jeudi 4 février 2010
Comme un prénom
Par eznogood le jeudi 4 février 2010, 19:29 - Vers libre
au coin du peu
je ne sais d'autres échéances
que l'ombre émue des gens d'ici
de sa hauteur inestimable
l'absence se reflète comme un prénom
lune lève toi
la rue n'en finit pas de boire ta nuit
sa bouche d'alliance tient un dernier baiser
au bain froid de la ville
dimanche 24 janvier 2010
tu rêvais d'être libre
Par eznogood le dimanche 24 janvier 2010, 10:59 - Vers libre
paisible chambre de l'hiver
celle des essoufflés
qui aiment pour ne rien dire...
survivre au feu qui parle du dehors
l'orbe trop court de janvier
et la graine gélive
le soleil fou aux mains crues
qui sculpte un songe héroïque
aux corps ébouriffés
une parcelle de caresses
le flou des choses où la sève se hisse
la nuance impatiente et l'exploit
"tu rêvais d'être libre et je te continue"
lundi 18 janvier 2010
Rêve général
Par eznogood le lundi 18 janvier 2010, 19:53 - Vers libre
l'horizon ému découpe le regard
aux tendres allongés
unis dans le saisissement
il verse au jour un demi désir délicat
pleins d'eux même
rendus à la houle
les corps se sont levés où le soleil se couche
de leur superbe
à l'avenir sans avenir
de leur baiser aux lèvres de pauvreté
ils rendent un souvenir tout neuf qui attendrait son heure
un sang précieux pour conjurer la cendre
aux mille de l'inutile
seul un nuage atteint la lumière de croisière
et dépose un préavis de rêve illimité.
vendredi 15 janvier 2010
L'inhumaniterre
Par eznogood le vendredi 15 janvier 2010, 22:49 - Vers libre
au liseré des toits
je hurle de nuit
insulaire
nu de ce rire en morceaux
le gouffre captif a la reconnaissance du doute
l'œuvre est pointue
qui griffe encore les ruines
d'un oeil comme un prétexte à l'archipel
elle repasse les corps tièdes
de chasse et d'insomnie
j'ai goûté tous les alentours
mais la ville ne dort plus avec moi
entre l'insulte et la prière
un ange est aux entrailles
"nous ne sommes pas un siècle à paradis"
mardi 12 janvier 2010
Prosaïque
Par eznogood le mardi 12 janvier 2010, 12:24 - Vers libre
le temps d'écrire
cela devait finir ainsi
pour l'homme prosaïque de janvier
pauvre d'une formule impossible
jeter des mots au centre de l'hiver
pour que la braise se tienne droite
le temps de vivre
dimanche 10 janvier 2010
Tout doit disparaître
Par eznogood le dimanche 10 janvier 2010, 13:04 - Vers libre
En attendant des jours meilleurs
je solde un cri d'amour
au monde désenchanté de la marchandise.
Sous l'étiquette,
la moindre des choses rayonne
en cette grande frénésie de convoitise.
Tout en fracas d'étendards
aux excès de civilisation,
la ville jette sa vie en trop, la belle affaire.
De ces trois fois rien qui m'ont eu
je veux battre le grand marché noir
à telle enseigne, l'inanité de son rire
esclave d'une rumeur aux abats du jour sale.
Je veux pendre aux murs,
ma zone libre qui braconne dans l'hétéroclite,
Tout doit disparaître
samedi 9 janvier 2010
Le crieur
Par eznogood le samedi 9 janvier 2010, 20:03 - Vers libre
je jette un cri
le cri descend le fleuve
le fleuve roule le désir de nuit
la nuit enchante le chemin
le chemin se prend pour la pierre
la pierre heurte le front
je jette un cri
samedi 2 janvier 2010
L'inespéré
Par eznogood le samedi 2 janvier 2010, 19:43 - Vers libre
Au jardin des simples
l’artiste dénué dit la beauté éparse
et croit que le verbe soigne le monde.
