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mercredi 17 septembre 2008

X Ray


Mon adversaire vient baiser la terre pour se souvenir de ce que je lui dois

matière première à la fleur de l'âge, dépistage crépusculaire, occurrence de la faiblesse

du temps de ma superbe, la créature traînait déjà sur le trottoir

la cervelle étroite de la ribaude résonne encore

magistrale, tel un marabout elle envoûte le caractère de ce qui est autre

et lui dicte la chronique d'une lâcheté ordinaire face à l'altérité du mal

cause particulière : la liberté s'étend au travers de la sienne

"under control"

les bornes sont dépassées et se limitent aux éclaboussures du grand prédateur

la mort se rit de nous

et on se trompe de colère

la carnassière vendangeuse de boniments retrousse la chair fraîche

elle suspend son salut ravageur à des plaisirs minuscules

"Fiat lux for ever "

ma lumière ne lui appartient plus !

coïtus interuptus ou prise illégale d'intérêt ?

au creux de ce chaos organique, la molécule devient

administrateur de la résilience et dépositaire d'une parodie de sérénité,

entracte cellulaire, anatomie de l'atome

retrouver l'universalité du détail, percer la vérité de l'infime,

quel est ce Gang Bang civilisé qui hante ma pensée joufflue

un doigt dans l'orifice un autre sur la bouche

quel est ce trou noir originel, aux issues parallèles qui se métastasent

pauvre Danny boy, tu mélanges ta ballade fiévreuse et l' anorexie free-style de Proust

X Ray 

je prends goût à l'astre d'acier, aux fistules incandescentes qui me greffe un organe tubeless,

je reproduis mes avatars dans l'anarchie la plus complète

minimalisme positif, thèse, anti thèse, ...

vendredi 12 septembre 2008

A.Z


Mon nom ne te dit rien,
dans ses jardins de Nuremberg, la bête furieuse brûle encore les livres,
les lèvres indésirables se sont tues
ceux qui restent, furent dressés à ne voir que ce qu’il y avait de pire

 « Arbeit macht frei »

le devenir, ne fait plus penser à rien d'autre qu'au passé qui s’ouvre.
l'enfer en deuil tapisse sa victoire tranquille, mille saisons hors du temps et encore l' éclat sournois des pourquoi,
au "cimetières des vivants” la confusion finale,

 l'unité de la Folie 

Soumettre ses jours à portée de chien,
rester ce nombre indigo aux chiffres éternels
s’occuper les mains pour mieux bâcler la nuit,
se réfugier dans l'océan glacé du souvenir
mettre en petits tas la misère grise,
au pied du grand orchestre embaumé de rancoeurs originelles

  trébucher sur d'autres polonaises 

contre les murs d'épines, nous avons plié sagement nos voix, fidèles et démesurément vulnérables
un chandelier d'offrandes païennes brûle encore la chair et sa peau de zèbre
choeur d'ombres ruisselantes d'horreur qui écorchent l'âme aux 7 branches ancestrales
répondre à la question que personne ne pose,

   combien de noms sur cette liste ? 

des yeux sans paupières, fixant pour l'éternité les entrailles horizontales du monde
pousser plus loin toujours les restes et les creux qui cherchent un repli sur des planches mutantes
L'étreinte de camphre au ventre du typhus
la montagne de cendre qui recharge le ciel de petits agneaux noirs
essentiel, comment survivre avec ce squelette au fond de soi qui ne demande qu'à sortir ?

   n'en plus finir de s'imiter soi même 

la trahison contagieuse, l'espoir famélique comme une syncope Giacometti,
et ces fragments éparpillés qui se souviennent, hiérarchie de la faim, d'où se sont échappées les étoiles du monde
qui ne savaient rien dire sur des textes qu'elles n'avaient pas écrits

   «le destin est sans morale»  

The stars will remember the gold,
the sun will remember the shoes,
the moon will remember the skin.
But who killed the Jews,

(Riddle- William Heyen 1940)

mardi 12 août 2008

Bella ciao


il était ouvrier, fils d'ouvrier, réfugié espagnol,
à ce qu'on disait,
pas grand chose, trois fois rien
toujours mieux que rien mais...
guère plus,

la guerre justement !

