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mercredi 28 septembre 2016

l'inné dit


jusqu'au bout de nos hanches
le monde muet est à son débordement
d'une main heureuse il règle la courbure

l'embouchure et l'adieu dans les restes de l'autre
une belle leçon d'eau neuve
où sonne sans détour le cri des chaque fois
comme un fleuve

lundi 19 septembre 2016

vertical


c'est un lundi tout droit
et son poids d'heures
comme un ciel debout
une parole haut perchée
qu'on aligne au plus proche

je ne sais pas de silence heureux
aussi chaud qu'une étable
cette même haleine
sur un seul mot

c'est un lundi tout droit
mais qui n'a plus de dos

mardi 13 septembre 2016

partir


je me suis fait des yeux d'enfant
pour ne pas trop vieillir
et j'ai pleuré de temps en temps
ne pas te voir partir

partir

en marche


septembre est en vrac
l'hirondelle à son fourbi
la saison est en marche
au ciel d'à peu près

vrac

on dirait le sud

le sud

samedi 10 septembre 2016

exil


ça s'est trouvé comme ça
au midi foisonnant
embarqués à voix basse le vent dans la poitrine
la brume entre nous et son village d'oiseaux


ça s'est trouvé comme ça
comme une urgence
les yeux rivés sur l'eau qui ne sait revenir
ce quartier à trouver du pays ailleurs
a eu raison de nos paupières

ici la langue s'abîme un peu
tout est dit de ce qui compte
elle parle aussi d'un monde resserré aux quatre horizons
où l'absence est un lieu qui apprend à se taire

vendredi 9 septembre 2016

Lettre de Caux (1)


toi ma côte retrouvée
qui mènes ton eau neuve
forçant la main du jour

du désordre de tes hauteurs
ton rêve creux et entier
jeté au voyage
chante derrière nos talons
et nous appartient

jeudi 8 septembre 2016

impromptu (10)


la nuit entière
laboure la terre

l'œuvre est belle
pour ne rien dire
aux êtres d'à peu près

en silence
seule dans ton coin
tu risques ta chance jusqu'au vide
où vivent encore
de petites mains sans avenir

lundi 5 septembre 2016

impromptu (9)


j'ai lu tout Fondane d'un seul coup
de loin et sans me retourner

comme on saigne"aux gencives des jours"
derrière Benjamin je crois qu'il y avait la mer
et qu'à la fin "elle avait son mot à dire"

"copains clopants"

d'errances en rêve
de trêve en révérences
nous revenions de loin
fins compagnons éculés
sous le bleu des gitanes
l'idée au pas inné
et la promiscuité d'autres Eldorado

nous étions ce chiendent de l'urgence
une faïence populaire à la ménopause des jours
en ce mai de toujours

lundi 29 août 2016

loin dans l'autre


il fait si loin
mis bout à bout
les jours ne font plus la semaine
et j'ai fini d'attendre

la vie me regarde à l'envers

- "qu'est-ce que tu me donnes si je te dis un grand secret ?"
et que même si c'est pour me la plaindre encore je peux te rembourser de suite

mauvaise langue

- "tu sais où ça mène ?"
je ne me suis jamais demandé ce genre de ça

en lèvres capitales
j'épingle aux guêtres de la nuit
une poésie du milieu
avec si peu de nous sur les épaules

dimanche 28 août 2016

impromptu (8)


tout est en route
à la ruée des jours
une faveur de précision
à la manière du temps
comme l'alerte de rien
une fin de saison en liesse

jeudi 25 août 2016

impromptu (7)


silencieuse comme une entaille
la main droite oubliée de la nuit
porte mon amertume à trois mailles

son dedans est au frais
à l'insu de l'intime
dans le flou d'une saison
ignorée des mots

je l'ai reconnu à mes yeux devenus inutiles

mercredi 24 août 2016

impromptu (6)


entendre l'inouï
surprendre l'invisible
je suis bien dans ta voix de papier
à l'absolu miracle du quotidien
elle répond avec si peu de bruit

lundi 22 août 2016

impromptu (5)


elle avait du devant
le teint tristement doux
d'un souvenir d'alcool
remise de peine rousse

il ondulait
dans la trouée

qu'importe autant
le vent joyeux et fou
ce coup de langue
comme on racole
à la dernière secousse

vendredi 19 août 2016

impromptu (4)


passe moi le soleil
raconte moi un peu
le feu sacré
à bouche que veux-tu
l'ombre du fleuve
l'inédit propre à rien
parle moi de tout
de la mousson
du sel au bras long
comme un grand cri d'amour

mercredi 27 juillet 2016

impromptu (3)


presque bleu
l'impossible n'est jamais loin du marin
à l'angle du peu le cœur est gros
il change sans cesse de forme comme la mer

lundi 25 juillet 2016

fétiche


car le voici
le vent sans tête
qui monte du lointain rugueux

d'un ciel aux manches retroussées
la langue bien pendue aux caisses de la mer
sa ferveur heureuse s'en revient de l'été

encore un juillet à volonté
qui n'ira jamais plus loin que ma soif

Malo

mercredi 13 juillet 2016

succès damné

juillet
juillet
juillet

le matin a levé
j'ai rencontré ta belle idée
aux mots fériés
la langue bleue d'ailleurs

sans rien en dire
je me coucherai sous l'éclat
la paume buissonnière
et les poches légères

mardi 12 juillet 2016

impromptu (2)


d'usure
presque bleue au bras long
l'habituée d'ici n'a pas son pareil

tout l'enfoui du matin
ne paraît jamais loin

cache misère
d'un prête-mots en palissade
la planche qui t'enclôt décline à bloc

palissade

mardi 5 juillet 2016

traître mot


juillet fou
propre à rien
à faire feu de tout bois
le charbon est humide
ton manque d"étincelle
ne l'y reprendra plus

à la va-comme-je-te-pousse
aux bras courts de

l'été

un dernier mot
qui s'en laisse compter

impromptu (1)


ma bande passante
change de présence
c'est dans l’ordre des choses
ces petits riens disponibles à partager ici ou là

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