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jeudi 13 avril 2017

...


on parlera de tout ce que tu veux
et même du reste

de quel avril
l'enfant s'est échappé

de nos corps épousés
qui n'en sont revenus

pour toucher la vie
intermédiaire
on a fait notre temps
au sang maître

tranquillement assis
dans un coin de mon cœur
jusque au bord de tes larmes

on parlera de tout ce que tu veux
et même du reste

mardi 28 mars 2017

bleu de bleu


à l'ombre de tes yeux
au chahut de la vie
la nature appelle
au bleu

défaite
au ciel de mars
elle s'en vient boire
de franc matin
celui de ton regard

lundi 20 mars 2017

française


elle m'a appris à écrire
sa méditerranée
qui nous mène en bateau
comme on vient du silence

l'une devant
l'autre derrière
cette proposition impudique
qui parle l'indépendance
le désert clé en main

d'une toilette de mots
aux quatre morceaux tièdes
je retiens l'étrangère
à son dernier endroit
tout contre toi

dimanche 12 mars 2017

première main


c'est un matin ivre de côte
le devoir vif de grisaille
plus vaste que l'oubli

tout neuf
à pas feutrés
loin des contours d'hier
se prépare le geste d'avril

vague parmi les vagues
un lendemain d'occasion
qui trouvera peut-être son ciel
comme on se jette d'une falaise


samedi 11 mars 2017

je de vélo


au bruit de mon ciel
répond une tempête désirée
après la pluie
la pluie
meilleurs sont les cris
quand l'eau râle

mercredi 8 mars 2017

...(idem)


ne te demande pas le monde
il prend le temps de l'océan
comme une démesure
trois fois ton âge

mardi 7 mars 2017

midi à 14 heures


midi suffit à midi
faut faire avec

la mer n'est pas une route
tout au plus
la bouche saturée
d'un chagrin long comme ça

peine perdue
d'une sueur de mars
à l'inventaire d"écume

son ventre frais
a fait long feu
aux jupes du printemps

de la vague pliée
le vent s'est refait
qui démonte le temps
quand la marée descend

la mer n'est pas une route
faut faire avec

dimanche 26 février 2017

vrac


l'un dans l'autre
il est arrivé éparpillé
comme une première fois

sa cuisine de mots
et ma douleur foraine
ont fait le reste

en vrac
pour te retenir
il a ce murmure débonnaire

l'un dans l'autre
celui qui parle un peu de nous

mercredi 22 février 2017

vaille


vaille que vaille
j'ai toujours un chat mort
au coin des yeux
j'en perds parfois le nord

sans tomber une maille
dans son entier laborieux
la nuit reste sur moi
massive et froide

je reste
par-devers elle
plus glacé qu'une étoile

lundi 20 février 2017

mort schubert



quand la terre le voudra
seul un printemps à retenir
d'incertains lendemains

tant de si dans les bras
que cet instant ne voit venir
le chat est mort ce matin

en moi


de son invariable retard sur la nuit idéale
la plume appliquée à épouser les nuages
il n'est plus qu'une aile solidaire

qui écorche en silence la joue du ciel

il est en moi
au jardin d'ombre
comme un soupir novice

museau contre museau
après ce trop longtemps d'amour
il glisse en moi sa frénésie

je resterai l'idiot du monde
quand vous serez déjà loin
cette petite rumeur à la course du temps.

et en secret
comme lui ce chant
celui d'un l'enfant qui a mal aux autres

samedi 18 février 2017

si peu

il y a ce livre
que je n'ouvre
pas

si peu
du reste de février

il y a
toi qui baigne
juste là

si peu
de lumière indolente

toi
tout seul peut-être
de l'autre côté de l'eau

je ne trouve pas de mot
et si peu de ce livre là


jeudi 16 février 2017

en ligne


sous d'autres latitudes
couler les mots nouveaux
ligne de flottaison

larmes au pied
à combler les voix d'eau

de là
jeter au loin le drame
le passé par les armes
en ligne d'horizon

horizon76

vendredi 10 février 2017

à 10 minutes de la mer


maudit chasse marée

battre la campagne
à grands coups de vaches maigres

le vieux métier
qui sait tant de si
aux gestes d'écume

comme toi
faire chahut au temps
ce vieux paquet d'eau sale

maudit chasse marée

mercredi 1 février 2017

sur la planche


la gare de l'Est
est à son devoir de grisaille
sur la planche
de charbon en chagrin
son cœur pointu
coupe le pain de dèche
d'un front de taille
grouillante et meurtrière
la grande roue complice du matin
tranche les veines du temps

