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samedi 18 février 2017

si peu

il y a ce livre
que je n'ouvre
pas

si peu de février

il y a
toi qui baigne
juste là
la lumière indolente

toi
tout seul peut-être
de l'autre côté de l'eau

la lumière débordante

jeudi 16 février 2017

en ligne


sous d'autres latitudes
couler les mots nouveaux
ligne de flottaison

larmes au pied
à combler les voix d'eau

de là
jeter au loin le drame
le passé par les armes
en ligne d'horizon

horizon76

vendredi 10 février 2017

à 10 minutes de la mer


battre la campagne
à grands coups de vaches maigres

le vieux métier
qui sait tant de si
qu'un geste d'écume
au vieux paquet d'eau sale

faire son chahut au temps
maudit chasse marée

mercredi 1 février 2017

sur la planche


la gare de l'Est
est à son devoir de grisaille
sur la planche
de charbon en chagrin
son cœur pointu
coupe le pain de dèche
d'un front de taille
grouillante et meurtrière
la grande roue complice du matin
tranche les veines du temps

gare de l'est

mardi 31 janvier 2017

altern ego


toujours à répandre le frais
sans lâcher de printemps

nord vent
une timonerie d'avance
qui pose sa voile sur nos épaules

toujours
l'entre-temps
et sa lanterne de poupe

au fanal têtu
faire de grands adieux
pour aimer de plus loin
ne plus savoir de bleu

d'ici là
garder long cours en route
d'une autre solitude
inconnue écarlate
les gencives du jour

absente debout sur l'eau
prendre l'accent des horizons

toujours

mercredi 25 janvier 2017

vendange tardive


ma belle lurette

je suis celui de peu
non dit de grand chemin
à la fortune des mots
ceux là qui vont par deux
et nos baisers qui poussent

celui qui souffre encore
sur la braise cent fois
et protège pourtant
ta pelote du froid
de ce bon bout de temps
et nos baisers qui toussent

je suis cœur abattu
qui assemble les arbres
une petite laine à la mèche du vent
celui d'un rien venu
mais à hauteur d'enfant
celui qu'on voit debout
comme ce bois d'antan

mardi 24 janvier 2017

encore


je ne sais pas vous dire
la nuit n'a plus qu'un dos
s'en remet au principe

la matière
le vide
le rêve

je ne sais pas vous dire
comme au premier dimanche
museau contre museau

sur le bord une branche
garde ce bleu d'enfance
au lendemain de fête
si peu d'encore

je ne sais pas vous dire
j'avais les yeux ailleurs
toujours le même regret
tourné vers ce désir

un monde meilleur

lundi 16 janvier 2017

medley


vent ne vaut rien
debout sur l'avant

toute langue s'abîme

comment reconnaître 
la main formée du soir
la leçon de promesses
indifférente aux lendemains
cette paisible chambre de l'hiver
et son meilleur janvier

douloureuse étrangeté
où l'absence est un lieu
quelque chose de lancé à la volée

pour soi-même

comme le blé tiède et noir du "dedans"
celui des essoufflés
qui aiment pour ne rien dire

mais que la terre aimerait encore un peu

vent ne vaut rien
parler du ciel est autre chose

vendredi 13 janvier 2017

transatlantique


aux heures brutes
il y a du midi
dans l'or noir du canal

terminé
le terminal de janvier
et sa voix de barrage
d'où s'écoule déjà
toute parole raffinée

toi qui marches
à l'aisance ordinaire
moi l'effrayé
sur la réserve
le container plombé
qui tend le pouce

l'océan qui me trans
l'eau douce
qui me porte
dans l'autre sens

trans

sans plomb

mardi 10 janvier 2017

toi de


au comptoir des mots
un ami que j'ai su
m'a dit d'autres nuits

je t'ai connue de ce temps recouché
les bords doux à déboire
l'embouchure périlleuse aux mains de la nécessité
ce premier cru qui pousse la lumière

