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lundi 11 mai 2020

garde barrière


j'ai mangé ton chagrin
jusqu'à plus soif
jusqu'à la corde
rongé mon frein
rien à espérer d'autre
que cette eau qui monte
et mon pain sur la planche
nul chien hurlant
juste les mille bouches du vent
la rampe nue aux mots de l'évidence
l'œil est utile
qui tient la porte ouverte
et la roue libre
à la fois le sang, la chaîne et le couteau

vendredi 8 mai 2020

Hollywood


quand tu fais ton cinéma
il est en moi
comme un soupir novice
une petite rengaine ordinaire
qui roule au super 8
après ce trop longtemps d'amour
museau contre museau
à force de te trouver belle
il glisse en moi sa frénésie
resterai-je l'idiot du monde
quand vous serez déjà loin
cette bobine
petite rumeur à la course du temps
et toi de mon cœur

mercredi 29 avril 2020

petite confinerie


ma belle lurette
mon échappée
à la mèche du vent
qui met le ciel
dans de beaux draps
sa peau va te plaire
elle est noire
comme l'idée du dedans
à parler d'un amour si lointain
j'y reviendrai tremper
ma petite laine
à la mèche du vent

mais à hauteur d'enfant

dimanche 19 avril 2020

virulence


et sinon moi
ému
dans de lointaines chambres

en cet arrière pays
plus ou moins bas
qui boîte

quel autre inespéré
aux éveillés dans l'ombre
qui prie entre les lignes
et voit passer en nombre
les errants droits flottants

et pour seule réponse
une bouchée de temps
un souffle du silence
accroché
ballotant
cette absence de signe
un air faux qu'on expire
comme seule ordonnance
du monde qui renonce

finir ici
meilleur
et n'y plus revenir
de ce passage autant
recommencer à vivre
à ce pluriel ailleurs

et se sentir vivant

lundi 3 février 2020

enfant de la balle


on était un
tout au plus
une paire d'eux
dans ce monde à l'envers
autant dire trois fois rien
comme si chacun des mots
avait le même droit
tourner et pour se taire
un petit rond de lumière
on était un
tout au plus une paire d'eux
entre quatre yeux

lundi 27 janvier 2020

selfie


à vivre la poésie serrée
comme une fête immobile
leurs rêves ont pris quelques roues d'avance

comme une grâce en devenir
tout un fourbi de vie
qui dort à même leurs pans de nuit

j'aime cette poésie à mémoire de forme
où chaque mot ramène à la maison
toi qui range les souvenirs aux volets bleus
comme on range la chambre

j'aime aussi ces lignes
aux bagages humides
qui tiennent toute la rue
de trop de saisons mortes

celle des soirs pendus

lundi 11 novembre 2019

saison froide


c'est un lundi tout droit
comme un ciel debout
sans dos ni gloire
et d'aussi loin
je chérirai de toi
les mots d'après les mots
comme cette peau
deux fois offerte

d'un millésime vouté
qu'on aligne au plus proche
la saison froide
qui plante son talon en nos poitrines
mais échoue à nous dire

le sang versé de dix-sept
et les regrets d'hier

saison froide

vendredi 11 octobre 2019

transat


la parole traversière pousse à la roue
à son revers
quelques mots de deuxième classe
un jeu d'enfant
un bagage d'acier
défaisant l'orient

ça s'est trouvé comme ça
accroché
ballotant
une ultime manœuvre
à la bouée du temps

avant l'oubli
tout le tremblé
du monde aux quatre horizons
l'absence est un lieu qui apprend à se taire

"son bateau s'est perdu, il transportait un poète"


transat

mercredi 2 octobre 2019

ad vitam


sans le chien qui gratte à ma porte
que suis-je encore ?
et pour quelle compagnie ?
ce temps serré
qui traverse ma pensée
n'est-il pas fait pour l'oubli
et pour le souvenir
seul restera le silence de la patte ?

lundi 1 juillet 2019

.../


j'aime cette poésie à mémoire de forme
où chaque mot ramène à la maison
range nos rêves aux volets bleus
comme on range la chambre

mais tel on fait son lit on se couche
j'aime aussi ces lignes qui sortent de nuits en crue
les bagages humides
qui tiennent toute la rue
de trop de saisons mortes
celle des soirs pendus

vendredi 28 juin 2019

doudou


nos heures caniculaires
ne répondent plus de rien
loin s'en faut
et si l'été marche entre nous
embarquons à voix basse
ce petit vent dans la poitrine
doux comme l'enfant
et son village d'oiseaux
nous aurons alors raison de nos paupières

les yeux rivés sur l'horizon


mercredi 24 avril 2019

B


B
comme banlieue
Bourg la reine
ou Bagneux

B
comme barrière
pavillons
de croisière
ou la ville
à refaire

B
comme bannière
Saint-Louis
la rue comme Buisson
aux cités de Verrière
nue d'avril
vers hier

