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samedi 3 décembre 2016

amer


ici tout penche

clos-masure
sous tes robes bien trop froides
où vont les lignes dans la nuit courte ?

fugitives harmonieuses
celles qui dressent une ordonnance à la haute terre

amer à mes lèvres et ce bateau à l'heure
le vent vous prête un nom d'hiver

ici tout penche
le rien d'un monde à se croire meilleur

amer

vendredi 4 novembre 2016

(sans)


et aussi loin
je chérirais de toi
les mots de soif
sans gloire
le millésime vouté
poésie du milieu
à la robe de garde
de qui l'ont tant aimé
qui traverse le soir

mardi 25 octobre 2016

(sans titre)


résidence diluvienne
la roche d'amont ne sait que l'azur

elle mène sa langue de falaise
par les chemins de rupture
en un endroit qui paraît tout

d'une renouée de voiles et de pliures
la lumière préside

elle porte des souliers d'élégance
et plante son talon en nos poitrines

pelerin

jeudi 20 octobre 2016

(sans titre)


à ce moment qui recèle
nos regrets d'hier
les corps sourds
aux degrés de l'hiver

en résistance
une parole traversière
l'éloge fendu du temps d'encore
du temps d'ensemble

mercredi 12 octobre 2016

octobre


d'aucun ciel
la peau comme nulle part
où se lit seulement
un désordre neuf de broussailles

bleu contre bleu
non dit de grand chemin
un peu de l'autre ainsi s'éveille
au pays de l'arrière

silencieuse dans sa colère
une ancienne saison et son menu fretin
se tient à la porte
l'absolu est sa marque de fabrique

mercredi 5 octobre 2016

la brèche


aux poches de la mer
profonde
plongent les mains du vent

flotte le drapeau vide
de qui assemble
cent lendemains

être cet oiseau mort unique
qu'une marée trop longue
infiniment étreint

aux poches de la mer
profonde
plongent les mains du temps

lundi 3 octobre 2016

la racontée


comme une racontée
qu'on entend pas
une espèce de drôlerie
qui échoue à nous dire

en mots de garde comme des chiens
qui n'y vont pas par quatre chemins

de pas grand-chose en presque rien
en mots nouveaux comme la soif
comme on revient de l'été

prendre l'eau
la poésie du milieu
qui s'écrit vers la mer

vendredi 30 septembre 2016

le vent m'a dit


au jardin traîne un fieffé tourment
désormais plus court que la nuit
le jour est à la fois la serrure et la clé
comme un baiser de loin
le vent m'a dit une raison de trop
octobre est sur nos lèvres

mercredi 28 septembre 2016

comme un fleuve


le monde muet est à son débordement

d'une main heureuse
il règle la bohème
l'embouchure et l'adieu
dans les restes de l'autre

d'une façon d'eau neuve
il charrie sans détour
jusque dans la courbure
le cri des chaque fois

lundi 19 septembre 2016

vertical


c'est un lundi tout droit
et son poids d'heures
comme un ciel debout
une parole haut perchée
qu'on aligne au plus proche

je ne sais pas de silence heureux
aussi chaud qu'une étable
cette même haleine
sur un seul mot

c'est un lundi tout droit
mais qui n'a plus de dos

mardi 13 septembre 2016

partir


je me suis fait des yeux d'enfant
pour ne pas trop vieillir
et j'ai pleuré de temps en temps
ne pas te voir partir

partir

en marche


septembre est en vrac
l'hirondelle à son fourbi
la saison est en marche
au ciel d'à peu près

vrac

on dirait le sud

le sud

samedi 10 septembre 2016

exil


ça s'est trouvé comme ça
au midi foisonnant
embarqués à voix basse le vent dans la poitrine
la brume entre nous et son village d'oiseaux


ça s'est trouvé comme ça
comme une urgence
les yeux rivés sur l'eau qui ne sait revenir
ce quartier à trouver du pays ailleurs
a eu raison de nos paupières

ici la langue s'abîme un peu
tout est dit de ce qui compte
elle parle aussi d'un monde resserré aux quatre horizons
où l'absence est un lieu qui apprend à se taire

vendredi 9 septembre 2016

Lettre de Caux (1)


toi ma côte retrouvée
qui mènes ton eau neuve
forçant la main du jour

du désordre de tes hauteurs
ton rêve creux et entier
jeté au voyage
chante derrière nos talons
et nous appartient

jeudi 8 septembre 2016

impromptu (10)


la nuit entière
laboure la terre

l'œuvre est belle
pour ne rien dire
aux êtres d'à peu près

en silence
seule dans ton coin
tu risques ta chance jusqu'au vide
où vivent encore
de petites mains sans avenir

lundi 5 septembre 2016

impromptu (9)


j'ai lu tout Fondane d'un seul coup
de loin et sans me retourner

comme on saigne"aux gencives des jours"
derrière Benjamin je crois qu'il y avait la mer
et qu'à la fin "elle avait son mot à dire"

"copains clopants"

d'errances en rêve
de trêve en révérences
nous revenions de loin
fins compagnons éculés
sous le bleu des gitanes
l'idée au pas inné
et la promiscuité d'autres Eldorado

nous étions ce chiendent de l'urgence
une faïence populaire à la ménopause des jours
en ce mai de toujours

lundi 29 août 2016

loin dans l'autre


il fait si loin
mis bout à bout
les jours ne font plus la semaine
et j'ai fini d'attendre

la vie me regarde à l'envers

- "qu'est-ce que tu me donnes si je te dis un grand secret ?"
et que même si c'est pour me la plaindre encore je peux te rembourser de suite

mauvaise langue

- "tu sais où ça mène ?"
je ne me suis jamais demandé ce genre de ça

en lèvres capitales
j'épingle aux guêtres de la nuit
une poésie du milieu
avec si peu de nous sur les épaules

dimanche 28 août 2016

impromptu (8)


tout est en route
à la ruée des jours
une faveur de précision
à la manière du temps
comme l'alerte de rien
une fin de saison en liesse

jeudi 25 août 2016

impromptu (7)


silencieuse comme une entaille
la main droite oubliée de la nuit
porte mon amertume à trois mailles

son dedans est au frais
à l'insu de l'intime
dans le flou d'une saison
ignorée des mots

je l'ai reconnu à mes yeux devenus inutiles

mercredi 24 août 2016

impromptu (6)


entendre l'inouï
surprendre l'invisible
je suis bien dans ta voix de papier
à l'absolu miracle du quotidien
elle répond avec si peu de bruit

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