Ypres, Bruges ou Knok-Le-Zout
elle revenait des Flandres par une plage de 68

ils avaient la classe ouvrière chevillée au coeur
beaux comme des dieux les soirs de frime où ça gueule et ça roule
dans les valses noyées de houblon que l'accordéon dispute au mâchefer de l'humanité

on se prend la langue sur la terre promise qu'on désosse à coups de faucille

on se forge à coups de marteau d'infinies et turbulentes perspectives

l'exil, jusqu'au petit matin blême

Bella ciao

elle, voulait cracher sa vie
sa révolution,
son grand soir,
comme on cache un rictus et de vieux corps à corps
qui jamais ne cicatrisent

les souvenirs d'un autre,

l'autre justement !

celui qui se souvient

le Quotidien du Peuple, le flot mouvant des multitudes

elle avait gagner le droit d'être belle et frottait chaque jour son amour propre à ce papier journal pour ne pas oublier et y voir plus clair

marchande de cycle,
elle pompait dans l'air du temps ce souffle ordinaire
mais gardait dans sa chevelure abondante et corbeau un parfum de mystères et une odeur forte de colle à rustine

il la suivait, silhouette folle qui semblait glisser sur l'écume et la mousse du canal, redessiner son vieux tatouage

relever l'ancre sans plus y croire vraiment
comme un mirage

la pluie de charbon et d'acier avait creusé la brique nue du long faubourg
le béton des villes noires, lui, continuait à ne se souvenir de rien

les ciels crasseux de novembre avaient fini par lessiver le bleu de ses yeux

pâle était le jour et la nuit, le plein et le creux...l'usine

la sirène aux cent mille chiens hurlants finirait bien par se taire
et déchirer un peu plus encore ce qu'il restait de leur vertu

désobéir est un devoir...


mardi 15 janvier 2008

Figure de style


Hé....Mademoiselle
Tu sais c'est quoi ...
Qu'est-ce qui m' arrive
Tu sais c'est quoi ?

Hé....Mademoiselle
Z'êtes trop charmante
Ouaille trop de la balle
Hé....Mademoiselle
Ouaille trop kiffante
Hé... la gazelle

Hé....Mademoiselle
Tu sais c'est quoi ...
Qu'est-ce qui m' arrive
Tu sais c'est quoi ?

Zyva ... tu crains
T'es trop relou
Nawak c't histoire
T'es qu'un bâtard
T'es trop mito
T'es trop chelou
Lâche moi j'te dis
... même pas en rêve !

Hé....Mademoiselle
Tu sais c'est quoi ...
Qu'est-ce qui t' arrive
Tu sais c'est quoi ?

Ziva comment elle t'a vanné
Comm' elle t'a tèje et t'a traité
C'est trop la honte manque de respect
T'es grave vénère t'as pas d'idée
Comme tous les keums de la cité
Tu flippes ta race...devant les meufs
Comme tous les keums de la cité
Tu jures tu craches devant les Keufs

Hé....Mademoiselle
Tu sais c'est quoi ?
Qu'est-ce qui arrive
Tu sais c'est quoi ?

Mais ça s' fait pas .... !
C'est pas une pouff'
T'es un bâtard
Y a d' l'abus ...Grave
Ta mère, j'te dis ...pour l'escalier
Bien trop stylé ...un truc de 'ouf
Bien trop mortelle pour la cité
C'est trop la honte manque de respect

Hé....Mademoiselle
Tu sais c'est quoi ?
Qu'est-ce qui m' arrive
Tu sais c'est quoi ?

J'suis un bouffon,
Et J' flippe ma race.
Dans mon quartier
Ouaille quand tu passes .

Hé....Mademoiselle
Tu sais c'est quoi ?


jeudi 6 décembre 2007

Des souris et des hommes (1)


Au rencard des tricards
Y a pas d' caresse
45 piges....15 au placard,
Ca laisse pas bézef pour les câlins et la tendresse.

Y a pas ... j'étais un peu rouillé
Comme qui dirait sur la touche, bref...
Pas de quoi rouler les mécaniques.


"Regarde, regarde dans la flotte,
Toutes ces p'tites lumières qui clignotent
On dirait comme un soir de Noël
Qu'aurait plein d' étoiles dans sa hotte ..."


Quand elle s'est mise à causer
On aurait dit un p'tit oiseau,
Un chant d'alouette ...

Elle en avait dans les mirettes
Comme un ciel triste de novembre
J'ai pas ouvert le bec.

Dingue comme elle me filait le trac...
Un truc à s' retrouver en vrac,

J'en pinçais déjà sévère ... mais...
Quelle drôle de mouflette.

