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vendredi 14 septembre 2018

grande marée


je te veux à la corde

accomplie

petite idée foraine
en ligne de fuite

ma racontée
comme on revient de l'été
rassasiée de ces jours bleus de Manche

ton accolade somnambule

dicte en nous tout ce qui reste
à perdre

tel un troupeau monstrueux
dans son dévoilement
la course folle de nos pas
aux pieds imparfaits
le long chemin de vérité
que nous prenions à la légère
la pluie à l'opinion confuse
qui ne sait que faire de son fleuve

tu prends l'eau pour un autre demain
mais c'est déjà hier
de l'autre côté
et tous tes mots s'écrivent vers la mer

samedi 8 septembre 2018

walou


la verve éparse
dans l'ombre des portes
inédite aux mots de bois brûlé

ta foule dans la foule
s'offre un désert clé en main
et toute sa chaleur pour rien

pas même une seule chose
mot à mot
le grand walou
d'une terre étrangère
qui se lit sur les lèvres de l'autre

jeudi 6 septembre 2018

que diable


et quand le vent rapporte
sur mes mots
de réserve
sans retour

posé devant ma porte
tout ton amour

alors
que le diable m'emporte

jeudi 30 août 2018

gardian angel


si proche du silence
qui veille
à la manière d'un ange
qu'aurais-tu à offrir
ma merveilleuse
que cet autre moi même
que je n'aurais pas eu
comme petite chance
une mémoire poreuse
qui oublie contre toi
ce peu de mots d'ailleurs
ma douce
mon autre moi-même
mon ange

angel2

lundi 27 août 2018

serial letter


m
la lettre
aller retour
qui s'en va
qui revient
au pas
ou pas
et qui préfère
à naître
qu'au jour le jour
même
et n'être
que petit rien
suite de mots
au long cour
et
plutôt qu'une lettre
de trop
du tout
n
une lettre d'amour

vendredi 24 août 2018

cœur

la mer
n’a plus d’heure
ne reste en mon cœur
que ton Louvre
d'amour et d'humeur

jeudi 23 août 2018

.../


poète
nos chaises seront vides
et nos cœurs gros
qui ne savent plus aller

poète
ils te feront la misère
l'impossible tempête

poète

"j'ai suivi ton conseil
je me suis oublié
et là

je t'ai perdu"

vendredi 3 août 2018

.../


n'amasse pas mousse
garde ça
respire avec
comme ce déjeuner de soleil
viens t'en vite
et ne repars
jamais
plus

vendredi 20 juillet 2018

chouïa


mettre un doigt sur la blessure du monde
appuyer là ou ça fait mal
abandonner le coquelicot de la raison
le temps fou des mots vains
autant que faire
ce feu de tout bois
et table rase
ce peu

le petit quelqu'un
qu'il m'est donner
de défaire

ou la grande émotion dégriffée
derrière la pluie
enfin tombée
une razzia d'été

mardi 17 juillet 2018

.../


au ciel de fatigue
malgré les attaches
tout ce chahut à nous défaire

un tremblement du temps
l'impatience du jour à devenir demain

et la vie sans relâche
toujours allant

garde nos pieds sur terre
et nos yeux sans adresse

jeudi 5 juillet 2018

.../..


déshabiller le jour
à y mettre nos yeux
celui là
plutôt qu'un autre
sur le pouce
et pas plus haut
que l'été
déjà habitué à nous

mardi 3 juillet 2018

bleu d'avance


la nuit
toujours la mer
à répandre
son bleu d'avance
au travail du noir
et qui pose un lapin éternel
à l'obscurité dilettante

dimanche 1 juillet 2018

quatre vents


j'aime à le dire
que je ne puisse me passer d'eux
autour des choses et le silence
me laisser prendre par le menton
dans tous les genres de renoncements
au quatre vents
magnifiquement

lundi 18 juin 2018

love Haïku


je t'allume
tu m'étreins
nous fûmes

vendredi 15 juin 2018

buzz


à mes amis zégo
aux langues bien pendues
cette volée de mots
du bout des lèvres
lancée à la légère
rien que des noms d'oiseaux

mercredi 13 juin 2018

indigo


quand nous en aurons fini de juin
ne restera au rien du jour
que quelques falaises à aimer

pour devenir la voix de tous
au pied de la lettre
elles auront besoin
d'une sentinelle de mots
celle qui retourne les rêves
du long courrier indigo

mardi 12 juin 2018

Gitane


parmi le peuple des routes
s'exerce une impatience
la roue libre du temps
un luxe comme aucune parole

sous quatre planches
au cercle heureux
des ventres durs
écrire d'une main noire
le feu et l'eau
la chose volée du voyage
tous les mots usés à rempailler le monde

.../


sur place
du bout des yeux
on s'est croisé
on s'est perdu
pendant que ton regard
faisait le tour du monde
j'ai retrouvé mes mots
dans la rue d'à côté
sur place il est interdit
de stationner
les jours de marché

(Saint-Supplice 2018 )

.../


poète prisonnier
camarade fidèle
ta chaise est vide
le marché noir
les mots ont disparu
sur la pointe des pieds
sans crier gare

je les ai tous emporté
en ma zone libre
pour qu'ils respirent un peu
tu vois
ton poème vit ici aujourd'hui

peut-être ailleurs aussi

.../


sous les jupes des filles y a de la poudre aux yeux qui traine...

.../


et je ne sais
toujours rien
de ce que sème la main
géant au ventre blanc
qui éborgne l'été

l'oiseau venu du froid
l'écriveur de marées
qui lèche les blessures
la voix chargée de vent

le travail du soir
est son métier de roi

mercredi 6 juin 2018

juin


juin s'est mis à pleuvoir
pour les protéger
j'ai caché tous mes vieux mots
dans ton oreille encore chaude

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