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vendredi 23 juin 2017

Guitar hero


j'ai la mémoire dans les doigts
moi l'infidèle qui fait souvent
la sourde oreille

mais tout autant
quand se glisse
sur un genoux
ton bois précieux
et doux
là sur ma cuisse

j'aime la rondeur
de tes éclisses
et le tempo
et les coulisses
un corps accord
sur ma peau lisse

mercredi 21 juin 2017

...


d'une autre Babel
ardente à la nuit sourde
à ces mots du milieu
autant de chaleur pour rien

au grand oualou des inédits
la couche est moite
la verve éparse

nos langues de bois brûlé
confinent à un désert
clé en main

mardi 20 juin 2017

...


j'emporterai
ces images aux aguets
à ce bois de lisière
qui roule sur les mots
ceux des dernières fois

chevreuil d'acier
autant d’ardeur
le trépas sous nos yeux
comme un lieu d'évidence

palissade funeste
un râle monte en toi
et d'un ultime souffle
bondissant sur tes planches
un lourd silence de juin
et des cloches muettes

le pain avait la bouche pleine
condamnée à l'étreinte
dans le sang et la chair
sur nos lèvres soumises
bien trop de peine
pour pouvoir y goûter

lundi 19 juin 2017

on the road


again

comme l'alerte de rien
à la couture urbaine
débusquer la lumière
le fief où elle sévit

contre sa joue d'origine
le parti pris du jour
que laisser d'autre de nous
qu'un long compromis d'épaules

la route est ailleurs
qui sait d'où je viens
et son rêve est partout

"nous étions jeunes et larges ..."

pn the road

lundi 12 juin 2017

chouïa


en voilà bien
des milles et des cents
en voilà bien de la poésie

affranchi du réel
le petit monsieur du marché
ne t'a pas reconnu
a craché sur ton soir

pourtant
je lui avais parlé de toi toute la nuit

c'est dans l'ordre des choses
peut-être avait-il déjà franchi la ligne
et plus rien à te dire ?

en voilà bien de la poésie
des milles et des cents
toi de retour à tes pénates

à leur trottoir à leur talent
les chinoises du faubourg
accueillent aussi le dernier client
d'un crachat sur un bout de trottoir

d'une fraternité augmentée
manière de signature
qui en vaut bien une autre
elles s'en donnent à cœur joie

samedi 3 juin 2017

le pas


après longtemps d'amour
ce souvenir invétéré
d'émeutes et de chair
nul grief au cœur
prendre le pas du vent
sa moitié de chemin

vendredi 2 juin 2017

Tribute to


à vos rafles de mots
cette parole déportée
qui nous rassemble

pour partir nul besoin de s'évader

(Tribute to Robert Desnos, Paul Ceilan, Benjamin Fondane, Uri Orlev, André Verdet, Serge Smulevic, Jean-Pierre Renouard ....)

lundi 29 mai 2017

clair-obscur


comme une présence

dans le plus simple appareil
la parole renonce à son hasard
que le temps clandestine et conjugue

l'artiste dénué dit la beauté éparse
enfouie dans la langue de l'autre
il la couche dans un lieu d'évidence

car il croit que le verbe soigne le monde

CO

samedi 27 mai 2017

...


ça s'est trouvé comme ça
le vent accompagné
a choisi ta chemise

il est couleur d'absence
avec du dedans
son seul endroit c'est contre toi

jeudi 18 mai 2017

grands bancs


nord sud
d'eux continuait la route
l'ardent pays
cette trainée de rage
du haut de toutes leurs nuits
à partager la joue du vent
une langue commune
au sel de la terre neuve

instant présent


l'un dans l'autre
à ce champ de pagaille
l'inachevé toujours
et la plume des vents
couvent le feu sacré
d'un ciel bleu pour rien
qui nous met au présent

mardi 9 mai 2017

petit


assis un petit banc de bois
de bois debout
et moi
aussi
tout petit bout de bois
un petit pan d'émoi
ici et là
petit

samedi 6 mai 2017

particule (2)


poète à mes heures
comme tout un chacun
de bouche à oreille

partageant ce qu'on garde
au creux de nos bottes
je ne fais que la moitié du chemin
et eux l'autre

à apprendre ce qui nous échappe
du bout des lèvres
ma rafle de mots
aux paroles déportées
qui nous rassemblent

ce petit carnet
écrit contre le temps
et la nuit rayée qui consent

comme tout un chacun
après longtemps d'amour
de bouche à oreille


mardi 2 mai 2017

le mai


route de peu
et son chant de mai
une faveur de précision
aux jupes du printemps
l'alerte de rien

peu

vendredi 28 avril 2017

particule


basse langue belliqueuse
qui connait la musique

l'anse et l'avant
la marée de trop
et sa ration d'imprévu

écrire comme il me chante
une proposition de lumière
et son chahut de mots
pas un plus haut que l'autre

le vent d'évasion qui roule sa chance
toutes voiles dehors

je ne sais pas vous dire
de quel printemps
piquant l’épaule du froid
je tiens cette parole

jeudi 13 avril 2017

...


on parlera de tout ce que tu veux
et même du reste

de quel avril
l'enfant s'est échappé

de nos corps épousés
qui n'en sont revenus

pour toucher la vie
intermédiaire
on a fait notre temps
au sang maître

tranquillement assis
dans un coin de mon cœur
jusque au bord de tes larmes

on parlera de tout ce que tu veux
et même du reste

mardi 28 mars 2017

bleu de bleu


à l'ombre de tes yeux
au chahut de la vie
la nature appelle
au bleu

défaite
au ciel de mars
elle s'en vient boire
de franc matin
celui de ton regard

lundi 20 mars 2017

française


elle m'a appris à écrire
sa méditerranée
qui nous mène en bateau
comme on vient du silence

l'une devant
l'autre derrière
cette proposition impudique
qui parle l'indépendance
le désert clé en main

d'une toilette de mots
aux quatre morceaux tièdes
je retiens l'étrangère
à son dernier endroit
tout contre toi

dimanche 12 mars 2017

première main


c'est un matin ivre de côte
le devoir vif de grisaille
plus vaste que l'oubli

tout neuf
à pas feutrés
loin des contours d'hier
se prépare le geste d'avril

vague parmi les vagues
un lendemain d'occasion
qui trouvera peut-être son ciel
comme on se jette d'une falaise


samedi 11 mars 2017

je de vélo


au bruit de mon ciel
répond une tempête désirée
après la pluie
la pluie
meilleurs sont les cris
quand l'eau râle

mercredi 8 mars 2017

...(idem)


ne te demande pas le monde
il prend le temps de l'océan
comme une démesure
trois fois ton âge

mardi 7 mars 2017

midi à 14 heures


midi suffit à midi
faut faire avec

la mer n'est pas une route
tout au plus
la bouche saturée
d'un chagrin long comme ça

peine perdue
d'une sueur de mars
à l'inventaire d"écume

son ventre frais
a fait long feu
aux jupes du printemps

de la vague pliée
le vent s'est refait
qui démonte le temps
quand la marée descend

la mer n'est pas une route
faut faire avec

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