POETIC.fr

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 5 avril 2018

.../


quand le rien du jour
et son petit rond de lumière
seront enfin réunis
couchés là sur papier baryté

nous en aurons fini
d'avril
l'image se tiendra d'elle même
au seul mot en devenir
la voix de tous ainsi révélée

le travail du noir
séchera alors au fil de la chambre
cet entre nous acide

nos retouches finiront en poussière
et nos pensées glacées et humides

mardi 27 février 2018

à l'imparfait

barbu
barbant
je fais court
à présent
il y a un temps
pour fumer
un temps pour boire
ou aller quelque part

je vais court à présent
un présent à poil dur
profonde profondeur
de l'âme

vendredi 23 février 2018

aussi


dans l'entrave et l'oubli
on lit des choses simples
qui font feu de tout bois
aussi
dans ma crèche

y a du peu
y a du pain
du matin et du froid
aussi
y a du rien sur la brèche

comme dernière pluie
y a du fil à retordre
et le bleu de tes yeux
aussi
l'or précieux de tes mèches

un lendemain de fête
des hier dans la dèche
des larmes sur tes joues
aussi
que je lèche

mercredi 7 février 2018

y'en a


y'en a
y'en a pas

ça tient
ça tient pas

mais là quand même
salut la compagnie
ça tombe bien
ça bouge

ça compte pas pour des prunes
ça fait boule de neige
les doigts qui piquent
le nez qui coule
et les joues rouges

mardi 23 janvier 2018

solde out


dans un petit pays
à l'âme obscure
un linceul ordinaire
une parole rare
à se plaindre de tout

tant d'eau tant d'air
d'un seul mot d'un seul
où étais-tu
avant d'ici

la mer
au loin vous pousse
une pierre désormais
autour du cou

fantaisie incertaine n'amasse
comme un calme sombre
profond
sereinement qui roule
pas clair pas mousse
et repose à jamais
et peut
vous rendre fou
ou vous foutre la frousse


vendredi 19 janvier 2018

mal monde (en cours)

encore le monde
rêve

il rêve de moi qui rêve de lui
d'un nouveau jour
de le prendre par le menton
au premier de nous deux
de le jouer à qui perd gagne
moi perché et lui qui penche
moi qui en fait une montagne

jeudi 4 janvier 2018

speak easy


à l'envie
à l'instinct
à la courbure du temps
des horizons lointains
je reste par de vers vous
à en perdre la tête
ce bénévole indu au chapitre des mots
et ceux du monde aussi

un lendemain de fêtes
aux coups droits
et d'ailleurs
qui milite à demi pour ceux
au quart de tour
en plein ou bien même
ceux-là qui vont par tiers
ou par deux le teint blême

et ceux du monde aussi
carrefour émérite
humani-terre

dimanche 24 décembre 2017

ce qu'il en reste


on est un
au plus une paire d'eux
autant dire quatre fois rien

tout un monde pour se taire
et tant de bruit contre
à se tenir là
se prendre par le bras
dans le besoin ou l'effort
une enchantée du matin
forte d'un amour qui serre

comme si chacun de nos mots autour
avait droit à son petit rond de lumière
la verve éparse au rien du jour

"j'écris pas, j'ai nuit, j'ai froid'

samedi 16 décembre 2017

open field


je laisse une chance à chacun
ceux-là qui marchent
avec leurs mots
qui remontent au jour
et me tiendront debout

portée par l'élégance de l'ombre
une retrouvée qui de partout
guette les bruits du monde
mène son eau neuve
à la proue de mes nuits

jeudi 7 décembre 2017

transfert


imprévisible désert
mais quel esclave es-tu
qui libère en nous
cette part d'infini

ciel contre ciel
je connais une pierre
de patience au sable nu
sans appel qui tranche
nos âmes contenues
en rondelles et telle
une arme blanche
perce cent puits de larmes
pour une absente aigüe

à Sarah A

transfert

lundi 27 novembre 2017

équinoxe


à ce pari tendu
tout est présent
sur le qui vive

où possibles sont
grises crevettes
étrilles moirées
et autres coques fines

au sel de fruit
comme on se défait de soi
d'une mer dépassée
chacun y va de sa petite pêche
de sa petite bêche
où l'écume se retient

quel miroir s'inventer
légende de belles vagues vertes
à l'implacable clarté

toi qui ne sais qu'essuyer
de mes pieds froids
le sable vif incrusté

jeudi 23 novembre 2017

hydrofuge


tireur d'élite
encore tout un matin à défaire

l'échappée ou l'esquive
une infortune de falaise
au romantisme inversé

enclin à l'intact
le temps ici se dresse
face au récif

pierre après pierre
comprendre enfin le sol natal
cette géographie secrète
condamnée aux minutes du vent

