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vendredi 29 septembre 2017

pause


j'ai bu la coupe d'un ciel d'esbroufe
rêvé d'un corps incandescent
tout agité encore du drap de nos félicités anciennes

j'ai comme un demi-mal qui vient de bien plus loin
regardé en toi la chambre devenue
cet épais vacillant portant le souvenir
chargé de soirs et de matins fidèles

sous le tirant fleuri de l'instant
pauvre vieillard saturé
une partie d'homme à la porte des apparences
renonce au feu meurtri du voyage

cent mots sans bouche
tel un reflet tendre de la moindre des choses
nos cœurs à se confondre ont arrangé le reste
comme un geste soudain mais qui ne s'entend pas

lundi 25 septembre 2017

.../


à l'alphabet
de ceux qui osent
impose le teint blême

quarante jours
sans pain ni prose
et ce carême

ne m'oblige pas à prendre
dans l'ombre des portes
une autre pose
un de ces trains qui partent à l'Est

le moindre mot est un blasphème
en ce poème à toi qui même
de ce carré de mémoire
m'aime

vendredi 22 septembre 2017

verticale limite


tel un corps étranger
ramassée et brutale
voici l'étreinte sans partage
marquant la chair

dans sa fuite d'ombre parfaite
l'accolade somnambule
dicte tout ce qui reste à perdre

un désastre incliné
à la parole oblique
qui célèbre l'union sauvage de l'extrême et de l'intime

tout ce qui va partir se rejoint
recherchant dans l'autre précieux
non pas le feu incomplet
mais les paupières ultimes de la nuit

mercredi 20 septembre 2017

villégiature (alternate take 2017)


je te veux à la corde
accomplie
rassasiée de ces jours bleus de Manche

petite idée foraine en ligne de fuite
la pluie a mis des gants de puisage
pour épouser nos fondations

mais qu'allons-nous faire de son fleuve

samedi 16 septembre 2017

copyright


copyleft moi

donne moi azur et tout
sous les nuages
et lèvres douces autant
sur le visage
laisse moi faire mise au point
focus ou arrêt sur image

ta prose de vie
sans droit d'auteur
cent fois
ni loi
m'a prise de vue

copyleft moi

mercredi 13 septembre 2017

résilience


que tu n’ailles point
d'une épaule violente
rompre la baie furieuse
de nos histoires anciennes

ce qu'il reste de nuit
les odeurs de l'enfance
et cette route ouverte
sur un ciel en bataille

contre poème
bon cœur
isole ce qui peut l'être
essuie ta peine
au tablier du temps
celui des retrouvailles

si les yeux singuliers
qui t'ont vu naître
s'obstinent au rivage
qu'au tiède azur tu consentes
enfin abattre la muraille
et faire briller au fond des tiens
les lumières du grand large

lundi 4 septembre 2017

novice


peut-être le bruit
le poète immobile
a choisi
nos bras ballants
pour poser son silence

de l'autre
il nous apprend le meilleur des lèvres
comme un trait incertain
dresserait sa parole

son étoile est perdue
qui règle nos morceaux de fatigue
et nous retrouve vifs
les yeux pleins et cernés
aux doigts ferrés de la nuit

jeudi 31 août 2017

me suive...


qui même
tel un pitre
comme on crache par terre
aussi vite choisi
qu'un poème oublié

derrière la vitre
à l'heure nouvelle
la grosse pluie d'ici
s'en vient défaire
comme une eau doit couper
ce que l'été a fait

de quel abîme aussi
rendre l'ombre gonflée
cette vague coupable
à nos pieds déposée

mercredi 30 août 2017

sirocco


il me souvient
ce "désir sans douceur"
la course folle de nos pas
aux pieds parfaits

le long chemin de vérité
que nous prenions à la légère
qui dans son dévoilement
portait la doxa
d'un troupeau monstrueux
à l'opinion confuse

en nous tremblaient déjà
les ventres chauds de l'été
ce très grand vent de sable
entre désert et méditerranée

samedi 26 août 2017

alternate take


prendre l'eau
cette poésie du milieu
qui s'écrit vers la mer

une racontée
comme on revient de l'été

une espèce de drôlerie
qui n'y va pas par quatre chemins
mais qui échoue à nous dire

mardi 22 août 2017

bleu de Gênes


sur le front du jour
dès la première ardeur
le ciel ouvert rend hommage
à la grande agitée de l'amont

unissant la lumière à la peur
la roche fascinante
offre une revanche de couleurs
au temps qui délave mollement
tous les bleus de sa côte