gare de l'est

mardi 31 janvier 2017

altern ego


toujours à répandre le frais
sans lâcher de printemps

nord vent
une timonerie d'avance
qui pose sa voile sur nos épaules

toujours
l'entre-temps
et sa lanterne de poupe

au fanal têtu
faire de grands adieux
pour aimer de plus loin
ne plus savoir de bleu

d'ici là
garder long cours en route
d'une autre solitude
inconnue écarlate
les gencives du jour

absente debout sur l'eau
prendre l'accent des horizons

toujours

mercredi 25 janvier 2017

vendange tardive


ma belle lurette

je suis celui de peu
non dit de grand chemin
à la fortune des mots
ceux là qui vont par deux
et nos baisers qui poussent

celui qui souffre encore
sur la braise cent fois
et protège pourtant
ta pelote du froid
de ce bon bout de temps
et nos baisers qui toussent

je suis cœur abattu
qui assemble les arbres
une petite laine à la mèche du vent
celui d'un rien venu
mais à hauteur d'enfant
celui qu'on voit debout
comme ce bois d'antan

mardi 24 janvier 2017

encore


je ne sais pas vous dire
la nuit n'a plus qu'un dos
s'en remet au principe

la matière
le vide
le rêve

je ne sais pas vous dire
comme au premier dimanche
museau contre museau

sur le bord une branche
garde ce bleu d'enfance
au lendemain de fête
si peu d'encore

je ne sais pas vous dire
j'avais les yeux ailleurs
toujours le même regret
tourné vers ce désir

un monde meilleur

lundi 16 janvier 2017

medley


vent ne vaut rien
debout sur l'avant

toute langue s'abîme

comment reconnaître 
la main formée du soir
la leçon de promesses
indifférente aux lendemains
cette paisible chambre de l'hiver
et son meilleur janvier

douloureuse étrangeté
où l'absence est un lieu
quelque chose de lancé à la volée

pour soi-même

comme le blé tiède et noir du "dedans"
celui des essoufflés
qui aiment pour ne rien dire

mais que la terre aimerait encore un peu

vent ne vaut rien
parler du ciel est autre chose

vendredi 13 janvier 2017

transatlantique


aux heures brutes
il y a du midi
dans l'or noir du canal

terminé
le terminal de janvier
et sa voix de barrage
d'où s'écoule déjà
toute parole raffinée

toi qui marches
à l'aisance ordinaire
moi l'effrayé
sur la réserve
le container plombé
qui tend le pouce

l'océan qui me trans
l'eau douce
qui me porte
dans l'autre sens

trans

sans plomb

mardi 10 janvier 2017

toi de


au comptoir des mots
un ami que j'ai su
m'a dit d'autres nuits

je t'ai connue de ce temps recouché
les bords doux à déboire
l'embouchure périlleuse aux mains de la nécessité
ce premier cru qui pousse la lumière

à la même enseigne
loger ce besoin de tout
de toi
les lents instants d'eux-mêmes
aux confins non avenus

la chute d'un ciel à oublier
toi de mon cœur
retournant au silence

toi

dimanche 1 janvier 2017


inaperçus
ils n'ont plus froid
ils ont grandi
comme cette épée de blé
éparse
laissant le ciel à ses coutures
à leur carré de solitude

janvier est sur la paille
il a montré l'oubli
a signé
cette marche vers l’effacement

seule planche de salut
quand la mer le voudra
ils ramèneront leur caillou
au dernier trait de côte

posé là sur la cheminée
comme une part du ghetto
qui ne les retient plus dehors

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