lui faire dire ce qu'elle entend
l'eau droite de l'ému
le frêle et l'esquif
car en se taisant il me parle

un mot à mot d'urgence qui scelle
une parole à prise rapide


samedi 4 novembre 2017

réflexion (2)


falaise
toute une année d'errance
se retient à l'azur

comme le vent tourne dans son désir
l'eau forte est sur la brèche
ronge les mots du temps

l'usure est sans retour
invoque l'imminence
au précipice
ne laissant à la pierre
le temps de réfléchir

mercredi 1 novembre 2017

vivement


en ce matin entier
le vent en a fini de son usure
le point du jour s'échine aux lèvres du passé

vivement nous
l'abord et le rebond
toute une éternité de hasard

de cette échappée belle
j'envoie avec les yeux
un vivement doux à nos autres prochains

vendredi 27 octobre 2017

fausse commune (je ne sais)


je ne sais de misère
que cette bête en moi
moribonde acharnée
errant au plus profond
mais qui recherche au bord
tapis là aux abois
une chaleur docile
la douceur de ce bras
d'autres ailleurs
peut-être

et tout est caché là
qui tourne tourne en rond
dans les formes fragiles
aux épluchures du temps
et les accents du corps

je ne sais de misère
que cette bête en moi
moribonde acharnée

et ne sais
de nous deux
ni par quatre chemins
ce qui va
fort ou pas
et la retient encore


lundi 23 octobre 2017

a fresca


j'ai d'autres rêves
que ces pas dans la neige

la lumière de ceux qui ouvrent en secret
le murmure d'un geste soudain

ta bouche sous les arbres
son ruissellement
ce nom propre comme tes cheveux défait
comme si tout devait recommencer toujours

moi qui souris au sens caché du temps
un rien commun tout à côté du tien

toi qui divises cette parole tombée du ciel
comme autant d'armes à la nuit claire

vendredi 20 octobre 2017

têtu


basse mer
sur le qui vive
mes yeux commencent avec toi

au jour point
ce coup d'esquive
à ton rudiment de calcaire
tout retourné d'oiseaux et de vent

courte terre
avec si peu de feu au bord
les bras têtus à ton limon serein

dire qu'il faudra se taire
et faire avec
encore

vendredi 29 septembre 2017

pause


j'ai bu la coupe d'un ciel d'esbroufe
rêvé d'un corps incandescent
tout agité encore du drap de nos félicités anciennes

j'ai comme un demi-mal qui vient de bien plus loin
regardé en toi la chambre devenue
cet épais vacillant portant le souvenir
chargé de soirs et de matins fidèles

sous le tirant fleuri de l'instant
pauvre vieillard saturé
une partie d'homme à la porte des apparences
renonce au feu meurtri du voyage

cent mots sans bouche
tel un reflet tendre de la moindre des choses
nos cœurs à se confondre ont arrangé le reste
comme un geste soudain mais qui ne s'entend pas

lundi 25 septembre 2017

.../


à l'alphabet
de ceux qui osent
impose le teint blême

quarante jours
sans pain ni prose
et ce carême

ne m'oblige pas à prendre
dans l'ombre des portes
une autre pose
un de ces trains qui partent à l'Est

le moindre mot est un blasphème
en ce poème à toi qui même
de ce carré de mémoire
m'aime

vendredi 22 septembre 2017

verticale limite


tel un corps étranger
ramassée et brutale
voici l'étreinte sans partage
marquant la chair

dans sa fuite d'ombre parfaite
l'accolade somnambule
dicte tout ce qui reste à perdre

un désastre incliné
à la parole oblique
qui célèbre l'union sauvage de l'extrême et de l'intime

tout ce qui va partir se rejoint
recherchant dans l'autre précieux
non pas le feu incomplet
mais les paupières ultimes de la nuit

mercredi 20 septembre 2017

villégiature (alternate take 2017)


je te veux à la corde
accomplie
rassasiée de ces jours bleus de Manche

petite idée foraine en ligne de fuite
la pluie a mis des gants de puisage
pour épouser nos fondations

mais qu'allons-nous faire de son fleuve

samedi 16 septembre 2017

copyright


copyleft moi

donne moi azur et tout
sous les nuages
et lèvres douces autant
sur le visage
laisse moi faire mise au point
focus ou arrêt sur image

ta prose de vie
sans droit d'auteur
cent fois
ni loi
m'a prise de vue

copyleft moi

- page 1 de 24