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vendredi 8 décembre 2017

petite débâcle

noué à la nuit
l'hiver est sur la table
la terre de débâcle
fait son métier en prévision du nouveau
elle sait bien ce que perdre veut dire

"son train s'est perdu, il transportait un poète" débâcle

samedi 4 novembre 2017

j'irai là-bas


pleine terre
tout est en route

affranchi du réel
le jour s'échine à ton entière défaillance

demain j'irai là-bas
dans le secret des formes
je sèmerai un dernier grain sans nom

cette virgule propre
comme lumière promise au feu de peu
sera pierre de patience
dans ton jardin à l'article de la mort

glyphosate

réflexion


éparpillée
d'un sommet l'autre
dans l’embellie même
d'un reste de tempête
la lumière penche

la terre battue a retroussé ses manches
elle renvoie au ciel un désordre d'altitude
pour ne pas laisser au vent
le temps de réfléchir

éole1

samedi 28 octobre 2017

.../


au bois de coupe
cette échappée de peu
toute une vie dite sans accent
l'hiver est sur la table
il ne faut pas laisser aux mots le temps de réfléchir

coupe

toi de novembre


toi des autres
attendant l'hiver
qui ne sait d'ombre
que ce novembre dernier
à ton doux visage

toi

mercredi 11 octobre 2017

chemins


haut lieu d'art appliqué
sur un ciel de vidange
petit immeuble en brique
aux mots non posés

quelques chiens de ma chienne
gardent ce lit de pierres
et ce plus loin là-bas
comme langue étrangère

à tout autre pareil
une cité perdue qui ne va pas
par quatre chemins
ni de main morte

le ballast à tout crin
qui dépose sa voix
à tout autre lointain
fait sa besogne enfin
à son chemin de fer
à ton chemin de croix



92

mercredi 4 octobre 2017

caché derrière (alternate take)


octobre fervent
ton vent bavard est vain
qui suspend l'élan du monde
au clou de nos poitrines
à l'incertain

entends ce train qui passe
les loups hurlants sous les sapins d'argile
nous qui n'avions pour avancer
que nos pieds et nos rêves
l'avons nous seulement entendu s'en aller

tous les chagrins de gare
ont le même refrain
l'automne est sur nos lèvres
mon époque c'est toi

octobre

mardi 3 octobre 2017

pas vu pas pris


de l'autre côté de l'eau
quelle vague te roule mieux qu'une autre ?

souviens-toi
l'horizon laissait tomber l'émail du jour
ton visage le toucha qui s'émut

matelot qui ne sait plus de route
aux caisses de la mer
les paquets de solitude
se payent en sanglots

matelot

dimanche 13 août 2017

SDF


bonhomme de chemin
ou pénétrante révérée

fin mot
à la ville couchée
qu'une mèche lente
met en demeure

petite tristesse
avec comme seule ambition
ce rêve de voyage
pour savoir qui tu es
toi qui nous sommes

FB

mardi 1 août 2017

Key largo


la grande évasion
ondule sous la tôle
l'horizon y invite
toute une industrie de lumière
qui rouille des mécaniques
à en perdre le devant

largo

High-Key


nous dans nous
un jour perpendiculaire
à méditer le profond
de quel abîme encore
se joue le bleu du ciel

de key en quai
la charpente d'acier
arrange son bordage
comme une signature

tout en moi s'agitent
nos petites victoires
l'appel du voyage
et ma cale sèche

high key 1

lundi 17 juillet 2017

nuit câline


venue d'orient
d'une mer de Chine peut-être
l'ombre impatiente appelle
au vent des auréoles
le clos masure
s'en va faire sa nuit

auréole

lundi 10 juillet 2017

hydrocarbure


petite grâce estivale
qui canicule dans la jointure
me lance une étreinte carbone
et son bassin d'infirmité

devant moi
ce chahut du regard
comme un errant droit
à l'énergie faux cils

fossile

mercredi 21 juin 2017

Babelville

au grand oualou des inédits
la couche est moite
la verve éparse

d'une autre Babel
ardente à la nuit sourde
ces mots du milieu
et autant de chaleur pour rien

nos langues de bois brûlé
confinent à un désert
clé en main

Babel

lundi 19 juin 2017

on the road


again

comme l'alerte de rien
à la couture urbaine
débusquer la lumière
le fief où elle sévit

contre sa joue d'origine
le parti pris du jour
que laisser d'autre de nous
qu'un long compromis d'épaules

la route est ailleurs
qui sait d'où je viens
et son rêve est partout

"nous étions jeunes et larges ..."

pn the road

mardi 9 mai 2017

petit


assis un petit banc de bois
de bois debout
et moi
aussi
tout petit bout de bois
un petit pan d'émoi
ici et là
petit

mardi 2 mai 2017

le mai


route de peu
et son chant de mai
une faveur de précision
aux jupes du printemps
l'alerte de rien

peu

jeudi 16 février 2017

en ligne


sous d'autres latitudes
couler les mots nouveaux
ligne de flottaison

larmes au pied
à combler les voix d'eau

de là
jeter au loin le drame
le passé par les armes
en ligne d'horizon

horizon76

mercredi 1 février 2017

sur la planche


la gare de l'Est
est à son devoir de grisaille
sur la planche
de charbon en chagrin
son cœur pointu
coupe le pain de dèche
d'un front de taille
grouillante et meurtrière
la grande roue complice du matin
tranche les veines du temps

gare de l'est

vendredi 13 janvier 2017

transatlantique


aux heures brutes
il y a du midi
dans l'or noir du canal

terminé
le terminal de janvier
et sa voix de barrage
d'où s'écoule déjà
toute parole raffinée

toi qui marches
à l'aisance ordinaire
moi l'effrayé
sur la réserve
le container plombé
qui tend le pouce

l'océan qui me trans
l'eau douce
qui me porte
dans l'autre sens

trans

sans plomb

mardi 10 janvier 2017

toi de


au comptoir des mots
un ami que j'ai su
m'a dit d'autres nuits

je t'ai connue de ce temps recouché
les bords doux à déboire
l'embouchure périlleuse aux mains de la nécessité
ce premier cru qui pousse la lumière

à la même enseigne
loger ce besoin de tout
de toi
les lents instants d'eux-mêmes
aux confins non avenus

la chute d'un ciel à oublier
toi de mon cœur
retournant au silence

toi

vendredi 30 décembre 2016

31


déjà
en rang serré
tout le pays se tient
comme l'hiver
à son froid

déjà
tout le pays se tient
et tend son trente et un

il est déjà demain

hiver16

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