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jeudi 7 décembre 2017

transfert


imprévisible désert
mais quel esclave es-tu
qui libère en nous
cette part d'infini

ciel contre ciel
je connais une pierre
de patience au sable nu
sans appel qui tranche
nos âmes contenues
en rondelles et telle
une arme blanche
perce cent puits de larmes
pour une absente aigüe

à Sarah A

transfert

lundi 27 novembre 2017

équinoxe


à ce pari tendu
tout est présent
sur le qui vive

où possibles sont
grises crevettes
étrilles moirées
et autres coques fines

au sel de fruit
comme on se défait de soi
d'une mer dépassée
chacun y va de sa petite pêche
de sa petite bêche
où l'écume se retient

quel miroir s'inventer
légende de belles vagues vertes
à l'implacable clarté

toi qui ne sais qu'essuyer
de mes pieds froids
le sable vif incrusté

jeudi 23 novembre 2017

hydrofuge


tireur d'élite
encore tout un matin à défaire

l'échappée ou l'esquive
une infortune de falaise
au romantisme inversé

enclin à l'intact
le temps ici se dresse
face au récif

pierre après pierre
comprendre enfin le sol natal
cette géographie secrète
condamnée aux minutes du vent

lui faire dire ce qu'elle entend
l'eau droite de l'ému
le frêle et l'esquif
car en se taisant il me parle

un mot à mot d'urgence qui scelle
une parole à prise rapide


samedi 4 novembre 2017

réflexion (2)


falaise
toute une année d'errance
se retient à l'azur

comme le vent tourne dans son désir
l'eau forte est sur la brèche
ronge les mots du temps

l'usure est sans retour
invoque l'imminence
au précipice
ne laissant à la pierre
le temps de réfléchir

mercredi 1 novembre 2017

vivement


en ce matin entier
le vent en a fini de son usure
le point du jour s'échine aux lèvres du passé

vivement nous
l'abord et le rebond
toute une éternité de hasard

de cette échappée belle
j'envoie avec les yeux
un vivement doux à nos autres prochains

vendredi 27 octobre 2017

fausse commune (je ne sais)


je ne sais de misère
que cette bête en moi
moribonde acharnée
errant au plus profond
mais qui recherche au bord
tapis là aux abois
une chaleur docile
la douceur de ce bras
d'autres ailleurs
peut-être

et tout est caché là
qui tourne tourne en rond
dans les formes fragiles
aux épluchures du temps
et les accents du corps

je ne sais de misère
que cette bête en moi
moribonde acharnée

et ne sais
de nous deux
ni par quatre chemins
ce qui va
fort ou pas
et la retient encore


lundi 23 octobre 2017

a fresca


j'ai d'autres rêves
que ces pas dans la neige

la lumière de ceux qui ouvrent en secret
le murmure d'un geste soudain

ta bouche sous les arbres
son ruissellement
ce nom propre comme tes cheveux défait
comme si tout devait recommencer toujours

moi qui souris au sens caché du temps
un rien commun tout à côté du tien

toi qui divises cette parole tombée du ciel
comme autant d'armes à la nuit claire

vendredi 20 octobre 2017

têtu


basse mer
sur le qui vive
mes yeux commencent avec toi

au jour point
ce coup d'esquive
à ton rudiment de calcaire
tout retourné d'oiseaux et de vent

courte terre
avec si peu de feu au bord
les bras têtus à ton limon serein

dire qu'il faudra se taire
et faire avec
encore

vendredi 29 septembre 2017

pause


j'ai bu la coupe d'un ciel d'esbroufe
rêvé d'un corps incandescent
tout agité encore du drap de nos félicités anciennes

j'ai comme un demi-mal qui vient de bien plus loin
regardé en toi la chambre devenue
cet épais vacillant portant le souvenir
chargé de soirs et de matins fidèles

sous le tirant fleuri de l'instant
pauvre vieillard saturé
une partie d'homme à la porte des apparences
renonce au feu meurtri du voyage

cent mots sans bouche
tel un reflet tendre de la moindre des choses
nos cœurs à se confondre ont arrangé le reste
comme un geste soudain mais qui ne s'entend pas

lundi 25 septembre 2017

.../


à l'alphabet
de ceux qui osent
impose le teint blême

quarante jours
sans pain ni prose
et ce carême

ne m'oblige pas à prendre
dans l'ombre des portes
une autre pose
un de ces trains qui partent à l'Est

le moindre mot est un blasphème
en ce poème à toi qui même
de ce carré de mémoire
m'aime

