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lundi 16 janvier 2017

medley


vent ne vaut rien
debout sur l'avant

toute langue s'abîme

comment reconnaître 
la main formée du soir
la leçon de promesses
indifférente aux lendemains
cette paisible chambre de l'hiver
et son meilleur janvier

douloureuse étrangeté
où l'absence est un lieu
quelque chose de lancé à la volée

pour soi-même

comme le blé tiède et noir du "dedans"
celui des essoufflés
qui aiment pour ne rien dire

mais que la terre aimerait encore un peu

vent ne vaut rien
parler du ciel est autre chose

vendredi 13 janvier 2017

transatlantique


aux heures brutes
il y a du midi
dans l'or noir du canal

terminé
le terminal de janvier
et sa voix de barrage
d'où s'écoule déjà
toute parole raffinée

toi qui marches
à l'aisance ordinaire
moi l'effrayé
sur la réserve
le container plombé
qui tend le pouce

l'océan en trans
et ton eau douce
dans l'autre sens

sans plomb

mardi 10 janvier 2017

toi de


au comptoir des mots
un ami que j'ai su
m'a dit d'autres nuits

je t'ai connue de ce temps recouché
les bords doux à déboire
l'embouchure périlleuse aux mains de la nécessité
ce premier cru qui pousse la lumière

à la même enseigne
loger ce besoin de tout
de toi
les lents instants d'eux-mêmes
aux confins non avenus

la chute d'un ciel à oublier
toi de mon cœur
retournant au silence

toi

dimanche 1 janvier 2017


inaperçus
ils n'ont plus froid
ils ont grandi
comme cette épée de blé
éparse
laissant le ciel à ses coutures
à leur carré de solitude

janvier est sur la paille
il a montré l'oubli
a signé
cette marche vers l’effacement

seule planche de salut
quand la mer le voudra
ils ramèneront leur caillou
au dernier trait de côte

posé là sur la cheminée
comme une part du ghetto
qui ne les retient plus dehors

vendredi 30 décembre 2016

31


déjà
en rang serré
tout le pays se tient
comme l'hiver
à son froid

déjà
tout le pays se tient
et tend son trente et un

il est déjà demain

hiver16

jeudi 15 décembre 2016

tout comme


il me souvient de toi
comme une pose

cette marée jalouse
et le vent fou

ce petit coup de côte
à mon dernier caillou

il me souvient de toi
ce presque rien

comme une prose

toi

allons enfant


à l'imparfait silence
j'ai répondu présent

comme si de rien n'était
reconnu tout autant
la faute partagée
aux quatre vérités

d'un entre-nous
lointain fini ténu
le beau dimanche

reste
le rêve nu
du vif
une impatience

Ô mon enfant d'acier
autant qu'une arme blanche

l'heure est venue
ici de déposer

Ô mon enfant d'acier
Ô mon absent aigu

nos cœurs sous les branches

dimanche 11 décembre 2016

jamais deux


suis-je retard
au chant sot

à ce poudreux ennui
l'absence de l'hiver

ou lézard au sang chaud
qui souffle sur la braise

mais l'endroit n'entend pas
il est à demain

et tellement qui s'en sont allés
jamais deux sans toi

samedi 3 décembre 2016

amer


ici tout penche

clos-masure
sous tes robes bien trop froides
où vont les lignes dans la nuit courte ?

fugitives harmonieuses
celles qui dressent une ordonnance à la haute terre

amer à mes lèvres et ce bateau à l'heure
le vent vous prête un nom d'hiver

ici tout penche
le rien d'un monde à se croire meilleur

amer

vendredi 4 novembre 2016

(sans)


et aussi loin
je chérirais de toi
les mots de soif
sans gloire
le millésime vouté
poésie du milieu
à la robe de garde
de qui l'ont tant aimé
qui traverse le soir

mardi 25 octobre 2016

(sans titre)


résidence diluvienne
la roche d'amont ne sait que l'azur

elle mène sa langue de falaise
par les chemins de rupture
en un endroit qui paraît tout

d'une renouée de voiles et de pliures
la lumière préside

elle porte des souliers d'élégance
et plante son talon en nos poitrines

pelerin

jeudi 20 octobre 2016

(sans titre)


à ce moment qui recèle
nos regrets d'hier
les corps sourds
aux degrés de l'hiver

en résistance
une parole traversière
l'éloge fendu du temps d'encore
du temps d'ensemble

mercredi 12 octobre 2016

octobre


d'aucun ciel
la peau comme nulle part
où se lit seulement
un désordre neuf de broussailles

bleu contre bleu
non dit de grand chemin
un peu de l'autre ainsi s'éveille
au pays de l'arrière

silencieuse dans sa colère
une ancienne saison et son menu fretin
se tient à la porte
l'absolu est sa marque de fabrique

mercredi 5 octobre 2016

la brèche


aux poches de la mer
profonde
plongent les mains du vent

flotte le drapeau vide
de qui assemble
cent lendemains

être cet oiseau mort unique
qu'une marée trop longue
infiniment étreint

aux poches de la mer
profonde
plongent les mains du temps

lundi 3 octobre 2016

la racontée


comme une racontée
qu'on entend pas
une espèce de drôlerie
qui échoue à nous dire

en mots de garde comme des chiens
qui n'y vont pas par quatre chemins

de pas grand-chose en presque rien
en mots nouveaux comme la soif
comme on revient de l'été

prendre l'eau
la poésie du milieu
qui s'écrit vers la mer

vendredi 30 septembre 2016

le vent m'a dit


au jardin traîne un fieffé tourment
désormais plus court que la nuit
le jour est à la fois la serrure et la clé
comme un baiser de loin
le vent m'a dit une raison de trop
octobre est sur nos lèvres

mercredi 28 septembre 2016

comme un fleuve


le monde muet est à son débordement

d'une main heureuse
il règle la bohème
l'embouchure et l'adieu
dans les restes de l'autre

d'une façon d'eau neuve
il charrie sans détour
jusque dans la courbure
le cri des chaque fois

lundi 19 septembre 2016

vertical


c'est un lundi tout droit
et son poids d'heures
comme un ciel debout
une parole haut perchée
qu'on aligne au plus proche

je ne sais pas de silence heureux
aussi chaud qu'une étable
cette même haleine
sur un seul mot

c'est un lundi tout droit
mais qui n'a plus de dos

mardi 13 septembre 2016

partir


je me suis fait des yeux d'enfant
pour ne pas trop vieillir
et j'ai pleuré de temps en temps
ne pas te voir partir

partir

en marche


septembre est en vrac
l'hirondelle à son fourbi
la saison est en marche
au ciel d'à peu près

vrac

on dirait le sud

le sud

samedi 10 septembre 2016

exil


ça s'est trouvé comme ça
au midi foisonnant
embarqués à voix basse le vent dans la poitrine
la brume entre nous et son village d'oiseaux


ça s'est trouvé comme ça
comme une urgence
les yeux rivés sur l'eau qui ne sait revenir
ce quartier à trouver du pays ailleurs
a eu raison de nos paupières

ici la langue s'abîme un peu
tout est dit de ce qui compte
elle parle aussi d'un monde resserré aux quatre horizons
où l'absence est un lieu qui apprend à se taire

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