à la même enseigne
loger ce besoin de tout
de toi
les lents instants d'eux-mêmes
aux confins non avenus

la chute d'un ciel à oublier
toi de mon cœur
retournant au silence

toi

dimanche 1 janvier 2017


inaperçus
ils n'ont plus froid
ils ont grandi
comme cette épée de blé
éparse
laissant le ciel à ses coutures
à leur carré de solitude

janvier est sur la paille
il a montré l'oubli
a signé
cette marche vers l’effacement

seule planche de salut
quand la mer le voudra
ils ramèneront leur caillou
au dernier trait de côte

posé là sur la cheminée
comme une part du ghetto
qui ne les retient plus dehors

vendredi 30 décembre 2016

31


déjà
en rang serré
tout le pays se tient
comme l'hiver
à son froid

déjà
tout le pays se tient
et tend son trente et un

il est déjà demain

hiver16

jeudi 15 décembre 2016

tout comme


il me souvient de toi
comme une pose

cette marée jalouse
et le vent fou

ce petit coup de côte
à mon dernier caillou

il me souvient de toi
ce presque rien

comme une prose

toi

allons enfant


à l'imparfait silence
j'ai répondu présent

comme si de rien n'était
reconnu tout autant
la faute partagée
aux quatre vérités

d'un entre-nous
lointain fini ténu
le beau dimanche

reste
le rêve nu
du vif
une impatience

Ô mon enfant d'acier
autant qu'une arme blanche

l'heure est venue
ici de déposer

Ô mon enfant d'acier
Ô mon absent aigu

nos cœurs sous les branches

dimanche 11 décembre 2016

jamais deux


suis-je retard
au chant sot

à ce poudreux ennui
l'absence de l'hiver

ou lézard au sang chaud
qui souffle sur la braise

mais l'endroit n'entend pas
il est à demain

et tellement qui s'en sont allés
jamais deux sans toi

samedi 3 décembre 2016

amer


ici tout penche

clos-masure
sous tes robes bien trop froides
où vont les lignes dans la nuit courte ?

fugitives harmonieuses
celles qui dressent une ordonnance à la haute terre

amer à mes lèvres et ce bateau à l'heure
le vent vous prête un nom d'hiver

ici tout penche
le rien d'un monde à se croire meilleur

amer

vendredi 4 novembre 2016

(sans)


et aussi loin
je chérirais de toi
les mots de soif
sans gloire
le millésime vouté
poésie du milieu
à la robe de garde
de qui l'ont tant aimé
qui traverse le soir

mardi 25 octobre 2016

(sans titre)


résidence diluvienne
la roche d'amont ne sait que l'azur

elle mène sa langue de falaise
par les chemins de rupture
en un endroit qui paraît tout

d'une renouée de voiles et de pliures
la lumière préside

elle porte des souliers d'élégance
et plante son talon en nos poitrines

pelerin

jeudi 20 octobre 2016

(sans titre)


à ce moment qui recèle
nos regrets d'hier
les corps sourds
aux degrés de l'hiver

en résistance
une parole traversière
l'éloge fendu du temps d'encore
du temps d'ensemble

mercredi 12 octobre 2016

octobre


d'aucun ciel
la peau comme nulle part
où se lit seulement
un désordre neuf de broussailles

bleu contre bleu
non dit de grand chemin
un peu de l'autre ainsi s'éveille
au pays de l'arrière

silencieuse dans sa colère
une ancienne saison et son menu fretin
se tient à la porte
l'absolu est sa marque de fabrique

mercredi 5 octobre 2016

la brèche


aux poches de la mer
profonde
plongent les mains du vent

flotte le drapeau vide
de qui assemble
cent lendemains

être cet oiseau mort unique
qu'une marée trop longue
infiniment étreint

aux poches de la mer
profonde
plongent les mains du temps

lundi 3 octobre 2016

la racontée


comme une racontée
qu'on entend pas
une espèce de drôlerie
qui échoue à nous dire

en mots de garde comme des chiens
qui n'y vont pas par quatre chemins

de pas grand-chose en presque rien
en mots nouveaux comme la soif
comme on revient de l'été

prendre l'eau
la poésie du milieu
qui s'écrit vers la mer

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