vendredi 22 septembre 2017

verticale limite


tel un corps étranger
ramassée et brutale
voici l'étreinte sans partage
marquant la chair

dans sa fuite d'ombre parfaite
l'accolade somnambule
dicte tout ce qui reste à perdre

un désastre incliné
à la parole oblique
qui célèbre l'union sauvage de l'extrême et de l'intime

tout ce qui va partir se rejoint
recherchant dans l'autre précieux
non pas le feu incomplet
mais les paupières ultimes de la nuit

mercredi 20 septembre 2017

villégiature (alternate take 2017)


je te veux à la corde
accomplie
rassasiée de ces jours bleus de Manche

petite idée foraine en ligne de fuite
la pluie a mis des gants de puisage
pour épouser nos fondations

mais qu'allons-nous faire de son fleuve

samedi 16 septembre 2017

copyright


copyleft moi

donne moi azur et tout
sous les nuages
et lèvres douces autant
sur le visage
laisse moi faire mise au point
focus ou arrêt sur image

ta prose de vie
sans droit d'auteur
cent fois
ni loi
m'a prise de vue

copyleft moi

mercredi 13 septembre 2017

résilience


que tu n’ailles point
d'une épaule violente
rompre la baie furieuse
de nos histoires anciennes

ce qu'il reste de nuit
les odeurs de l'enfance
et cette route ouverte
sur un ciel en bataille

contre poème
bon cœur
isole ce qui peut l'être
essuie ta peine
au tablier du temps
celui des retrouvailles

si les yeux singuliers
qui t'ont vu naître
s'obstinent au rivage
qu'au tiède azur tu consentes
enfin abattre la muraille
et faire briller au fond des tiens
les lumières du grand large

lundi 4 septembre 2017

novice


peut-être le bruit
le poète immobile
a choisi
nos bras ballants
pour poser son silence

de l'autre
il nous apprend le meilleur des lèvres
comme un trait incertain
dresserait sa parole

son étoile est perdue
qui règle nos morceaux de fatigue
et nous retrouve vifs
les yeux pleins et cernés
aux doigts ferrés de la nuit

jeudi 31 août 2017

me suive...


qui même
tel un pitre
comme on crache par terre
aussi vite choisi
qu'un poème oublié

derrière la vitre
à l'heure nouvelle
la grosse pluie d'ici
s'en vient défaire
comme une eau doit couper
ce que l'été a fait

de quel abîme aussi
rendre l'ombre gonflée
cette vague coupable
à nos pieds déposée

mercredi 30 août 2017

sirocco


il me souvient
ce "désir sans douceur"
la course folle de nos pas
aux pieds parfaits

le long chemin de vérité
que nous prenions à la légère
qui dans son dévoilement
portait la doxa
d'un troupeau monstrueux
à l'opinion confuse

en nous tremblaient déjà
les ventres chauds de l'été
ce très grand vent de sable
entre désert et méditerranée

samedi 26 août 2017

alternate take


prendre l'eau
cette poésie du milieu
qui s'écrit vers la mer

une racontée
comme on revient de l'été

une espèce de drôlerie
qui n'y va pas par quatre chemins
mais qui échoue à nous dire

mardi 22 août 2017

bleu de Gênes


sur le front du jour
dès la première ardeur
le ciel ouvert rend hommage
à la grande agitée de l'amont

unissant la lumière à la peur
la roche fascinante
offre une revanche de couleurs
au temps qui délave mollement
tous les bleus de sa côte

elle fait semblant de fuir
et "le tue en l'émerveillant"

jeudi 27 juillet 2017

terre-mer


quand l'intérim
paie sa tournée
façon grands ducs

bavard des yeux
c'est du brutal au comptoir
qui range la boutique
et ma douleur intra-muros
dans sa boite de nuit

le destin y travaille au noir
à de nouvelles frontières
et grand seigneur du périmètre
invente un autre territoire

lundi 17 juillet 2017

Eloge


comme un lundi brisé
en ce lointain énorme
toujours le même endroit
à son trop plein de ciel

toujours
le même cœur plié
à recracher les touffes de nuit
un "rêve privé de paysage"

et soudain
d'un bleu inachevé

la mer

mercredi 12 juillet 2017

malin


qu'épuise le désir
et le silence ardent
l'errante maladie
attendre
encore un peu
d'autres plus jamais ça

de quelle éternité relève
ce vent têtu
à rebondir encore
sous la forme du temps
qui miaule qui implore
le poison et le fiel

de quel abîme ce corps
comme l'emporte pièce
découpe un seuil au bord
et tout le bleu du ciel

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