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mercredi 1 février 2012

particule



babiole
y a pas de quoi

juste un bidule à presser le bonheur
pas grand chose

petit machin
de trois fois rien
qui n'y va pas par quatre chemins

oubliée la peur
la langue du peu
qui ne sait pas dire son nom

à la bonne heure

dimanche 29 janvier 2012

plus venir



toujours dimanche
comme plus venir

ça tient à rien
cette sorte de jour

pas trop famille
une frottée de mots
qui me le rend bien

sans faire de vague
un souvenir
dans le ballant du temps

toujours dimanche

et moi
qui ne veut pas le savoir

vendredi 27 janvier 2012

29/05/1942



alarmée de l'ennui
une étoile
qui s'en tenait là

poitrine de mai
en un lointain choisi

une étoile
du bout des lèvres
à se débrouiller avec le dehors

trop enfuie
trop en nuit
pour partir en beauté

et tellement à dire qui se sont tus


à Nelly Sachs

mardi 24 janvier 2012

matin-mémoire



au même gris du soir
suppôt de satin
en lèvres capitales

combien j'en pourrais dire

matin-mémoire
il se fait temps
il se fait tard

l'autre
celui qui manque
en ce tellement lundi
et conte misère de nous

celui qui se souvient

infinitive à faire grincer le boulevard
sa parole décantée s'est acquittée du jour

la lecture était au diable et ma langue à la nuit


" l'autre est celui qui se souvient" R.Vailland

vendredi 20 janvier 2012

blues blanche



Saint-Louis de l'espérance
pas du Missouri
ici tout est tellement petit

sur le canal au matin maigre
flotte une fin damnée
et sa bordée d'attentes sales

fibroscan et biopsie
ici tout est tellement petit

aux deux sous de soi
pris en corps sans mot dire
combien de foie sur la mauvaise pente

Saint-Louis de la résistance
pas du Missouri
"Pas revoir"

ça tourne mal
ici tout est tellement petit
et ça m'avance à quoi

repeindre mon cœur en noir
et toi
qui attends pour monter dedans


"le cœur est un et ne fait rien"

mercredi 18 janvier 2012

jour le jour



je dis cela
pour tenir debout
et mon temps est compté

ma langue ne répond plus de rien

ces choses n'ont pas de mot
pour répondre à la peur
et tenir bon dedans

tout autant
ce qui s'enfuit du monde
s'acquitte à sa limite

jour le jour

"cette défaite qu’est toujours
tu sais ..."

je dis cela
et mon temps est compté

mon amour

samedi 14 janvier 2012

toujours nuit



on la sait
dans le grouillement des autres

l'impatience tranquille
en apparence

dans la pente à nous défaire
elle montre toujours le bout de son nez

toujours nuit
dans le reste du temps
au bord

on la sait
dans "l'à-peu près de la vie"

vendredi 13 janvier 2012

le goût des autres



jurant ma haute fidélité
j'ai mis tout mon poids dans les mots des autres

aux bribes sans appel
sur les versants qui portent loin
j'ai posé ma langue dégriffée

art bref qui nous devance
comme un emblème à l'ombre cassée
j'ai mis ton rouge à mes lèvres pour finir d'être un homme

ce presque-rien
n'est vraiment pas grand chose
"une salve de rêves pour ceux qui se taisent"

la parole commune
au sel qui donne et reprend
l'infinité où se récolte la boue de l'espérance


samedi 7 janvier 2012

Bohème normande



à vivre la poésie serrée
comme une fête immobile
leurs rêves ont pris quelques roues d'avance

partout
partout des morceaux de ciel
entre leurs mains d'hiver

posée là
devant la porte
chante la langue du départ

le chien indifférent
qui se veut sage
à la ruse des vents

comme une grâce en devenir
tout un fourbi de vie
qui dort à même leurs pans de nuit

....à Lou et Lydie Romanesco

dimanche 1 janvier 2012

lendemain



aux premiers râles de l'aube
l'obscurité transige

du haut de son ignorance consciencieuse
elle apprend à perdre quelque chose

le rien des mots
la vie plus belle encore


samedi 31 décembre 2011

interlude 2



garde-fous
d'innombrables en marge

les quais s'étourdissent
tout allongés de sentiments

trop foule
en marche
en marée noire

ne retenir de l'immobile

trop folle
et lâche
au marché noir

l'abandon sûrement

vendredi 30 décembre 2011

interlude



ils s'arrêtent
sauf le jour
en inversant les rôles

grande nuit
sans mur des lendemains

lanceur de dés
à la mélancolie d'avant-garde

ici la mort frôle
d'une sympathie interrompue

mardi 27 décembre 2011

les célébrantes



ainsi nues effarées aux affres sans effort
elles vont

tant de vie
nouée d'errances
de rites en demi-deuils

entendre l'inouï
derrière leur langue suspendue
les excès de similitude se taisent