B
comme une bouche
entière
avale
qui me suive
et qui m'aime

B
comme bateau
à mouches
par amont
et par vaux
par amour
où qu'on aille
et qui mène

B
comme mini bohème
ou comme une bataille
une abeille
printanière même
ma jeunesse
sur rails

B
comme RER
prochain arrêt Massy

merci

lundi 25 mars 2019

en cas de saison (1)


qu'importe le flacon
cette saison d'avance
qui nous liquide
entre les deux côtés du jour
l'obscur ne retiendra qu'un peu
d'effervescence et cet écho tout chaud
aux accents de lumière

l'ivresse ?

lundi 28 janvier 2019

prière d'incinérer


petite annonce
apprise par cœur
un écrit vain

sa peau va te plaire
elle est noire
comme une idée

affaire à suivre

mardi 22 janvier 2019

va comme j'te pousse (vendange tardive)

ma belle lurette

je suis celui de peu
non dit de grand chemin
à la fortune des mots
ceux là qui vont par deux
et nos baisers qui poussent

celui qui souffle encore
sur la braise cent fois
qui roule et qui protège
ta pelote du froid
de ce bon bout de temps
et nos baisers qui toussent

je suis du petit prince
toute l'éternité
la gueule du silence
celui qu'on voit debout
d'un rien venue
cette petite laine à la mèche du vent
mais à hauteur d'enfant

mercredi 19 décembre 2018

ramona

l'heure toute neuve d'ici
et son zeste d'hiver
met le ciel dans de beaux draps

la ville qui ne sent plus rien
toujours à se plaindre de tout
lui dispute encore un lendemain
lui chante ramona

au frisson du vénéneux
elle ne tiendra
ni son petit matin
ni même l'odeur de l'air qu'on froisse

lundi 10 décembre 2018

ceux-là


et nous gardions notre guerre secrète
pourtant au bord de toi
dans ce zeste d'ici au gout de ciel gris
la petite main du jour sculptait l'hiver
comme autant de désordre légitime
dans la souveraineté du vide

indolent sur la brèche
ou l'inverse
à mourir dans d'inutiles forets
impasse inhumaine au chiffre père
à regarder la terre et le sang
qu'on y verse

à vrai dire
vous êtes encore plusieurs sur le dedans
à parler d'un amour si lointain
à vrai dire
comme une richesse qui n'aurait plus de mot
et ceux là étaient ceux que l'on aimait

mercredi 21 novembre 2018

côte à côte


quand tu seras la marque de mon jour
que deviendrais-je
amer au grand frais
le danger isolé
ou cette voix d'eau saine

par un chenal étroit
ce privilège traversant
à l'estran de nos nuits
un feu d'astreinte à la poupe vive

quand tu seras la marque pleine
que deviendrais-je alors

mardi 30 octobre 2018

.../


vive l’ampleur
la beauté en talent-aiguilles
le récif et l'écueil
ongles et plomb toute matière
les cris vains sur ta peau lisse

mardi 23 octobre 2018

saison froide


les jours ébréchés de novembre
font un de ces boucan
ni la rue ni la plaine ne sait ce qu'ils emportent
et quel est cet élan qui retient la lumière
et pourquoi ils reviennent

l'heure bleue d'ici
toujours à disputer au ciel
un petit raccourci
taille les fleurs du passé
et d'autres lendemain

dans les placards de pays
on range tout le savoir des rêves
les mots d'après les mots
cette vieille saison à se plaindre de tout

les jours ébréchés de novembre
font un de ces boucan
mais qui sait ce qu'ils trainent

vendredi 14 septembre 2018

grande marée


je te veux à la corde

accomplie

petite idée foraine
en ligne de fuite

ma racontée
comme on revient de l'été
rassasiée de ces jours bleus de Manche

ton accolade somnambule

dicte en nous tout ce qui reste
à perdre

tel un troupeau monstrueux
dans son dévoilement
la course folle de nos pas
aux pieds imparfaits
le long chemin de vérité
que nous prenions à la légère
la pluie à l'opinion confuse
qui ne sait que faire de son fleuve

tu prends l'eau pour un autre demain
mais c'est déjà hier
de l'autre côté
et tous tes mots s'écrivent vers la mer

samedi 8 septembre 2018

walou


la verve éparse
dans l'ombre des portes
inédite aux mots de bois brûlé

ta foule dans la foule
s'offre un désert clé en main
et toute sa chaleur pour rien

pas même une seule chose
mot à mot
le grand walou
d'une terre étrangère
qui se lit sur les lèvres de l'autre

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