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jeudi 27 octobre 2011

Marché noir



à mots comptés
débusquer la lumière
à son élargissement
le fief où elle sévit

vertiges en bandoulière
n'être à ce couvre feu
que l'élément premier
d'autres déportations

au plat du jour
la zone libre est une langue mal habillée

plus bas que le silence
les succès damnés
sont à voir cul sec
jusqu'à l'extrémité de l'imprévu

épée de blé ou loi martiale
les ventres désœuvrés règnent sur la bouche absolue

mercredi 19 octobre 2011

jusqu'au bout des yeux



j'habite un sensible commun
le radieux désespoir
d'une figure hostile

je ne croyais pas qu'on pouvait voir si loin
jusqu'au bout des yeux se perdre
sans ne jamais partir

le profond édifice commande à l'unité des différences
une ordonnance de toute nécessité
le sang de l'amour aux entrailles de l'universel

boulevard des évasions
la marée ponctuelle comme une usine
inonde la ville qui est en moi

telle une nappe phréatique
elle verse son pluriel majuscule
d'une écriture par contagion cette leçon d'adieux

lundi 17 octobre 2011

derviche



comme il faisait bon vivre
au socle des vertiges

impatient et avide

à ton cœur partisan de nos apothéoses
j'épingle les guêtres de la nuit
le greatest hit de nos pensées sauvages

comme il faisait bon vivre
mon ange sous le regard bleuté
des ombres aiguisées par nos paupières mi-closes

vendredi 7 octobre 2011

le temps devenu



il fait loin
et j'ai fini d'attendre

d'un même matin la digue a su
l'écume d'un autre

où je suis
mon ombre ne me ressemble plus

j'aurais du croire les oubliés d'une saison mal apprise
ces étourdis et leur fourbi de langue

mis bout à bout
les jours ne font plus la semaine
la main où je les tiens
a parlé d'octobre pour ne rien dire

il fait loin
et j'ai fini d'attendre

mercredi 5 octobre 2011

maison des éclipses



le dedans est au frais des mots
une ombre inconnue
flou comme nos jours

défaillance et illusion
que le réel dispute au récif vulnérable

seule sous le regard précipité de l'obscur
domine la faute de frappe
une figure de sel à griffer les joues

lettre tue
orpheline ouvrant une bouche à la terre
dessine au motif de l'invisible
le grief pluriel d'un poème en bloc

le dedans est au frais des mots
une pénitence à l'abondante saison

(hindsight)

mardi 27 septembre 2011

vice de forme



hors du fini
souverain distrait de l'inactuel
l'été n'abdique pas

dans une sapide naïveté
les jours coquelicot ne veulent pas changer de main

las d'être vain je me suis perdu
à vouloir faire entendre le plus ténu
l'inflexible douceur

un à côté des choses porteur de lumière

l'infime au presque indicible

mardi 13 septembre 2011

rétroactif



quand l'under gronde
je redécouvre l'ambition de vérité
d'une cité piétinée qui ronge la pensée

les trottoirs flous de l'indifférence
ont des barreaux à ciel ouvert

effondré à ce théâtre de la cruauté
l'état d'âme verse en préhistoire à la folie
le déjà là de la mort

un supplice improvisé
où le fin mot de la déraison engage le temps du monde

l'existence reste une faute de frappe
un déchirement sans réconciliation

mercredi 7 septembre 2011

Gaspard de la nuit



qu'as-tu fait de ma bouche
te rappelleras-tu les serments et la fièvre
le front pâle et la hanche où les rêves se couchent
qu'as-tu fait de l'errance aux mots chargés de lèvres
qu'as-tu fait de ma bouche

devrai-je encore te suivre
apprendre à faire silence
et m'en remplir les yeux
puisque tu ne sais plus ce que parler veut dire

mardi 6 septembre 2011

sans toi



octobre est sur les lèvres

je t'ai sue
à l'encre inclinée
toute taillée dans le triangle de l'été

je t'ai sue
au dernier indigo de la voûte
folle somptueuse dans l'éclat précieux du profond

mais on ne remercie pas l'étincelle
pour son cri planté dans la foule

octobre est sur les lèvres

je t'ai sue
à mes yeux inutiles

samedi 27 août 2011

entre deux mers



AU pays où pousse le grand large
c'est pour la voir entière et prolongée
que le ciel a fait haut son domaine

le lointain replié prend la nuit par la taille

plus proche il sait ce que vaut le silence
une chose posée entre deux mers
qui se JETTE dans ma tête

je ne connais aucune langue pour la traverser

vendredi 26 août 2011

du temps des autres



sans mot lavande
ni ruban de cocagne

le temps de la mansarde
s'en est allé

de ce lointain repos
la pluie s'en vient
l'été sans rien

le temps de croire aux épaules nues
de s'étonner que l'aube porte à l'amour

la pluie s'en vient
l'été sans rien

sur la mansarde
la nuit s'est refermée
"au bord des mains qu'elle a laissées"

dimanche 21 août 2011

au dernier mégot de la nuit



au dernier mégot de la nuit
quand le siècle transpire et parle noir
j'abhorre sa triste haleine à vos charrois hostile

sur les épaules de ruine
s'écrase l'urgence de la rue
une rigueur couchée dans la distance grise

exil aux vains degrés de parcelle
le ciel mutilé de la ville
verse une loi de surface à dévorer les dos