j'étais ailleurs
appuyé sur un ciel vide
obscur à combler les coins

mes rêves enferrés
de risibles amours
ont appris à se perdre

il ne faut plus vieillir
rien ne passe plus et tout manque
les célébrantes ont l'adieu de velours


mercredi 14 décembre 2011

si peu de bruit



comme en passant
frêle à l'aune d'une nécessité soudaine

je suis bien dans ta voix

elle me libère d'un presque rien
une page serrée à qui l'on peut faire confiance

bel aujourd'hui "voleur de feu"
attrape cette main tendue

jette l'orage et frotte la lumière
entre deux portes grandes ouvertes

je suis bien dans ta voix de papier

à l'absolu miracle du quotidien
elle répond avec si peu de bruit


mardi 13 décembre 2011

l'échappée belle



j'ai salué les vents contraires de l'oubli
la saison ignorée des mots

sans trop y penser
à se sentir plusieurs
la vie consiste en ce haut-lieu

pour son échappée belle
j'entretiens l'illusion du luxe et de l'essor

écrire
de palabres en amuse-bouches
plus rien à se faire pardonner

écrire
sous les paillettes de décembre
défaire la poésie alourdie des majuscules

du milieu aux petits marquis de l'outrance
réduire le vernis aux titres à trois mailles

j'ai salué les vents contraires de l'oubli
la saison ignorée des mots


jeudi 8 décembre 2011

Dolce vita



et nous savions le même rêve

l'innocence entrevue
les lendemains qui chantent
la besogne des mots
à la vie triomphante

mais le monde a poussé
il est bien trop nombreux
porte une voix sans issue

il faut l'oreille fine
tant elle parle de nous

ma bouche est de travers
sans autrement
se jette dans la tienne
qui tremble encore de son premier avril

je veux offrir un doux visage à l'avenir


mardi 29 novembre 2011

lecture à vue



"mille planches de salut"
et tout autant de rêve nu

le corps au diapason des solitudes
l'enfant d'acier à sa ruée acide

l'ample murmure du champ des abondances
le goût de nos vingt ans emporté par tes lèvres

l'embrasure pervertie par l'ordonnée des courbes
ce brin d'oisiveté aux bras des souvenances

au verbe absent
une conjugaison des épithètes

"mille planches de salut"
autant d'urgences

et tout autant de verve drue


East side



à l'Est de tout
l'endroit n'entend pas
il est à demain

sous l'écharpe du vif
règne une poésie réconciliée
cette coïncidence aux frontières mal apprises

la bouche est à l'hiver
une monnaie unique au bord de l'autre exclu

passeur de solitude
le monde n'est pas d'hier
il s'est déshabillé ailleurs

les mains turbulentes de l'intime
dévoilent la robe de ruines
qui sera le sursis au nombre des cohues

"et nous épouserons ces murs aux lettres calcinées
la ville à son effondrement"

dans le pas gris du jour
reste le chuchotement irréversible des heures
un luxe d'épaule à l'impatient frisson

Colmar la clandestine
aux accessoires du trouble
ton café de la gare
n'a plus rien d'un départ

samedi 12 novembre 2011

monologue d'un feu follet



adéquate
il y a la nuit impavide

de son large sauvage
le temps d'une encablure
passe un rêve d'errance

à moi
l'accoudoir des solitudes

l'inquiète dormante
traîne dans son fourbi de luxe
le rituel de nos intempérances

je vais tout nu au dernier inédit

« La bête aux douze pieds, qui marche sur la tête… »


lundi 7 novembre 2011

variation sur la nue accablante



marcher sur l’eau derrière l’obstacle
avant l'heure du bruit

rejoindre le pas tendu des nuages

ici tout se rassemble
en prévision d'un horizon debout

se réclamant de l'inouï
le ciel d'audace est à la parade


il a fait haut son domaine
pour mieux se confronter au renoncement

tout se rassemble
à faire déborder l'alentour

au pays où pousse le grand large
le lointain replié pense au retrait prochain

une chose posée entre deux mers

il sait ce que vaut le silence


dimanche 6 novembre 2011

Urban fantasy



cité du grief
les mots de passe
traînent en sous-sol

l'audace est à la plainte

aux épluchures du temps
résonne le florilège à bretelles
d'un poinçonneur de légende

"besame mucho" de couloir
étendard creux d'une saison lucide

la bouche du soir
crache d'un coin de Roumanie
l'homme de main galvaudé

passeur de culture
aujourd'hui c'est moi qui te fais les poches


mercredi 2 novembre 2011

le bref et le vif



viens plus prés
au meilleur de novembre
l'heure s'entête à l'hiver

déjà le long baiser froid empoigne le chat

ses étreintes remontantes
ne transpirent plus d'un même élan

viens plus prés
il faut apprivoiser tout ce jour introuvable


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