elle fait semblant de fuir
et "le tue en l'émerveillant"

jeudi 27 juillet 2017

terre-mer


quand l'intérim
paie sa tournée
façon grands ducs

bavard des yeux
c'est du brutal au comptoir
qui range la boutique
et ma douleur intra-muros
dans sa boite de nuit

le destin y travaille au noir
à de nouvelles frontières
et grand seigneur du périmètre
invente un autre territoire

lundi 17 juillet 2017

Eloge


comme un lundi brisé
en ce lointain énorme
toujours le même endroit
à son trop plein de ciel

toujours
le même cœur plié
à recracher les touffes de nuit
un "rêve privé de paysage"

et soudain
d'un bleu inachevé

la mer

mercredi 12 juillet 2017

malin


qu'épuise le désir
et le silence ardent
l'errante maladie
attendre
encore un peu
d'autres plus jamais ça

de quelle éternité relève
ce vent têtu
à rebondir encore
sous la forme du temps
qui miaule qui implore
le poison et le fiel

de quel abîme ce corps
comme l'emporte pièce
découpe un seuil au bord
et tout le bleu du ciel

acte sud


et sinon moi
ému
dans de lointaines chambres

en cet arrière pays
plus ou moins bas
qui boîte

quel autre inespéré
aux éveillés dans l'ombre
qui boit entre les lignes
et voit passer en nombre
les errants droits flottants

et pour seule réponse
à cet absent aigu
une absence de signe
d'un monde qui renonce

au bois brulé brulant
à ce pluriel ailleurs
à la bouée du temps
accroché
ballotant
recommencer à vivre
de ce passage autant

finir ici
meilleur
et n'y plus revenir
recommencer à vivre
pour se sentir vivant

samedi 8 juillet 2017

...


aux bras courts de
l'été

juillet
juillet
juillet

ton matin a levé
j'ai rencontré
sa langue bleue d'ailleurs

comme d'aucun ciel
la belle idée
aux mots fériés

mardi 4 juillet 2017

figuré (2)


au jardin du flou
traîne un fieffé tourment
dans ce capharnaüm humide
la brume appelle à disparaître
il faut toute la science du nuage
pour la faire sienne

sapin pluvieux
peu importe l'aiguille
au vent qui te plie
en son voyage oblique

inspecte le temps qu'il faut
aux planches de la terre
désormais plus courte que le jour
la nuit est à la fois la clé et la serrure

vendredi 30 juin 2017

.../


la joie de mai
qui nous enjoint
ce mois de juin
qui nous aima

jeudi 29 juin 2017

"aux archives du souffle"


museau contre museau
se passer le cailloux
de bouche en bouche

/
de l'autre côté de ta main 
rester l'idiot du monde

/
tous les temps sont bons
à la mécanique du ciel
ce jardin d'ombre
qui a mal aux autres

/
comme une gourmandise
au livre de pierre
reste soumise
sinon l'étreinte
à brule pourpoint

vendredi 23 juin 2017

Guitar hero


j'ai la mémoire dans les doigts
moi l'infidèle qui fait souvent
la sourde oreille

mais tout autant
quand se glisse
sur un genoux
ton bois précieux
et doux
là sur ma cuisse

j'aime la rondeur
de tes éclisses
et le tempo
et les coulisses
un corps accord
sur ma peau lisse

mardi 20 juin 2017

...


j'emporterai
ces images aux aguets
à ce bois de lisière
qui roule sur les mots
ceux des dernières fois

chevreuil d'acier
autant d’ardeur
le trépas sous nos yeux
comme un lieu d'évidence

palissade funeste
un râle monte en toi
et d'un ultime souffle
bondissant sur tes planches
un lourd silence de juin
et des cloches muettes

le pain avait la bouche pleine
condamnée à l'étreinte
dans le sang et la chair
sur nos lèvres soumises
bien trop de peine
pour pouvoir y goûter

lundi 12 juin 2017

chouïa


en voilà bien
des milles et des cents
en voilà bien de la poésie

affranchi du réel
le petit monsieur du marché
ne t'a pas reconnu
a craché sur ton soir

pourtant
je lui avais parlé de toi toute la nuit

c'est dans l'ordre des choses
peut-être avait-il déjà franchi la ligne
et plus rien à te dire ?

en voilà bien de la poésie
des milles et des cents
toi de retour à tes pénates

à leur trottoir à leur talent
les chinoises du faubourg
accueillent aussi le dernier client
d'un crachat sur un bout de trottoir

d'une fraternité augmentée
manière de signature
qui en vaut bien une autre
elles s'en donnent à cœur joie

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