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jeudi 2 septembre 2010

Tailleur de nuit



flagrante
désenchantée à peine

à la croisée des effusions faciles
la lune porte en filigrane
un regard de cendre
préparé au delà de l'index

elle cache son goût du soir
où s'abîment les gris de la Seine
se défait du jour qui habite ma page

attentive
au méandre de trop
elle taille au frimas famélique
son premier ourlet
à l'envers de l'été


mercredi 1 septembre 2010

Rêve de fleur



reve de fleur



mardi 31 août 2010

Eau de vie



la nue ignore le glacier
le glacier ignore le ruisseau
le ruisseau ignore la plaine
la plaine ignore le delta
le delta ignore le roseau
le roseau ignore le vent
le vent ignore le nuage
le nuage ignore la pluie
la pluie ignore le sel
le sel ignore l'océan
l'océan ignore la lune
la lune ignore la nue


vendredi 27 août 2010

dire peu



n'écrire rien que nécessaire
porter au rang d'œuvre
le texte brisé

dans l'arrondi où rien ne ment
entendre ce qui s'égoutte
la page qui ne peut se lire

altérité
au temps des concordances sournoises
la rumeur où le monde se mire
se paye de mots

le feu lointain
au verbe amuïs
luit d'un éclat en retour
son désir sourd au profond de la nuit

aux mailles du silence
n'écrire rien que nécessaire
et porter au rang d'œuvre
le texte brisé


jeudi 26 août 2010

tu ne crois plus



je m'adonne
à la feuillure

la proximité
du lapsus à mi temps
me déploie dans l'alarme

au pied de la chose silencieuse
j'abandonne ma dépendance
imminente

l'extrême
profère à l'absolu sensible
sa contrepartie de mots

va
peur
lecture au pas risqué

remets ton titre en je


lundi 23 août 2010

Contre partie



hardie
la grande marée
inflige son écart

souveraine
la brique des clochers mûrs
chante sa soif à la retenue de sel vif

dimanche 22 août 2010

Mauvaise graine



zénith
la terre blonde
aux bras d'acier
roule des mécaniques

adolescente
elle découvre son embrasure valeureuse
au seuil d'un feu de paille

au bout de ce long loin nocturne
le ciel a la main lourde

à son extrémité
monte un chant sauvage
qui déchire la plaine
au grand coït laborieux

dans son abondance précaire
le blé est à l'ouvrage


mardi 17 août 2010

Arlésienne



toi
ma fidèle
mon embrasée docile
aux ombres circonflexes

ma belle histoire d'amour
aux hanches contrariées

toi qui me contourne
pour mieux me rattraper
jalouse
comme un petit pardon

la tradition superflu
aux souvenirs d'aubaine
me voue aux gémonies

toi
enfin
qui rend ma nuit bénévole
mille et une fois je t'aurais aimée sans retour


lundi 16 août 2010

Midi liquide



août est dans la courbure

finale et scandaleuse
la pluie bien roulée
confie son imminence incluse

l'eau lourde
comme élégance ultime
offre une planche de salut
au grand gâchis des jours

Naturalité



Naturalité

à René Char

vendredi 13 août 2010

Abondance



dans sa cohue imaginaire de lèvres et de chair
la nuit juste prend ses quartiers d'été

désordonnée comme l'enfant
à l'heure du lit tendre
qui risque son pli
chevillé à une paire de plaisirs

la tâche du réveil
évoque un doux charivari

à dessein
une traversée mystérieuse sous la peau

la vie...
tirée à quatre épingles


lundi 9 août 2010

Regain



il est venu le temps de l'araignée
le temps du seuil et de la toile

sur les hautes falaises
le coquelicot renaît du lin couché

comme un contraire à l'évidence
il réunit la lande hirsute
que l'herbe mange

dans les filets
aussi

la lumière
se ramasse
sur des mots
bleu passé
que les marées entassent

dimanche 8 août 2010

sous les nuages



nuages



jeudi 5 août 2010

en double



au comptoir du désarroi
j'échange une parole traversée
pour voir la vie en double