Parole,
renonce à ton hasard
l'envers est trop leste
qui parle de l'autre illimité.
jeudi 31 décembre 2009
Garde à vue
Par eznogood le jeudi 31 décembre 2009, 20:10 - Vers
je garde à vie
l'envie de vous
je vole à vue
je vous l'avoue
à vos cheveux
jolis ma joue
magie du jeu
se voue ravie
je joue ma vie
je garde à vous
je loue en voeux
m'en voulez vous
j'avoue le jeu
hors je de vous
jaloux l'enjeu
le rendez-vous
je joue le jeu
m'en voulez vous
je vous enjoue
je vous en veux
je garde à vous
je garde à vue
je garde à vie
l'envie de vous
mercredi 30 décembre 2009
Il attend que je dise
Par eznogood le mercredi 30 décembre 2009, 15:12 - Vers libre
Juif à demi aux cernes prodigues
la mémoire me clandestine aux arènes du temps.
Voici de cet entier demain le rêve épais.
Il attend que je dise,
le marcheur ancestral et puissant
qui laisse un baiser froid sur toute chose.
Il attend que je dise,
l'étoile ivre de suie et de malédiction.
Dans son encre première mon ombre martelée
qui la cherche sans merci.
Il attend que je dise,
la victoire du lien fou sur le germe docile,
ce chemin d'huile et de charbon aux ventres amputés.
Il attend que je dise,
le cuivre cardinal et intime
qui saigne au jour circoncis de l'hiver.
Il attend que je dise,
les taches encore chaudes,
de droite à gauche
cette écriture de retraite
qui répugne au vent de l'évidence.
Il attend que je dise, moi,
ce fils qui brisait le verre par dessus ton épaule.
dimanche 27 décembre 2009
Juvénile
Par eznogood le dimanche 27 décembre 2009, 19:52 - Vers libre
Hâte-toi dans l'improvisation
et l'aisance nocturne.
La nature distraite
ignore les ailes que tu lui tends.
Sa grande toilette reste sourde
à ton ardeur sacrée.
Prête à pousser la révolte
qui se tient dans ce chant nouveau d'éternité
la mue imaginale aura raison de l'écorce imprudente.
samedi 26 décembre 2009
Matin premier
Par eznogood le samedi 26 décembre 2009, 19:40 - Vers libre
Matin premier
tout un jour à chercher à te plaire
je ne sais plus rentrer chez moi
partout ailleurs donne sur la vie
ici aux quatre langues du monde
je me suis dévêtu pour élargir l'horizon
à mots comptés le désespoir radieux
m'a conduit vers ce delta positif
mais personne ne survit au voyage de sel
tout un jour à ranger la nuit et son échéance
mercredi 23 décembre 2009
Organique
Par eznogood le mercredi 23 décembre 2009, 19:36 - Vers libre
De mon erreur natale subsiste l'initiale insouciante.
A l'envers des soupirs du monde
le jour appelle la nuit.
Je t'apprendrai le mythe du séraphin underground
qui affranchit le soleil de bascule
pour coudre à jamais les lèvres du temps.
Je te parlerai de ce singe nu
persécuté par la géométrie opulente de la matière.
Je te dirai aussi le hasard,
l'enfant unique,
l'âcre solitude du migrateur au seuil de l'inconnu.
Aux confins de nos rites,
ardent dans ce glorieux fugace,
je te réciterai mon amour à haute voix.
Précieuses d'un long manteau de verbes
nos intermittences exaltées n'auront plus de limite.