à mes inquiets au corps désert
solitaires en carton
alliés impénétrables aux violences précoces
du fond de vos tanières
les temps obscurs sonnent
comme autant de ventres creux

quand le siècle transpire et parle noir
au dernier mégot de la nuit
j'abhorre sa triste haleine à vos charrois hostile


vendredi 19 août 2011

l'impossible langage



parle, ment
immunité inhumaine

dans le creux d'un corps à regagner l'automne
l'organe a poussé ses soupirs de pacotille

l'instant d'un fluide précieux
il perpétue dans l'élection de la chose prodigue
sa réalité désaffectée

prisonniers d'un monstre tiède
les sursauts ordinaires suscitent et s'insinuent
dissipent au pied de la lettre une fragilité lucide
la maigre pitance aux âmes inclinées

parle, ment
immunité inhumaine

à la hauteur du mot juste
subsiste un privilège de membrane
une déficience libérée sur parole

dans une retenue aiguisée
se dresse un inventaire de regrets

le souvenir d'une rencontre
qui s'entête à la source de l'inutile
mais ne peut se résoudre au seuil

"Le temps qui m'est donné, que l'amour le prolonge." RGC

jeudi 18 août 2011

l'été des petites choses



la fenêtre qui s'ouvre sur la nuit indigo

le souffle transparent qui parle du silence

une enjambée de chat à la première lueur

l'impromptu assorti à ta robe de chair

l’intime de mes reins à tes mains de bohème

au vin nouveau et son chahut de mots

nos bouches téméraires

tout un été qui passe
au rien des petites choses

lundi 8 août 2011

l'amant tardif



ami de l'âme
remettre l'eau à la bouche
à faire boiter les défaillances

comme un jeu d'été
éparpiller les environs dociles
en prévision de nouvelles élégances

royal
dans l'élévation tardive
tenter le diable à deux dos

à l'instant de bascule
corriger la hanche muette
au corps plié d'urgence
réapprendre à jouer avec le feu


jeudi 4 août 2011

avant l'heure du bruit



marcher sur l’eau derrière l’obstacle
rejoindre le pas tendu des nuages
jusqu’au point où les courants coupés de mer
déroulent au grand large leur retrait prochain

le ciel d'audace est à la parade
il se souvient de la rime hautaine des eaux de là
se réclamant de l'inouï pour mieux se confronter au renoncement

sans le savoir la mer est ronde
elle tourne en nous
telle une roulette à l'abord incertain
un principe de hasard où s'insinue
une martingale de vent aux versets ambulants

avant l'heure du bruit
sur la grève repliée
il nous faut ces lointains humides
pour mieux nous rapprocher

la vérité secrète des choses sensibles
tranche la vie à chaque pas

mardi 2 août 2011

à la nue accablante



minuit des éloges
tout se rassemble
en prévision d'un horizon debout

je t'ai su à ce manteau d'écume
abscons décousue aux dessous de nuit
abasourdie comme si l'union faisait le sommeil

minuit des éloges
tout se rassemble là-bas
à faire déborder l'alentour

nos défaillances d'ailleurs
dans l'épaisseur érigée de mots d'hier

"à la nue accablante"

mardi 26 juillet 2011

la nuit mieux qu'avant



toi ici
de veille ardente au doigt bleu
tel un culte en son dernier carré
sois l'arbre à clous, le pitre de l'hiver
ce tronc fendu à la fenêtre des jours

ton terrassement est une fondation première
une œuvre qui fait briller à hauteur de nos formes
les ombres passées et laisse à chacun sa juste part

d'une main continue à tes nœuds de pays
tu fais le panier du simple
l'essence qui garde au chaud le secret des absents

si l'orage a défait ton ciel
dégagé de toute substance
l'aubier parle de la nuit mieux qu'avant

toi ici
en ce dernier carré à la fenêtre des jours
sois l'arbre à clous, le pitre de l'hiver


dimanche 24 juillet 2011

La vie rêvée



la vie rêvée aux larmes tues
susurre ses avaries de rue
un rituel de turpitudes

la lie aux nues rares
que la nature intime
aux âmes en haillons

des ouailles aux lèvres taries
arpenteurs affranchis

arides en silhouettes
de fièvre que l'on devine
aux désœuvrés en havre

la vie rêvée aux larmes
tue

jeudi 21 juillet 2011

Les vagues



à la prochaine déshabillée
aux vagues d'un même matin
les eaux me presseront

je ne parlerai pas
je ne douterai plus

juste un sentiment à déplier
écrit sur le retrait
lisible à peine

la voix qui se donne et se retire
se donne et se retire

comme un roman de fugue
qui verse un soir dans l'autre


"Rien ne devrait recevoir un nom, de peur que ce nom même le transforme "
Virginia Woolf

jeudi 14 juillet 2011

la chose fériée



bien ramassés autour de l'été
les jours ont fini par boucler leur année

le camelot impose son boniment de platine

aux voix vives qu'on sent bouger dans l’épaisseur
l'éparpillement et la liaison

au tumulte abusé l'étrangère légion

titres et dignités,
rubans, rosettes, croix et médailles

l'esprit cadencé au grand jour lève l'encre
il revendique à tour de bras sur son cahier de rue
sa lassitude au tricolore à la chose fériée

titres et dignités,
rubans, rosettes, croix et médailles

aux inédits ébats du pavé
les belles parisiennes
sont à leur tour de champs
les filles à pompier défient le défilé


lundi 27 juin 2011

Attends moi longtemps



  prends garde à tes regards
                   ICI
              saisi au plus secret
dans l'autre siècle
REPOSE
       de qui t'enlève
une OMBRE
sans reproche
                       et l'inouï ému
  aussi loin qu'un endroit
                SOLITAIRE éperdue
aujourd'hui ne sait rien
                         et je ne suis personne
"Attends moi longtemps"

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