Elle a posé doucement sa tête sur mézigue
J'en suis resté baba comme deux ronds de flanc
Et me v'la en carafe, ...une vrai lopette

Moi l'cador
Le roi de la faisande,
Le prince de la carambouille
Qu' avais cotoyé frangines, voyous, ordures...

J'étais là, comme une truffe
Avec le battant au bord des lèvres
Comme un demi sel du boniment...

Y a pas de mi-temps pour les tricards!

J'y ai répondu :


"T'es chouette la môme
J'ai l' palpitant qui chamboule pour ta pomme
même si j' entrave que dalle aux souris et aux hommes... "

jeudi 13 septembre 2007

Limite état


18h05 - Année du singe, pétards endiablés
Un gros chinois sur la chaussée mouillée....
Traîne son oriflamme calciné.
....Nǐ hǎo
J'ai l' âme en cercle à China Town

18h09 - 你死我活 有你无我
"à jamais sans toi pour toujours en moi"
Tu parles ...
Quelle connerie ... ces chinoiseries macrobiotiques
Je brûle le papier de la confiserie
Et crache sur le trottoir la pâte de riz gluant.

18h25 - L'écluse du canal me perd un peu...
Je me décale,
L'oiseau mort prisonnier des rouleaux s'est noyé
Son corps sur lui même tourne et retourne en boucle
Au pied d'un buis taillé, je fais aussi la chute
Bancal, au rendez vous des affamés.

18h39 - Voilà ce que je cherche et que je veux savoir
Livraison d'un barda qui me ressemble guère
Un vrai bazar ... transfert, magie noire
Connaître cette douleur sans même l'apercevoir,
Cervelle de vent, bordel dedans

22h48 - ... Le néant se dépose,
La pensée abandonne ma nuit ...
Que dire à ce miroir sans visage
Encore ce rendez-vous avec lui, moi ...
Cette misère de vie à l'envers
L'homme sorti trop vite du ventre de l'enfant.

00h25- Et quand enfin je sors
Aux frontières de moi même,
Je tiens toute la rue
Tout ces gens parlant seul, à leur main
Donnent leurs coups de rein
Moi j'ai le goût de rien
Effet de mort

01h35- J'ai envie de tout... laisser aller le corps
Effet de vie? sans garantie
Effet de bord, donner un contour neuf aux mots
Et me cacher à l'intérieur,
Pleurer et rire plus fort...

02h25 - l'Express était peut-être là ?
Le bonheur redémarre ...
A portée de mes mains dures
Mais je passe sans l'entendre
Couvert de cette peau noire
Enveloppe intouchable,
Mutilée sur mesure
Sans limite
No futur

02h34 - Je range mes émotions
Comme on range sa chambre
Tout doit disparaître
Vide, je m'efface
Dans l' urgence.

Les sursauts élastiques du temps débitent nos bouts de vie en tranches inégales.

mercredi 29 août 2007

2 minutes...


...à la 2ème minute de cette 2ème heure du 2ème jour de février de l'an 2002 j'ai ressenti l'émotion unique de l'instant rare et inutile, de cette fantaisie calendaire et numérique morceau d'éternité qui se penche dilétente vers une conscience universelle ... J'étais le temps qui passe, l' éclair rigide et froid et le même frisson métalique dans ce faux rythme suspendu au dessus du continuum infini .... au coeur du temps mais au centre de la terre dans un même souffle, un même battement d'aile de papillon tropical....


Ce siècle avait 2 ans...



lundi 31 juillet 2006

Image in Air



La lecture photographique est un braconnage visuel au travers duquel le lecteur, dans son intimité, recompose l'image qui lui est dévoilée en introduisant son propre univers.

Invitation à l'imposture "égo-graphique" au transfert pictural, l'arrêt sur image opère une discrète mutation le rendant auteur d'une transgression complice. Observateur discret devient bohémien intime recéleur d'émotions qui interprète en devoir de mémoire, la nostalgie d'un autre. Prise de vue et prose de vie se superposent, se fondent en un miroir énigmatique qui suggère détour de sens, indolente corruption, éphémère résurgence, digression extravagante... Naufragé solitaire d'une "littérature de l'instant", emporte ce regard familier, cet écho irrésolu.

Vagabond insolite, étrange artiste, étourdi d'ombres originales laisse en partant la porte ouverte et, singulier hommage, passe ton chemin imaginair. Reflets argentiques longtemps abandonnés, pixels agités et par défaut jetés pêle-mêle,... ne sont qu'images en l'air!