L'indiscrétion de nos infinis sonnera alors
en prélude au grand carnage primitif,
...la prise de nos entrailles.
mardi 15 décembre 2009
Manhattan transfert
Par eznogood le mardi 15 décembre 2009, 19:30 - Vers libre
de son bleu maternel la nuit dit qu'il est l'heure de réunir la sève et le
sang
l'heure de la loi mosaïque qui relie à l’unisson du réel
les trésors du nouveau et de l’ancien
l'heure d'apprendre l'intraduisible langue qui pousse la roue de la
durée
sa flamme d'intérieur nous parle de si loin
je vais la haïr de ses sous entendus
comme un pretexte à réunir les draps
pour que la peau et la lumière se découvrent
la fugitive surgira enfin au milieu de nos extrémités belliqueuses
la rue entière comme un édifice absolu de cette promiscuité
effrénée
résonnera du mythe de l'errance
à pas tenus
toujours trop tôt
demain sera ce livre de faillites aux embouchures amnésiques
ce pèlerin désoeuvré à l'écriture posthume
qui perd une blessure au bout de mes lèvres
elle me dira alors comme tu l'aurais aimé
dimanche 13 décembre 2009
Play mobil
Par eznogood le dimanche 13 décembre 2009, 12:46 - Pantoum
Amélie aime à l'eau
Mélanger l'aube lente
La mélodie des mots
La mélisse et la menthe
Mélanger l'aube lente
Au teint blême et lamé
la mélisse et la menthe
Aux larmes emmêlées
Au teint blême et lamé
Belle Amélie simule
Aux larmes emmêlées
Du rêve la formule
Belle Amélie simule
Mêle au lit le formol
Du rêve la formule
Funambule s'envole
Mêle au lit le formol
Mais l'ange honni hélas
Funambule s'envole
Part sans laisser de trace
Mais l'ange honni hélas
Mélange une idée folle
Part sans laisser de trace
Autre qu'une auréole
Amélie aime à l'eau
Mélanger l'aube lente
La mélodie des mots
La mélisse et la menthe
lundi 30 novembre 2009
Navigo
Par eznogood le lundi 30 novembre 2009, 08:25 - Vers libre
si tu n'es pas la ville sous entendue
le contour ému de nos fatalités au pas
si tu n'es pas la distance échappée
l'octave fanatique de nos rails d'échec
si tu n'es pas la meute nouée
aux cernes souterraines
si tu n'es pas non plus ce décembre attardé
le jour de faïence au bord du clou
je choisirais alors le dérisoire échu
qui croise nos cercles bleu de Gênes
celui qui entre deux sourires
jette ma bouche dans la tienne
vendredi 27 novembre 2009
Porte passagère
Par eznogood le vendredi 27 novembre 2009, 19:13 - Vers libre
le langage du temps
se fige dans la cambrure
au cintre argenté du monde
l'homme ombilical
écrit aux éclats
démons et merveilles
à l'entre-deux originel
dimanche 22 novembre 2009
L'étranger
Par eznogood le dimanche 22 novembre 2009, 19:56 - Vers libre
acquis aux confins de ce ventre à d'autres identique
l'insouciance et le sang sur les cuisses
ne suffisent à mon jour
les soirs de grande frime
la leçon de misère durcit le mot trempé
la rumeur à l'étreinte assidue montre encore le temps
est-ce la peine perdue
le réel et son double se jouent de l'immobile accru
là où tu ne seras que le bruit d'une pierre jetée
une plainte contrite au long loin maternel
là où tu plieras un genou de reproche
sur nos rêves et nos restes indus
je renaîtrai
sur la plage arrière de ton coeur
j'aurais déposé mes origines
tel un objet perdu
une prière d'occasion n'ayant d'égard à rien
jeudi 19 novembre 2009
Ca déchire
Par eznogood le jeudi 19 novembre 2009, 19:47 - Vers libre
au grand cercle des proportions
le marbre haut fait la rime fine
se pose sur l'épaule de gloire
comme un papillon de cire chaude...
ce faux col au cou lisse
est une image innée
il faut des anti-mots,
pour suivre un siècle rare
recoudre les masques étourdis du monde
sur nos anti-têtes
et déchirer l'étendard à l'oeil unique
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