mais quel est-il
ce dilemme qui affuble
la feuille de route

celui qui
sonne le rire inépuisable

presque trop bleu
au ciel avancé de l'été


qui grimpe jusqu'à ton cou
comme une promesse sans avenir


mercredi 4 août 2010

La remuée



dans l'épaisseur
de nos mains tièdes
à hauteur du dévêtu
s'évapore une part de prochain

miroir d'avenir à la sueur étourdie
brutalité de sel qui borde les aubes fines
épidémie de l'ombre où nous sommes portés

c'est cette déraison qui fait la nuit


mardi 3 août 2010

Oralité



oisif
ivre à nu
de nous séparé
charrier le vent naïf

varier le chant
au discours résiduel

dans la perfection simple de la voix
combattre l'épiphanie légendaire du verbe
la longue causerie souple
à la demi mesure vertueuse

d'une poésie noire
celle de l'évidence
à l'encre renversée
préserver le solstice du sol d'oubli

poésie du souffle
primaire et définitive
navrée de la page cursive

suspendre
la réticence des corps
au charnier du temps

aux méridiennes de pierre
où s'étalent
immuables
le métal en arabesque
l'époque des méandres

dire autrement
le long talent latent

ne plus écrire alors ...


A cet autre moi même

''Quand j'irais nu couchant la terre
La lèvre dure et désuète
Au doute en proie sans peau de bête
Ouvrant la bouche de l'hiver''



dimanche 25 juillet 2010

Cœur de cible



Coeur de cible



dimanche 18 juillet 2010

Blanc d'Espagne



andalou de fortune
j'ai invoqué le vent douteux
sa force nue dans les arènes

au souffle trivial j'ai emprunté l'icône
les cornes de prestige au dos voûté des ombres

j'ai reconnu son cheval d'apparence
à la convalescence du jour
et j'ai boité au bord du même sillon fou

encore penché sur un midi brûlant
j'accorde mes sabots de lumière
à ce tourment de pierre

j'efface
une forme de loi
en sa terminaison

toute une vie dite sans accent

samedi 3 juillet 2010

Filet mignon


callipyge en plage
belle image en pige
la mine océan
fustige
la belle mise en page

époque épique
à l'inconnue
un type opaque
eunuque inique
se pique au cul
de l'ingénue

prose de vie
éprise de vue

callipyge en page
belle image en pige
la mine au séant
corrige
label mis en cage


jeudi 24 juin 2010

Leçon de chose



jusqu'au bout de la nuit approximative
ce prologue nous raconte en substance

à fleur de peau
cet ensemble de ruptures
l'art justement de ne pas y toucher

organe à la bordure
aimer au plus près de la roche encore

ce qui reste d'espace utile
n'a peur de rien et va par deux

définitif présent
dans le plus simple appareil
le temps clandestin nous conjugue

toi pour compagne
moi pour y croire
et cet éloge enfin qui nous récite

un trajet à l'oreille
une leçon de chose
enfoui dans la langue de l'autre


vendredi 18 juin 2010

Mitoyen



prendre de la hauteur
passer le cap inouïe
de la pauvre ligne

l'asile le plus sûr
demeure cette nourrice égarée
qui enfle par effraction et juge les recoins

carcérale

elle garde les séquelles
d'une chute improvisée
dans nos morceaux de mer

enfiévrée

épave à bout de vers
trouble aux côtes cuirassées
sa débacle lisible est mon héberge


mardi 15 juin 2010

Contre sens



dans son fiasco sensible
la nuit scellée retient l'évidence des investigations

silhouette essentielle sur les talons du jour
l'appendice ingénieux conjugue en auxiliaire habile
son passé simple à ces flancs chaloupés

comme une idée du soir sur le reflet des choses
l'ultime saillie à la remuée des ombres
creuse sous tes reins
sa rive gauche

à l'avant garde de l'inachevé
la main droite oubliée écrit en fausse route
contre la peau qui te précède

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