avoue le jeu
hors je de vous
jaloux l'enjeu
le rendez-vous

je joue le jeu
m'en voulez vous
je vous enjoue
je vous en veux

je garde à vous
je garde à vue
je garde à vie
l'envie de vous


jeudi 17 septembre 2009

Rochechouart



Le boulevard renonce à ranger son bazar
il se fait tard ...(à Rochechouart)

Une foule se mue en tango inconnu
en tintamarre...

Un môme et son cinoche lui fait un peu les poches
un septième art ...

L'heure de pointe ici s'achète chez Tati
dans la bagarre ...

La vie bat le pavé la butte a mal au pied
à ses guitares, ...

A l'artiste qui chôme, touriste qui se paume
câlin-paillard...

Le ciel au sacré coeur parle d'apesanteur
et de hasard ...

La nuit fait les trois huit et rêve d'escalier
et de plumard ...

Pour monter aux Abbesses y a des baisers volés
sur les trottoirs ...

L'amour traîne une fesse à Pigalle, et Barbes
suit du regard...

La frangine d'Anvers tapine au réverbère
lueur d'espoir ...

Tous les comptoirs usés, les bavards oubliés
ont une histoire ...

Un marabout au bar à bout de baratin
de magie noire ...

Moi qui boit tout mon fric lui qui noie son Afrique
Garçon ...deux marcs

Visage sans visa m'offre tous ses voyages
ses jours de gloire...

Et d' une pluie qui fait briller le verbe aimer
comme un caviar ...

J'emporte un passeport comme une goutte d'or
unique et rare...(à Rochechouart)


jeudi 13 août 2009

Belle d'été



Vous êtes fastueuse, aux nombreuses agiles
Vous qui semblez unique, aux autres, immobile
D'un juillet paresseux, impatient feu de paille
L'arbre suspend le ciel et livre une bataille.

J'ai cette faim en moi, voleuse d'étincelles
Furieuse orgie en soie, syrphes et volucelles
Qu'une arme couturière au feston clandestin
Abandonne au printemps et destine au festin.

La cime rugissante au bouquet de nectar
Couve d'une aile, Dante, un front tragique et rare
Le grand livre moqueur ouvre dans la fournaise
Un abîme et son coeur pétillant de Genèses.

Vous êtes fastueuse, aux nombreuses agiles
Vous qui semblez unique, aux autres, immobile
Au juillet paresseux, impatient feu de paille
L'arbre suspend son ciel et livre une bataille.

lundi 10 août 2009

Spiritual



Qu'est-ce qui m'arrive, le monde est beau,
Si tu veux allons voir ensemble
Toutes ces vies de nous qui passent.

Qu'est-ce qui m'arrive, à l'indigo ,
Si tu le veux, teintons ensemble
Tous les murs gris de nos impasses.

Qu'est-ce qui m'arrive, le sol et l'eau
Si tu veux allons boire ensemble
La terre fendue devenue grasse.

Qu'est-ce qui m'arrive j'ai sous la peau
Si tu veux comptons les ensemble
D'autres couleurs autant de races.

Qu'est-ce qui m'arrive, j'ai le coeur chaud
Si tu le sens, brûlons ensemble
Tous ces drapeaux de guerre lasses.

Qu'est-ce qui m'arrive, quels sont ces mots
Si tu veux taisons les ensemble
Rien dire et s'entendre à la place.

Qu'est-ce qui m'arrive, do mi sol do
Si tu le veux, dansons ensemble
De cet amour, laissons la trace.

Qu'est-ce qui m'arrive, le monde est beau,
Si tu veux aimons le ensemble
Toute la vie, viens, on s'embrasse.

Qu'est-ce qui m'arrive, un jour, bientôt
Si tu le veux, pleurons ensemble
Le monde est beau, trop tard hélas.

jeudi 6 août 2009

La mer à boire



Et la mer sans mémoire
Mêle aux larmes sa brume
Un camaïeu d'écumes
Lamé d'or et de moire.

Et la mer sans mémoire
De l'amant démuni
Admire, désunit
Les émois du miroir.

Et la mer sans mémoire
De l'ennemi infâme
Elime fine lame
Son âme amère et noire.

Et la mer sans mémoire
A tout moment arrime,
Marie marée intime,
Manuscrit et grimoire.

Et la mer sans mémoire
Etame nos humeurs.
Emane une rumeur
Une lueur d'espoir.

Et la mer sans mémoire
Mêle aux larmes sa brume
Un camaïeu d'écumes
Lamé d'or et de moire.


vendredi 31 juillet 2009

Distique apocryphe...



....et cathartique en rimes de luxe

A qui résume son émotion en déclarant ni dieu ni maître
Ou qui mesure le sentiment comme un vieux con, en geomètre.

(....à ceux qui se la pète)


mercredi 17 juin 2009

Solid body



Au nord du lit la nuit s'avère
Au bord d'un noeud de l'univers
Naître d'un cri ou de l' hiver
N'être qu'un pli à découvert.

Que n'est-ce un coup de revolver
Effet de vie ou fait divers
Tombé du nid mais à l'envers
Le corps a l'air d'un coeur ouvert.

Au nord du lit, en rouge, en vert
Au bord de l'eau la vie s'avère
N'être à l'envie dans un grand verre
Qu'une rivière et quelques vers.

Au nord du lit la vie s'avère
Au bord d'un noeud de l'univers
Naître d'un cri ou de l' hiver
N'être qu'un pli à découvert.


mercredi 27 mai 2009

Savoir vivre



Je n'aurais eu de cesse
Moi qui avais le temps
Autant qu'il y paraisse
De partir et pourtant

De vous à moi j'attends
Encore cette sagesse
Qui trouble tout autant
Ma fin qu'elle vous blesse

Lentement je me presse
De vous à moi j'attends
Un avis de détresse
L'annonce du restant

En ce dernier printemps
Autant qu'il y paraisse
Moi qui avais le temps
Je n'aurais eu de cesse

De vous aimer ou n'est-ce
Trois mouvements deux-temps
Qu'une fausse promesse
Il faut rompre l'instant

Mais je n'ai plus vingt ans
Moi qui n'ai eu de cesse
Et qui avais le temps
Autant qu'il y paraisse

Tant et plus. Par noblesse
J'aimerais en partant
Avouer ma tristesse
Je sais vivre et pourtant

Il faut que je vous laisse


samedi 2 mai 2009

Manière



Jamais ce qui m'émeut ne meurt
Qui ne m'aime
Ni ma peur
Ni ma haine

Et si il a tant de peine
Mon coeur
Même

Est un drame où demeure
D'une mère
A l'enfant qu'on emmène
Avant l'heure
Blême

Ou de l' amant qui pleure
Une chimère

La douleur
Inhumaine

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